Amériques

  • Un nouveau cycle de luttes dans le monde ? (II) — Révoltes émergentes

    Samuel 29 juillet 2013

    Il est difficile de ne pas relier les récentes mobilisations populaires en Turquie et au Brésil avec le long cycle de protestations qui a commencé dans les pays d’Afrique du Nord. Chacune correspond à des contextes politiques et sociaux distincts, à différentes hétérogénéités, à des temporalités diverses. Les évidences sont nombreuses qui indiquent que Sao Paulo n’est pas Istanbul, ou qu’Istanbul n’est pas le Caire ou Madrid. Mais il y a aussi des références communes, des connexions intimes, des va-et-vient réciproques et un même cadre : celui d’un capitalisme global en crise. Et un lieu : la ville, qui est, comme le dit David Harvey, « le lieu de la lutte anticapitaliste. ».
    Le miroir déformant de la (...)

  • Entretien avec Leonardo Padura, auteur de « L’Homme qui aimait les chiens ».

    Antonio Cuesta, Leonardo Padura 21 juillet 2013

    « L’écrivain ne doit pas faire de concessions au lecteur pour pouvoir communiquer avec lui »
    Le Ve Festival de Littérature Ibéro-américaine d’Athènes (LEA) a offert cette année une clôture exceptionnelle en réunissant sur une scène deux des plus grands auteurs de polars contemporains ; le Cubain Leonardo Padura et le grec Petros Márkaris. Ce « duo de titans » a bien mis en lumière la distance littéraire qui existe, comme dans d’autres domaines, entre « les pays de la périphérie » et ceux du Nord, que ce soit dans sa version européenne ou nord-américaine.
    Márkaris (Istanbul, Turquie, 1937) est probablement l’auteur grec actuel le plus connu à l’échelle internationale grâce à sa série de romans dont le héros est (...)

  • USA – L’assassinat de Trayvon Martin et le verdict du racisme américain

    Keeanga-Yamahtta Taylor 21 juillet 2013

    Choc, horreur puis rage. Ce sont les sentiments qu’ont traversés des dizaines de milliers de personnes à travers le pays alors qu’elles tentaient de comprendre l’acquittement de George Zimmerman. Comment se pouvait-il que Zimmerman soit libre ? C’est lui qui a traqué Trayvon Martin, l’a affronté puis a sorti son pistolet avant d’assassiner un adolescent désarmé.
    Avant même que le verdict ne soit connu, les médias dominants firent de leur mieux pour attiser l’hystérie au sujet d’émeutes potentielles dans le cas où un verdict de non-culpabilité serait prononcé tandis qu’ils diffusaient simultanément des appels au « respect » du système quelle que soit l’issue du procès. Ces appels produits par les médias (...)

  • Tragédie de Lac-Mégantic au Québec : bien autre chose qu’une « négligence humaine »

    Karel Mayrand, Marc Bonhomme 11 juillet 2013

    Dans la petite ville de Lac-Mégantic, un train composé de 72 wagons de pétrole brut a déraillé et explosé en pleine nuit en détruisant tout le centre-ville. Cinq jours après la catastrophe, le bilan est de 15 morts et il y a toujours une quarantaine de disparus. Le propriétaire de la compagnie ferroviaire privée a essayé de reporter la faute sur les pompiers qui étaient intervenus quelques heures plus tôt dans ce train suite à un incendie.
    Mais, en réalité, derrière cette catastrophe, il y a surtout la détérioration des contrôles de sécurité qui ont accompagné la privatisation des compagnies ferroviaires et la course au profit entre les compagnies pétrolières qui pilotent le développement énorme de (...)

  • Affaire Snowden : Le kidnapping d’Evo et la servilité face à Washington

    Ángel Guerra Cabrera 4 juillet 2013

    Dans un acte d’une grave portée internationale, les autorités de plusieurs pays européens ont empêché la libre circulation dans leur espace aérien de l’avion du président bolivien Evo Morales, ce qui équivalait à sa séquestration. Cet avion, risquant d’épuiser son combustible de vol, s’est vu forcé à atterrir en urgence à Vienne, où Evo Morales a dû rester 14 heures, virtuellement comme un prisonnier de la « pax americana » que les Etats-Unis prétendent imposer à toute la planète depuis le 11 Septembre. Il semble bien qu’Obama ait dépassé son successeur dans la construction d’un Etat policier et militarisé à l’échelle mondiale.
    Selon le droit international coutumier, un avion présidentiel est considéré comme un (...)

