Marxisme

  • « L’écosocialisme implique une rupture avec le modèle de civilisation capitaliste ». Entretien avec Michael Löwy

    Michael Löwy 16 janvier 2013

    Michael Löwy était présent au Brésil à la fin de 2012 pour la promotion de son livre (pour la première fois traduit en Portugais) : « La théorie de la révolution chez le jeune Marx », publié en France en 1970 (aux éditions Maspero). A partir des concepts des classiques (principalement Marx et Walter Benjamin), il aborde dans cette interview les questions soulevées par la crise que traverse le capitalisme et par les mouvements contestataires qui ont surgis dans différentes parties du monde. Il y développe également les principes de l’écosocialisme. Outre son engagement politique et militant (notamment dans le Nouveau Parti Anticapitaliste en France), Michael Löwy est un auteur marxiste prolifique et est (...)

  • La conception du parti chez Marx et Lénine

    Fernando Claudin 10 janvier 2013

    On ne trouve pas chez Marx une théorie systématique du parti prolétarien, mais ses jugements sur ce thème, en connexion avec son activité militante, d’abord à la Ligue des communistes et plus tard à la Ire Internationale ou dans le parti socialiste allemand, forme un ensemble cohérent et significatif. L’idée que Marx se fait du parti politique prolétarien est un corollaire de sa conception de la révolution communiste comme auto-émancipation de la classe ouvrière. Aucune instance extérieure – chef charismatique, groupe de conjurés, parti politique – ne peut, d’après Marx, remplacer la « maturité » révolutionnaire de la classe ouvrière. La révolution communiste sera son œuvre ou ne sera pas. D’après la (...)

  • Anton Pannekoek (1873-1960), théoricien du « communisme des conseils »

    Pepe Gutiérrez-Álvarez 6 janvier 2013

    Anton Pannekoek (2 janvier 1873 - 28 avril 1960) fut, ensemble avec Karl Korsch et Herman Gorter , le principal théoricien du « communisme conseilliste », ou anti-léniniste. Né il y a 140 ans à Vassen, aux Pays-Bas, il se consacra entièrement à l’étude de l’astronomie entre 1891 et 1906, étudiant tout particulièrement les étoiles doubles et défendant sa thèse de doctorat en 1902.
    Astronome de réputation internationale (un institut d’astronomie aux Pays-Bas porte aujourd’hui son nom), Pannekoek fut l’un des plus importants spécialistes de l’atmosphère stellaire et reçut plusieurs distinctions scientifiques en dépit des discriminations dont il souffrit à cause de ses positions politiques radicales.
    Selon son (...)

  • Roland Pfefferkorn, « Genre et rapports sociaux de sexe »

    Viviane Albenga 23 décembre 2012

    L’ouvrage de Roland Pfefferkorn [Genre et rapports sociaux de sexe, Lausanne, Editions Page deux, coll. Empreinte, 2012] apporte un éclairage généalogique et théorique sur deux grands concepts issus de la théorie féministe : le genre et les rapports sociaux de sexe. D’une très grande clarté et d’une grande richesse dans les références mobilisées, l’ouvrage met ces concepts en discussion, l’auteur défendant davantage l’apport heuristique des rapports sociaux de sexe sans pour autant négliger de présenter toutes les nuances présentes dans les différentes théories du genre et dans les usages de ce concept.
    Ce point de vue affirmé avec finesse, argumenté et étayé par des références théoriques et empiriques, (...)

  • David Riazanov (1870-1938), éditeur de Marx et dissident rouge

    Nicolás González Varela 12 décembre 2012

    Dès la fin du 19e siècle, Boris Nikolaïevski et Antonio Labriola (voir les notes biographiques en fin de texte ; NdT) étaient convaincus– et ils n’étaient pas les seuls – que l’œuvre de Marx était destinée à être mal interprétée et à subir une infinité d’erreurs, d’équivoques et de mauvaises lectures. Mais ils croyaient aussi que quelque chose de pire encore attendait l’œuvre marxienne : s’incarner en orthodoxie dogmatique dans des partis ou dans des Etats qui s’en réclameraient.
    Labriola soulignait un autre obstacle, encore plus profond et dangereux : la rareté même des écrits disponibles de Marx et l’impossibilité de compter sur des éditions fiables. Le lecteur intrépide devait passer, selon Labriola, par (...)

