Histoire

  • Chili 1970-73 : Retour sur une expérience révolutionnaire (III)

    Jean Peltier 18 septembre 2013

    La fin brutale de l’expérience chilienne a eu des conséquences immenses. La victoire de Pinochet a fait du Chili le laboratoire sauvage d’un néolibéralisme qui a essaimé dans le reste de l’Amérique latine d’abord, dans le monde entier ensuite. Parallèlement, la défaite de la gauche chilienne a ouvert un débat dans toute la gauche internationale sur la possibilité d’une voie parlementaire au socialisme.
    Troisième partie : Après le Chili, la voie parlementaire… sans le socialisme
    Le sauve-qui-peut de la gauche réformiste
    La nouvelle du coup d’Etat et de l’écrasement de l’Unité Populaire tombe comme une enclume de plomb sur la tête de la gauche réformiste européenne. Ce n’est pas qu’elle ignorait les (...)

  • Vingt ans après Oslo, regard rétrospectif

    Michel Warschawski 17 septembre 2013

    Le treize septembre 2013 marque les 20 ans du processus d’Oslo. Il nous a semblé que cela devrait être l’occasion d’une véritable réflexion politique non seulement sur le bilan de ces vingt longues années, mais aussi sur les différentes perspectives d’avenir que l’échec des promesses de ce processus ouvre pour la région. Nous avons demandé a plusieurs personnalités de contribuer par leur analyse à ce petit brainstorming.L’Agence Média Palestine, en partenariat avec l’Alternative information Center, publiera ces tribunes durant ce mois, sur l’espace club de Médiapart. (tiré de mediapart.fr)
    Oslo est mort, tout le monde le reconnaît, alors pourquoi consacrer, vingt ans après, du temps et de l’énergie pour (...)

  • Edward. P. Thompson (1924-1993) et le courant romantique dans les sciences sociales en Angleterre

    Michael Löwy, Robert Sayre 15 septembre 2013

    Il y a 20 ans, en août 1993, disparaissait l’un des plus grands historiens marxistes du XXe siècle, le britannique Edward. P. Thompson, auteur de « La formation de la classe ouvrière anglaise » et dont la pensée et les réflexions profondément originales sont malheureusement encore trop méconnues dans le monde francophone. Nous reproduisons ci-dessous de larges extraits d’un texte consacré à l’œuvre de cet historien par Michael Löwy et Robert Sayre. (Avanti4.be)
    La vision romantique du monde court comme un fil rouge à travers les écrits politiques, théoriques et historiographiques d’E. P. Thompson. Dans le cadre de cet article nous allons limiter nos commentaires à sa contribution aux sciences sociales. (...)

  • Chili 1970-73 : Retour sur une expérience révolutionnaire (II)

    Jean Peltier 12 septembre 2013

    Le 11 septembre 1973, l’expérience de la « voie parlementaire au socialisme » initiée par l’Unité Populaire et le président Allende se terminait tragiquement sous les balles et les obus d’un coup d’Etat militaire. Une telle issue n’avait pourtant rien d’inévitable. La responsabilité du drame et du bain de sang en revient évidemment à la bourgeoisie, à l’armée et à leur « protecteur » étatsunien. Mais la gauche parlementaire elle-même porte aussi une lourde responsabilité dans ce qui s’est passé.
    Deuxième partie : Pouvoir Populaire ou coup d’Etat (1972-73)
    Mobilisations dans la rue
    Au printemps 1972, un peu moins d’un an et demi après l’arrivée de l’unité Populaire au gouvernement, le Chili est plombé par une (...)

  • Chili 1970-73 : Retour sur une expérience révolutionnaire (I)

    Jean Peltier 9 septembre 2013

    Le 11 septembre marque le 40e anniversaire du renversement du gouvernement d’Unité Populaire et du président Salvador Allende par un coup d’Etat militaire dirigé par le général Pinochet. Dans la gauche chilienne et internationale, au fil du temps, l’analyse des événements a peu à peu fait place à la légende, celle du bon Président légitimement élu renversé par le mauvais général putschiste. Une légende dans laquelle les oppositions de classes, les contradictions violentes dans la société, les débats et les déchirements dans la gauche, l’émergence d’un pouvoir populaire en dehors des institutions officielles, les choix stratégiques désastreux d’une partie de la gauche,… ont disparu, dissous dans un discours (...)