  • Dossier Brésil : La fin de la « révolution passive » ?

    Eduardo Lucita, Guillermo Almeyra, Henrique Carneiro, Massimo Modonesi 2 juillet 2013

    L’expérience brésilienne de ces dix dernières années de gouvernements « progressistes » (deux de Lula et celui, actuel, de Dilma Rousseff) se caractérise par ce que Gramsci appelait une « révolution passive », c’est à dire un processus de modernisation impulsé d’en haut, qui ne reprend que partiellement les revendications de ceux d’en bas et qui parvient ainsi à garantir leur passivité et leur silence, plus que leur complicité.
    A partir de cette formule apparemment contradictoire, nous pouvons comprendre comment s’est construit au Brésil un équilibre précaire, mais étonnamment efficace et durable. Un processus qui, en outre, et toujours en suivant les intuitions de Gramsci, s’est appuyé sur un « césarisme (...)

  • Dossier Brésil :« Des couches significatives du peuple ont fait l’expérience des mobilisations de masses et obtenu des victoires, et cela leur a plu ».

    João Machado, Juan Tortosa, Miguel Borba de Sa 25 juin 2013

    João Machado est économiste, co-fondateur du Parti des Travailleurs (PT) et longtemps membre de sa direction nationale pour la « Tendance Démocratie Socialiste ». Il a quitté le PT après l’exclusion bureaucratique de la sénatrice Heloïsa Helena en 2003 et s’est attaché à la construction du PSOL (Parti socialisme et liberté), où il anime la tendance « Enlace ». Il analyse dans cet entretien les caractéristiques et les défis du mouvement en cours au Brésil (Avanti4.be).
    Juan Tortosa : En Europe, certains ont du mal à comprendre les protestations au Brésil contre l’augmentation des tarifs des transports publics alors que la situation économique et sociale du pays est en plein développement. S’agit-il d’une (...)

  • L’indignation, patrimoine de l’humanité. Maintenant, le Brésil

    Esther Vivas 25 juin 2013

    Inattendue, intempestive et non planifiée, ainsi se présente l’indignation. On l’a vu en Tunisie, en Egypte, en Islande, dans l’Etat espagnol et plus récemment en Turquie. Et aujourd’hui au Brésil. La vague de l’indignation atteint ainsi deux pays géopolitiquement clés. Si, il y a quelques semaines, le Printemps turc surprenait les Turcs eux-mêmes et à l’étranger, aujourd’hui l’histoire se répète avec l’explosion sociale brésilienne.
    Le cycle de protestations inauguré par les révoltes dans le monde arabe est toujours ouvert. Et en dépit du fait que tous ces processus de changement, de mécontentement de ceux d’en bas, partagent des éléments communs, ils ne sont pas strictement le décalque des uns et des (...)

  • Dossier : Cuba à la croisée des chemins (I)

    Guillermo Almeyra, Samuel Farber 23 juin 2013

    Cinquante ans après la proclamation du « socialisme », Cuba est à un tournant de son histoire. C’est l’occasion pour nous de soumettre deux articles revenant de manière critique sur l’expérience de ces cinq décennies et amorçant la réflexion sur l’avenir.
    La révolution cubaine à la croisée des chemins
    Guillermo Almeyra
    Pour le gouvernement cubain – et les partisans du dit « socialisme réel », c’est-à-dire du système économique, politique et social de l’ex Union soviétique et de celui des pays de l’Europe de l’Est, ou de la Chine et du Viet Nam - Cuba est socialiste depuis les années 60, quand Fidel Castro l’a déclaré par radio.
    C’était la réalité pour les ennemis de Cuba et du socialisme, c’est-à-dire les (...)

  • Déclaration des syndicats brésiliens sur la mobilisation contre la hausse des prix des transports

    CUT, FS, UGT, CTB, NCST 21 juin 2013

    La lutte contre l’augmentation des prix des transports à travers tout le pays exprime le mécontentement des travailleurs et du peuple soumis quotidiennement à des conditions inhumaines dans bus, trains, métros, et en particulier dans les grandes villes. Les tarifs sont absurdement élevés vu les conditions de fourniture de ce service public essentiel.
    Bien plus qu’une réaction contre les tarifs, les manifestations démontrent que les travailleurs, les étudiants et la société dans son ensemble n’admettent plus de mépris qu’ils subissent pour les problèmes tels que l’absence de politiques de mobilité urbaine et l’amélioration urgente de la qualité des transports publics.
    Dans ce sens, les syndicats (...)