Marxisme

  • Giap : Le stratège de la guerre de libération nationale du Vietnam

    Vo Nguyen Giap, Pierre Rousset, Walter Goobar 21 octobre 2013

    Le général Vo Nguyen Giap est décédé le 4 octobre dernier à l’âge respectable de 102 ans. Dirigeant du Parti communiste vietnamien, chef de guérilla, théoricien de la « guerre du peuple » et héros de la lutte de libération nationale du peuple vietnamien, il a victorieusement participé à trois conflits qui ont successivement chassé les troupes d’occupation japonaises, puis françaises et enfin étatsuniennes. Nous reproduisons ci-dessous des articles de Pierre Rousset et de Walter Goobar qui évoquent quelques aspects de sa biographie, ainsi qu’un large extrait d’un texte inédit en français du général Vo Nguyen Giap (Avanti4.be).
    Vo Nguyen Giap : un combat de libération au Vietnam
    Pierre Rousset
    Le général Vo (...)

  • Arguments contre l’exploitation

    Rolando Astarita 20 octobre 2013

    A une époque où beaucoup de personnes (y compris des intellectuels de gauche et des dirigeants syndicaux) s’abaissent à « remercier » le gouvernement pour telle ou telle concession, et où bon nombre d’autres nous abreuvent de promesses électorales, il convient de souligner que la société capitaliste est une société qui repose sur l’exploitation.
    Cela signifie, entre autres choses, que ce que les travailleurs perçoivent comme salaire n’est rien de plus qu’une partie des richesses qu’ils ont produit. Bien entendu, ceci est une idée inacceptable pour les défenseurs de l’ordre existant. Car si exploitation il y a, les exploités n’ont alors strictement aucune raison de dire merci à qui que ce soit, vu qu’ils ne (...)

  • Le travail précaire d’un point de vue féministe

    Silvia Federici 14 octobre 2013

    L’extension des formes de travail précaire s’est accélérée avec la crise capitaliste. Le travail précaire est un concept central dans les discussions autour de la réorganisation capitaliste du travail et des rapports de classe dans l’économie globale actuelle. La féministe Silvia Federici analyse ici les limites et le potentiel du concept de « précariat » élaboré par des théoriciens marxistes autonomistes tels que Tony Negri et Michael Hardt et qui comprennent ce concept comme un instrument analytique et organisationnel. Elle soutient également que le travail reproductif est un continent oublié du travail et de la lutte que le mouvement anticapitaliste doit reconnaître dans ses tâches politiques. Ce texte (...)

  • Le mythe du centralisme démocratique

    Juan Carlos Venturini 3 octobre 2013

    Ecrit à la fin des années 1990 par une marxiste sud-américain, ce texte n’a rien perdu de son actualité à l’heure où se posent de véritables questions existentielles pour plusieurs organisations révolutionnaires. Ayant largement perpétué un modèle organisationnel qui s’est appuyé sur les moments les moins démocratiques du parti bolchevique de Lénine, certaines de ces organisations traversent aujourd’hui des moments critiques à cause de leur inadéquation avec le monde d’aujourd’hui et les aspirations profondément démocratiques des mouvements de contestation. Une contribution supplémentaire à un débat nécessaire sur l’héritage du parti dit « léniniste » (Avanti4.be)
    « Le souvenir des morts écrase le cerveau des (...)

  • E.P. Thompson, la centralité politique de la classe et la gauche académique

    Ellen Meiksins Wood 25 septembre 2013

    Il existait encore une importante culture anticapitaliste dans la gauche intellectuelle quand, en 1963, E.P. Thompson a publié « La Formation de la classe ouvrière anglaise » (Edition française ; Seuil, 1988, NdT) et cette culture s’était fortement développée parmi le groupe des historiens marxistes britanniques, ce cercle brillant auquel Thompson appartenait. Pourtant, un peu plus de dix ans plus tard, malgré les (ou peut être à cause des) éruptions militantes de 68 et de certaines luttes ouvrières spectaculaires, la vie intellectuelle de la gauche occidentale fut caractérisée par une attitude de capitulation face au capitalisme et par ou un « oubli de la classe ».
    Les courants académiques (...)

