Tunisie

  • Tunis : Un front commun d’organisations politiques contre la dette est né

    Pauline Imbach 26 mars 2013

    En amont du Forum Social Mondial (FSM) de Tunis, s’est tenue les samedi 23 et dimanche 24 mars la première rencontre méditerranéenne contre la dette, les politiques d’austérité et la domination étrangère, pour une méditerranée libre, démocratique, sociale, solidaire, féministe et respectueuse de l’environnement.
    Organisée à l’appel du Front Populaire (une coalition regroupant 11 partis politiques de gauche radicale, des associations et des personnalités indépendantes en Tunisie dont un des leaders Chokri Belaïd a été assassiné le 6 février 2013), cette rencontre a réuni une vingtaine de formations politiques provenant du pourtour méditerranéen parmi lesquelles pour la France, le Front de Gauche et le NPA (...)

  • Sur l’assassinat du dirigeant de gauche Chokri Belaïd : fin prématurée ou nouveau départ ?

    Santiago Alba Rico 10 février 2013

    Sans vouloir forcer un parallélisme trompeur, nous pourrions dire qu’en Tunisie l’assassinat de l’avocat et dirigeant marxiste Chokri Belaïd évoque l’un des moments les plus tendus de la transition espagnole : le massacre d’Atocha en 1977 (*), tournant et accélération de la décomposition-recomposition du régime.
    C’est d’emblée, si l’on veut, un tournant mental et culturel car les Tunisiens étaient habitués à mourir dans des commissariats ou dans des affrontements avec la police mais ignoraient le terrorisme et la violence politique. Cela explique sans doute cette étrange suspension de l’état d’esprit collectif, entre la terreur sacrée et le frisson « historique » qui domine depuis hier toute la société (...)

  • Deux ans après son immolation : ce que Mohamed Bouazizi a changé

    Santiago Alba Rico 19 décembre 2012

    Bien qu’il soit mort le 4 janvier, 18 jours après son geste et 10 jours avant la chute de Ben Ali, la mémoire tunisienne, arabe et mondiale retient la date du 17 décembre 2010 quand Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant de légumes sans licence, tenta de mettre fin à ses jours en s’immolant devant le palais du gouverneur de Sidi Bouzid, une ville de 40.000 habitants dans le centre de la Tunisie.
    Ce geste commença à prendre une dimension mythique au fur et à mesure que son onde expansive toucha tout le pays puis l’ensemble du monde arabe, comme une étincelle de rage et de douleur qui a alimenté et alimente encore un malaise collectif et une rébellion incessante.
    Mohamed Bouazizi est devenu un mythe. (...)

  • Siliana : dernier épisode en date de la révolte permanente en Tunisie

    Santiago Alba Rico 5 décembre 2012

    La Tunisie connaît une situation de révolte endémique qui s’apparente en partie à celle que traverse l’Egypte. Après la première phase « unitaire » des processus révolutionnaires, où plusieurs forces sociales (islamistes, syndicalistes, jeunesse précarisée, petite-bourgeoisie…) ont convergé, à des degrés et à des rythmes divers, dans la lutte contre les dictatures, des clarifications s’opèrent à un rythme croissant depuis l’arrivée au pouvoir des islamistes, et de nouveaux clivages apparaissent. Clivages qui traduisent et expriment les intérêts divergents de ces différentes couches sociales car, fondamentalement, les objectifs sociaux et démocratiques de ces processus révolutionnaires n’ont nulle part été (...)