, 18 août 2013
L’Egypte a explosé, comme cela était prévisible. Et cette explosion a pulvérisé la gauche arabe. Ou, pour mieux dire, les restes de la gauche arabe, parce que cette dernière s’est en réalité suicidée. La situation rappelle beaucoup le film « La vie de Brian » des Monty Python : dans la scène finale, un groupe de combattants aguerris – et bien armés – rejoignent Brian sur sa croix, qu’ils considèrent comme un leader révolutionnaire et, pour le sauver,… se suicident. C’est exactement ce que fait la gauche arabe depuis le début dudit « printemps arabe ».(1)
C’est seulement maintenant, de manière encore timide, qu’on commence à publier dans les milieux progressistes occidentaux des critiques, jusqu’ici occultées, (...)
, , 8 août 2013
Avec la montée d’un nouveau mouvement de masse, le coup d’Etat de l’armée contre le gouvernement des Frères Musulmans et la nouvelle situation ouverte depuis lors, les événements en Égypte sont d’une grande complexité, ce qui suscite, à gauche, confusions et débats sur la nature et la caractérisation de la phase actuelle du processus. S’agit-il d’une « seconde révolution », ou au contraire d’une « victoire de la contre-révolution » ? Ou bien d’un ensemble contradictoire où révolution et contre-révolution se chevauchent sans que l’une puisse encore prendre le dessus sur l’autre ? C’est ce qu’aborde le débat que nous reproduisons ci-dessous. Santiago Alba Rico, philosophe et écrivain marxiste vivant en Tunisie, met (...)
29 juillet 2013
Les événements en Egypte ont mis à mal l’image que tant d’experts de droite comme de gauche ont diffusé sur le monde musulman, selon laquelle les gens y sont dominés par — ou qu’ils ont un penchant automatique pour — des mouvements islamistes.
Le mouvement contre Morsi a été un énorme mouvement populaire contre un gouvernement islamiste, et pas n’importe quel gouvernement islamiste non plus. Les Frères musulmans, et leur aile politique, sont à bien des égards le parti islamiste le plus redoutable, et il avait été élu démocratiquement.
Mais ce qui a eu lieu est un coup d’Etat. Ce n’est pas quelque chose à célébrer, et c’est en fait très dangereux. La nature fondamentale du mouvement qui s’est développé (...)
11 juillet 2013
Le président égyptien Mohamed Morsi a été renversé par un militaire qui était l’épine dorsale du régime Moubarak Hosni avant la chute du dictateur. Pourtant, les célébrations de masse de la chute de Morsi sur la place Tahrir au Caire et ailleurs dans le pays représentent le vrai visage de cette dernière étape dans la révolution égyptienne.
L’éviction de Morsi est survenue quatre jours après une journée de protestation de masse impliquant des millions et des millions de personnes qui a été l’aboutissement de la campagne de pétition lancée par Tamarod (Rébellion) qui appelait Morsi à démissionner. Les révolutionnaires égyptiens disent que la portée des manifestations du 30 juin est encore plus grande que celles (...)
, 11 juillet 2013
Samedi 30 juin, entre 10 et 15 millions d’Egyptiens sont descendus dans les rues dans tout le pays pour crier leur volonté d’en finir avec le régime des Frères Musulmans. Mardi 3 juillet, l’armée, au terme de l’ultimatum qu’elle avait lancé au président Morsi, lui donnant 48 heures pour quitter le pouvoir, a destitué celui-ci et arrêté de nombreux dirigeants des Frères Musulmans. Elle exerce — provisoirement ? — seule le pouvoir tout en cherchant à former un gouvernement civil de coalition et en promettant des élections avant la fin de l’année.
Les Frères Musulmans ont refusé d’accepter la prise de pouvoir par l’armée et organisé eux aussi des rassemblements de masse, qui sont néanmoins nettement moins (...)
5 juillet 2013
L’emblématique Place Tahrir du Caire a de nouveau été le cœur de la protestation sociale en Egypte. Et c’est un cri unanime exigeant la démission du président Mohammed Morsi qui s’est imposé. Mais la prise du pouvoir par l’armée, après quatre journées de protestations massives dans tout le pays, ouvre une série de questionnements sur l’avenir de la révolution. Nombreux sont ceux qui se demandent : où va l’Egypte ?
La montée des Frères Musulmans au pouvoir fut aussi rapide que leur chute. Les aspirations et les espoirs de changements que beaucoup avaient posés en eux se sont évaporés après un an de gouvernement. Non seulement la situation ne s’est pas améliorée depuis lors, mais elle a empirée. La continuité (...)
, , 3 juillet 2013
Ce dimanche 30 juin, il y aurait eu entre 14 et 33 millions de manifestants pour exiger la chute de Morsi. Bien plus que lors des 18 jours cumulés de la révolution de janvier 2011. Probablement la plus grande manifestation de l’histoire de l’humanité ! Ses principaux organisateurs ont donné un ultimatum à Morsi le mardi 2 juillet à 17h pour « dégager », faute de quoi ils appelleraient à une grève générale illimitée et un mouvement de désobéissance civile jusqu’à ce qu’il tombe. La veille, l’armée lançait à son tour un ultimatum de 48h à Morsi pour satisfaire les demandes du peuple, sinon elle prendrait le pouvoir. Aussi nombreux que la veille, le peuple a à nouveau envahi les rues pour dire sa joie et fêter « (...)
1er juillet 2013
Il y aurait eu hier 30 juin dans quasi toutes les villes d’Egypte, petites ou grandes, entre 14 millions de manifestants anti Morsi selon l’agence Reuters citant des sources militaires et 33 millions selon CNN ou la BBC. Quoi qu’il en soit, il y en avait bien plus que lors des 18 jours cumulés de la révolution de janvier 2011 qui a fait tomber Moubarak. C’est la plus grande manifestation de l’histoire de l’Égypte et même probablement de l’histoire de l’humanité.
Manifestations festives
Les manifestations, qui étaient de véritables fleuves humains, n’ont connu quasi pas de violences. Il y aurait eu 5 morts et 613 blessés selon le ministère de la santé ( sur provocation souvent des Frères Musulmans), (...)
, 28 juin 2013
Le 30 juin constituera peut être un autre tournant pour la révolution égyptienne. Les opposants au président Mohamed Morsi des Frères musulmans vont massivement descendre dans la rue pour le premier anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Morsi afin d’exiger sa démission. Ces mobilisations du 30 juin sont l’aboutissement de la « Tamarod » (Rébellion), une vaste campagne de pétition qui, selon ses organisateurs, a recueillie plus de 15 millions de signatures en faveur d’un appel à la démission de Morsi – autrement dit, plus que le nombre de votes obtenus par ce dernier à l’élection présidentielle de l’année dernière. Les deux camps s’attendent à ce que les manifestations du 30 juin soient les plus (...)
5 mai 2013
Entretien avec Gigi Ibrahim, membre des Socialistes Révolutionaires.
Certaines personnes disent que la révolution n’a pas obtenu grand-chose, si ce n’est un nouveau dictateur… Cela valait-il la peine de faire la révolution ?
Avant toute chose : la révolution n’est pas finie ! La réponse sera toujours oui, bien entendu, que la révolution vaut la peine, quel que soit le résultat. Aucune révolution ne s’achève en quelques mois, voire en quelques années. Nous pouvons déjà constater quelques petits acquis apportés par cette révolution mais ce sont les « grands » changement qui manquent encore parce que nous sommes tentons tout simplement de défaire plus de 60 années d’attaques. L’acquis le plus important c’est (...)