Marxisme

  • Inégalité, technologie et soif de plus-value

    Alejandro Nadal 5 juin 2013

    L’un des facteurs déterminants de la crise actuelle est l’inégalité économique qui a augmentée dans le monde au cours des quatre dernières décennies. La stagnation des salaires à conduit à l’endettement insoutenable des foyers pour maintenir le niveau de consommation. C’est cet endettement et les bulles spéculatives qui ont soutenu la demande et le processus d’accumulation du capital. Mais ce modèle de croissance économique s’est accompagné d’une instabilité croissante dans les principales économies capitalistes.
    Au vu de ce qui précède, une question clé concerne les causes de cette augmentation de l’inégalité. Dans les milieux académiques traditionnels, on a voulu trouver dans le changement technologique la (...)

  • « Une révolution écologique est nécessaire ». Entretien avec John Bellamy Foster

    Aleix Bombilà, John Bellamy Foster 2 juin 2013

    John Bellamy Foster, éditeur de la revue socialiste étatsunienne « Monthly Review » est économiste et enseigne la sociologie à l’Université de l’Oregon. Il est l’auteur d’une série d’ouvrages consacrés à l’écologie et au marxisme, dont « Marx écologiste » (éditions Amsterdam, Paris, 2011) (*) et « The Ecological Revolution » (Monthly Review Press, New York, 2009). Cet entretien a été réalisé par Aleix Bombilà en juin 2010 pour le journal anticapitaliste espagnol « En Lucha ». (Avanti4.be)
    Dans ton livre « Marx écologiste », tu affirmes que le marxisme a beaucoup de choses à offrir au mouvement écologiste. Quel type de travail commun doit s’établir entre marxistes et écologistes ?
    Je crois qu’il est important de (...)

  • Marxisme, féminisme et libération des femmes

    Sharon Smith 2 juin 2013

    Inessa Armand, la première dirigeante du Département des Femmes dans la révolution russe de 1917, a fait l’observation suivante : « Si la libération des femmes est impensable sans le communisme, le communisme est également impensable sans la libération des femmes ». Cette affirmation résume parfaitement le rapport entre la lutte pour le socialisme et la lutte pour la libération des femmes : l’une et l’autre sont impossibles séparément.
    La tradition marxiste intègre depuis ses origines, avec les écrits de Karl Marx et Friedrich Engels, la lutte pour la libération des femmes. Dès le « Manifeste Communiste », Marx et Engels ont argumenté sur la manière dont la classe dominante opprime les femmes, en les (...)

  • Écologie et socialisme : Par exemple Cronstadt

    François Iselin 15 mai 2013

    « Tout appel à la productivité est, dans les conditions voulues par le capitalisme et l’économie soviétisée, un appel à l’esclavage » (Raoul Vaneigem .)
    Une à une, les grandes révolutions socialistes se corrompent, s’épuisent et s’effondrent. Les immenses espoirs qu’elles suscitaient jadis se sont évanouis. Sur leurs ruines germent et prospèrent les vices du capitalisme : exploitation, racisme, violence, injustice, destruction. Le projet d’un monde où la dignité des êtres humains et l’intégrité de la nature seraient durablement assurées semble illusoire.
    Ces cruels échecs constituent le fonds de commerce du despotisme capitaliste. Ils lui permettent de légitimer sa domination, de justifier la supériorité de (...)

  • Marx aurait-il été extractiviste au XXIe siècle ?

    Eduardo Gudynas, Joan Martínez Alier 8 mai 2013

    La promotion de la grande industrie minière à ciel ouvert s’est installée ces dernières années parmi les gouvernements progressistes d’Argentine, de Bolivie, du Brésil, d’Equateur, d’Uruguay et de tant d’autres pays. C’est une stratégie qui, à première vue, est bien loin de ce qu’on pourrait attendre d’un gouvernement de gauche. Comment donc des progressistes peuvent-ils défendre ce type d’industrie ? Ces gouvernements invoquent depuis peu les penseurs classiques du socialisme. Selon certains, si Marx vivait à notre époque en Amérique latine, il serait en faveur de l’« extractivisme ». Voyons cela d’un peu plus près…
    La promotion de l’extractivisme s’est généralisée parmi les forces progressistes (...)