  • Victor Serge et le léninisme libertaire

    Philip Spencer 4 septembre 2013

    Victor Serge (1890-1947) est une figure marquante du mouvement ouvrier international. Né à Ixelles, en Belgique, de parents russes (son véritable nom était Viktor Lvovitch Kibaltchitch), il fut durant sa jeunesse un militant actif du mouvement anarchiste, au sein duquel il fit ses premières armes comme journaliste révolutionnaire. Après la Révolution russe de 1917, attiré par le bolchevisme, il émigra en URSS et travailla pour la nouvelle Internationale communiste. Membre de l’Opposition de gauche au stalinisme, il fut arrêté à plusieurs reprises. Grâce à une campagne internationale, il fut libéré et quitta l’URSS en 1936. Plusieurs divergences l’amenèrent par la suite à la rupture avec Léon Trotsky, (...)

  • Hommage à Orwell : « 1984 », contre-utopies, utopies et marxisme

    Michel Lequenne 18 août 2013

    L’année 2013 marque le 110e anniversaire de la naissance du grand écrivain révolutionnaire britannique George Orwell, l’auteur des célèbres « 1984 », « Hommage à la Catalogne » et « La Ferme des animaux ». Nous reproduisons ci-dessous une analyse critique de « 1984 » et des thématiques de l’utopie et de la contre-utopie en littérature, à la lumière du marxisme, rédigée par Michel Lequenne et publiée pour la première fois en 1984. (Avanti4.be)
    Quand « 1984 » paru en France en 1950, trois livres d’Orwell avaient déjà été publiés en français ; « La Vache enragée » (Down and Out in Paris and London), devenue dans la réédition « Dans la dèche à Paris et à Londres », « Et vive l’aspidistra », les deux ouvrages chez (...)

  • Gouvernement des travailleurs et transition au socialisme : un débat actuel

    John Riddell 8 août 2013

    Le concept de « gouvernement des travailleurs » est l’enfant « mal-formé » de la jeune Internationale Communiste (Komintern). L’idée qu’il exprime est pourtant fondamentale pour le marxisme : les travailleurs doivent lutter pour prendre le pouvoir politique. Mais, aux débuts du Komintern, il était associé à une perspective alors discutable pour certains marxistes : que les travailleurs puissent former un gouvernement qui fonctionne initialement dans le cadre d’un État capitaliste encore existant.
    Comme le commente le marxiste français Daniel Bensaïd : « la formule algébrique de ‘gouvernement des travailleurs’ a donné lieu à travers le temps à des interprétations diverses et souvent contradictoires » . (...)

  • 30e anniversaire de la mort de Luis Buñuel, le cinéaste surréaliste

    Raúl Navas 1er août 2013

    Le 29 juillet marque le 30e anniversaire de la mort du cinéaste aragonais Luis Buñuel (1900-1983). En dépit du fait qu’il fut l’un des meilleurs réalisateurs de l’histoire et un artiste exceptionnel, ses œuvres continuent à être méconnues d’une grande partie de la population dans l’Etat espagnol. On a beaucoup écrit sur sa personnalité, mais on peut affirmer que ses films - plus de 30 - sont plus connus au Mexique ou en France qu’en Espagne.
    Cette méconnaissance de son œuvre dans son pays d’origine n’est pas due au fait qu’il était un mauvais cinéaste, elle ne relève non plus en rien du hasard mais est au contraire la conséquence d’événements historiques déterminés. Dans ce sens, la figure d’artistes comme (...)

  • Monarchie et capitalisme : de la révolution à la restauration

    Ernest Mandel 4 juillet 2013

    La monarchie est un produit de la société féodale. Au départ, la dynastie royale n’est qu’une famille noble parmi d’autres, la première entre ses semblables. Aussi longtemps que l’émiettement du pouvoir d’Etat correspond à la réalité économique, l’émergence d’une monarchie centralisatrice est lente, contradictoire, accompagnée de nombreuses rechutes dans une anarchie quasi totale.
    Lorsque le développement du commerce, l’essor des villes, l’affaiblissement du pouvoir économique de la noblesse terrienne réclament une centralisation croissante du pouvoir d’Etat, la royauté s’affirme petit à petit. Mais elle s’impose encore par des moyens typiquement féodaux, des guerres sans fin au cours desquelles la dynastie (...)