  • Capitalisme, chasse aux sorcières et biens communs. Entretien avec Silvia Federici

    Silvia Federici 25 septembre 2013

    Il y a quelques siècles d’ici, elle aurait été envoyée au bûcher. Féministe infatigable, l’historienne et auteure de l’un des livres les plus téléchargés sur Internet, « Caliban and the Witch : Women, the Body and Primitive Accumulation » (Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive. Edition française à paraître aux Editions Senonevero en 2013) nous explique de manière rigoureuse les raisons politiques et économiques qui se cachaient derrière la chasse aux sorcières. Son dernier livre, « Revolution at Point Zero : Housework, Reproduction, and Feminist Struggle » (Common Notions/PM Press, 2012) est un recueil d’articles indispensables pour connaître sa trajectoire intellectuelle. Entretien (...)

  • Sur les méthodes de discussion dans la gauche marxiste

    Rolando Astarita 18 septembre 2013

    L’une des choses qui fait le plus de tort aux mouvements de gauche, et en particulier à ceux qui se réclament du marxisme, sont les formes et les méthodes à travers lesquelles on « tranche » les débats politiques et idéologiques. Il est fréquent dans ces milieux que, face aux divergences, on lance des invectives injurieuses et des calomnies les plus diverses.
    Pour ne pas généraliser de manière abstraite, je présente ici quelques exemples tirés de mon expérience personnelle. (…). Pour avoir exprimé mon opinion que l’URSS avait cessé d’être un Etat ouvrier plusieurs décennies déjà avant sa chute, j’ai été accusé par un écrivain du Parti Ouvrier (organisation trotskyste « orthodoxe » argentine, NdT) d’être un « (...)

  • Edward. P. Thompson (1924-1993) et le courant romantique dans les sciences sociales en Angleterre

    Michael Löwy, Robert Sayre 15 septembre 2013

    Il y a 20 ans, en août 1993, disparaissait l’un des plus grands historiens marxistes du XXe siècle, le britannique Edward. P. Thompson, auteur de « La formation de la classe ouvrière anglaise » et dont la pensée et les réflexions profondément originales sont malheureusement encore trop méconnues dans le monde francophone. Nous reproduisons ci-dessous de larges extraits d’un texte consacré à l’œuvre de cet historien par Michael Löwy et Robert Sayre. (Avanti4.be)
    La vision romantique du monde court comme un fil rouge à travers les écrits politiques, théoriques et historiographiques d’E. P. Thompson. Dans le cadre de cet article nous allons limiter nos commentaires à sa contribution aux sciences sociales. (...)

  • La crise et l’importance de l’imagination post-capitaliste. Entretien avec David Harvey

    Aubrey Robinson, David Harvey, Ronan Burtenshaw 11 septembre 2013

    Il y a cinq ans, l’écroulement de Lehman Brothers a signifié la plus grande faillite dans l’histoire des Etats-Unis. La crise financière qui a suivi a provoqué la Grande Récession – la crise la plus significative dans l’histoire du capitalisme depuis la Seconde guerre mondiale. Comment devrions-nous comprendre les aspects fondamentaux de ce système actuel en crise ? Quel monde alternatif pourrions-nous imaginer ? C’est à ces questions que répond le géographe marxiste David Harvey dans cet entretien réalisé par Ronan Burtenshaw et Aubrey Robinson pour le journal « Red Pepper » (Royaume Uni). David Harvey analyse ici la façon dont les contradictions du capitalisme – dont celles concernant le logement et le (...)

  • Notes sur l’actualité des théories de l’Etat et des crises chez Gramsci

    Carmen Weidenmeyer 9 septembre 2013

    Quand Gramsci parle de l’Etat, il ne se réfère pas à un concept restreint, comme celui de la tradition libérale où il est réduit à trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. Gramsci a développé la conception marxiste de l’Etat en l’élargissant car il y englobe à la fois la structure (les rapports de production) et la superstructure ; autrement dit, sa conception de l’Etat comprend l’économique, le politique et l’idéologique comme étant dialectiquement liés.
    Gramsci considère que l’Etat est formé par le binôme constitué par la société politique (gouvernement, police, armée, administration) et la société civile (Eglise, syndicats, entités privées, entreprises – lieu de l’exploitation –, médias, (...)