  • Combien vaut une vie humaine ?

    Santiago Alba Rico 5 mai 2013

    Combien vaut une vie humaine ? L’une des manières de la calculer est celle utilisée par les avocats de la multinationale Union Carbide afin de fixer le montant des indemnités aux victimes du désastre de Bhopal en 1984. Si le « revenu per capita » de l’Inde est (était à cette époque là) de 250 dollars tandis qu’aux Etats-Unis il est de 15.000 dollars, on peut alors conclure que la valeur moyenne d’une « vie indienne » est de 8.300 dollars tandis que celle d’une « vie étatsunienne » atteint 500.000 dollars. Les compagnies d’assurance utilisent habituellement ce type d’évaluations pour augmenter leurs marges de bénéfices.
    Il existe d’autres possibilités, que l’on juge plus barbares, à savoir celles de ces (...)

  • Amérique latine : Etat, syndicats et bureaucraties syndicales

    Guillermo Almeyra 2 mai 2013

    Tant que le régime du salariat existera, les travailleurs seront exploités par les entreprises capitalistes ou par l’Etat en tant que capitaliste collectif. Ils devront donc se défendre des uns et de l’autre en tentant de vendre leur marchandise particulière, la force de travail, au prix le plus élevé et dans les meilleures conditions possibles. Pour ce faire, ils doivent s’unir en associations de producteurs de cette marchandise, autrement dit en syndicats de branche et d’industrie, pour peser plus sur le marché face à des capitalistes qui n’hésitent pas à former des monopoles.
    Les syndicats sont donc, d’une part, une école élémentaire d’union et de solidarité de classe face aux capitalistes et à (...)

  • Il y a 165 ans : Quand Marx rédigeait le Manifeste Communiste… à Bruxelles

    Jean Stengers 1er mai 2013

    M. Charles Marx, Docteur en Philosophie - c’est ainsi qu’il déclinait son identité - a vécu à Bruxelles de février 1845 au début de mars 1848 . Pendant ces trois années, il a eu plusieurs domiciles successifs, mais parmi les lieux où il a vécu, il en est deux qui se détachent avec éclat, car quelles que soient les opinions politiques ou philosophiques que l’on professe, ils apparaissent comme des hauts lieux de l’esprit. Le premier est la maison de Saint-Josse-ten-Noode que Marx a occupée en 1845-1846 à l’époque où, avec Engels, il élaborait la théorie du matérialisme historique. Le second est la maison d’Ixelles où il a rédigé le Manifeste Communiste.
    Matérialisme historique, Manifeste Communiste : ici à (...)

  • Rosa Luxemburg : Passé et présent de l’articulation entre socialisme et démocratie

    Daniel Campione 28 avril 2013

    Le rapport entre démocratie et socialisme a été l’objet de nombreux débats ces dernières années, mais dans une grande mesure à partir de l’approche selon laquelle l’idée même de révolution sociale et de prise du pouvoir par les travailleurs est perverse et intrinsèquement antidémocratique. Le socialisme serait ainsi inapte à offrir un quelconque progrès de la démocratie. Il conduirait, au contraire, nécessairement à son abolition. Seul le fonctionnement des institutions parlementaires pourrait ainsi constituer la voie pour l’apparition et la consolidation de la vie démocratique, et beaucoup y ajoutent le marché libre en tant que substrat économique et social indispensable. Rosa Luxemburg, de la même manière (...)

  • Construire une organisation révolutionnaire (I) : L’héritage oublié du bolchevisme

    Simon Hardy 24 avril 2013

    Dans le contexte des débats sur la gauche contemporaine, Simon Hardy examine l’héritage oublié du marxisme russe d’avant 1917. Contre la conception traditionnelle d’un parti monolithique et « avant-gardiste », il affirme que les bolcheviques doivent être situés dans une tradition de construction de partis larges qui permettaient une pluralité de tendances en leur sein, et qu’ils se considéraient comme une tendance cherchant à fusionner une politique communiste révolutionnaire et démocratique avec les militants qui dirigeaient les luttes ouvrières. Contrairement à la caricature stalinienne du parti construit et fonctionnant "de haut en bas", cette version réarticulée du « léninisme » est riche (...)