  • Du parti, instrument de lutte pour le pouvoir au parti, préfiguration d’une société socialiste

    Victor Fay 9 décembre 2012

    Je voudrais signaler les difficultés de la transition d’un parti ouvrier révolutionnaire, luttant pour la conquête du pouvoir, à un parti exerçant le pouvoir. Je me placerai essentiellement sur le plan politique, en illustrant mon argumentation par certaines données historiques.
    Existe-t-il en général un type universel de parti ouvrier ? Tant dans les milieux marxistes léninistes « orthodoxes » que parmi les « opposants » se perpétue le mythe d’un parti idéal, d’un « parti de type nouveau ». On en a trahi la structure et le caractère, disent ces derniers, mais il suffirait d’amputer certaines excroissances parasitaires pour que le véritable paradis socialiste soit enfin rétabli. Or, il n’existe aucun type (...)

  • (Re)lire le Manifeste

    Nicolas Dessaux 5 décembre 2012

    Le « Manifeste du parti communiste » est sans aucun doute le texte le plus connu, le plus lu et le plus diffusé de Karl Marx. C’est surtout le plus cité dans les mémoires de militants, ce qui donne une idée de son impact sur le mouvement ouvrier. Son succès éditorial ne s’est jamais vraiment démenti, au point qu’on le trouve aujourd’hui en langue française chez plusieurs éditeurs simultanément. Pourtant, son tirage initial n’a pas excédé 500 exemplaires, soit approximativement le nombre d’adhérents de la Ligue des Communistes à l’époque.
    La rédaction du manifeste fut achevée à Londres en février 1848, c’est-à-dire un mois avant l’éclatement de la révolution en Allemagne. Il fait suite à de nombreux débats au (...)

  • « La révolution est un merveilleux monstre à mille têtes ». Entretien avec Michael Löwy

    Michael Löwy 28 novembre 2012

    Michael Löwy est un sociologue et un militant marxiste d’origine brésilienne, auteur de nombreux ouvrages consacrés à Marx, à Che Guevara, au romantisme, à l’écosocialisme, à la question nationale ou encore à la religion (*). Interrogé sur les principales limites de la pensée marxiste et sur le fait que le marxisme soit vu par de nombreux secteurs académiques comme rétrograde, Michael Löwy souligne qu’il est avant tout une pensée en mouvement qui tente de dépasser les limites qui se trouvent présentes dans l’œuvre de Marx et Engels elle-même. Cet entretien a été réalisé par Graziela Wolfart, Márcia Junges et Thamiris Magalhães pour la revue brésilienne « IHU On line » et reproduite dans le journal argentin « (...)

  • Pour un nouvel anticapitalisme : changer la politique

    Jean-Marie Vincent 25 novembre 2012

    Le rejet du capitalisme est aujourd’hui très répandu, mais ce rejet est loin de se couler dans des formes efficaces d’anticapitalisme. La négation du capitalisme reste le plus souvent abstraite, morale, mêlée souvent de rage, d’impuissance.
    Beaucoup aimeraient croire que la barbarie du Capital finira par susciter des réactions de plus en plus fortes, mais ils doivent bien constater que de nombreuses réactions se tournent vers des fondamentalismes ou des intégrismes religieux, voire des communautarismes exacerbés. Les machineries et dispositifs du Capital qui fragmentent, divisent les individus et les groupes sociaux, les empêchent de saisir les enchaînements et les ensembles sociaux. Ils rendent (...)

  • Une figure méconnue du marxisme : Henriette Roland-Holst, poétesse et socialiste révolutionnaire

    Henriette Roland-Holst, Pepe Gutiérrez-Álvarez 15 novembre 2012

    « De tout ce qui existe, c’est le peuple que j’aime le plus », telle fut la devise de Henriette Roland-Holst (1869-1952), décédée il y a tout juste 60 ans. Poétesse renommée dans son pays, elle fut aussi une militante socialiste appartenant à l’aile la plus radicale du parti social-démocrate hollandais du début du XXe siècle, ceux connus sous le nom de « tribunistes », du nom de leur revue « De Tribune ». Internationaliste convaincue, elle soutint pendant la Grande Guerre de 1914-1918 les thèses de Trotsky à la Conférence de Zimmervald (1) et joua un rôle actif dans la fondation du Parti communiste hollandais, où elle fera partie du courant « conseilliste » (2) en étroite collaboration avec Herman Gorter, (...)