16 juin 2014
Les mouvements populaires de masse qui, ces dernières années, ont provoqué la chute des régimes établis dans plusieurs pays du monde arabe et en Ukraine relancent le débat sur de nombreuses questions théoriques. Peut-on parler de révolutions dans ces pays ? Et si oui, de quel type ? Ces pays étaient-ils des « maillons faibles » de l’ordre international et pourquoi ? Comment comprendre la présence parfois importante de courants islamistes, d’une part, et fascistes d’autre part, dans ces mobilisations populaires – et la faiblesse de la gauche ? L’historien et sociologue marxiste écossais Neil Davidson a été interviewé récemment par une revue ukrainienne sur ces questions. (Avanti4.be)
Comment (...)
16 juin 2014
Une mise en perspective à partir des régions périphériques de l’empire tsariste nous oblige à repenser de nombreuses hypothèses largement répandues sur les révolutions de 1905 et 1917, ainsi que l’évolution des analyses marxistes sur la libération nationale, la lutte paysanne, la révolution permanente et l’émancipation des femmes. Cet article analyse les débats marxistes sur la question nationale jusqu’en 1914. J’y soutiens que la stratégie du marxisme anti-colonial qui s’est finalement imposée fut élaborée pour la première fois par les marxistes des nationalités périphériques de l’empire tsariste, et non par les bolcheviques.
Lénine et ses camarades étaient à la traîne par rapport aux marxistes non russes sur (...)
9 juin 2014
Les dramatiques événements en Ukraine suscitent d’intenses polémiques à gauche et illustrent à nouveau pour les marxistes toute l’importance de la « question nationale » et de son articulation avec l’analyse de l’impérialisme. La question clé de l’indépendance et de l’unité de l’Ukraine face aux différents impérialismes – et en premier lieu face à l’impérialisme russe - constitue en effet une constante dans son histoire. Ecrit en 1989, le texte de Zbigniew Kowalewski que nous publions ici dans sa quasi intégralité apporte un éclairage historique de très grande valeur pour comprendre certains de ces éléments dans la situation actuelle en Ukraine. Il montre notamment que la complexité de cette situation n’est (...)
, 3 juin 2014
Les choses deviennent sérieuses. La crise politique, nourrie par trois années de révolte sociale face aux politiques d’austérité et par l’émergence du processus indépendantiste catalan, s’est transformée en une véritable crise de régime. La couronne, le pouvoir judiciaire et le bipartisme sont tous frappés par des niveaux de désaffection sans précédent. Les récentes élections du 25 mai ont été la première traduction électorale de cette dynamique de crise politique généralisée. Elles ont marqué le commencement de la fin du bipartisme et signifié l’irruption de ce qui est en passe de devenir un cauchemar politique croissant pour le système des partis dominants : « Podemos ».
Le navire de la Transition n’est plus (...)
6 mai 2014
Cet article est achevé le lendemain du pseudo référendum sur l’autodétermination de la Crimée. La Crimée n’est pas l’Ukraine et elle a droit à l’autodétermination, mais le vote sous contrainte, sans choix, armée déployée, qui vient de se produire n’a rien à voir avec quelque autodétermination que ce soit. Il vise à intimider, et peut-être à pire, les Ukrainiens, les Tatars, les Russes qui pensent autrement. Un débat démocratique en Crimée supposerait que la menace des troupes russes, comme celle de l’OTAN, ne s’exerce pas sur le pays, qui a besoin en effet de débattre de sa place comme trait d’union entre Ukraine, Russie et Turquie. Son érection en petite Irlande du Nord bunkérisée n’est pas une bonne nouvelle (...)
7 avril 2014
Chaque 21 mars, une bonne partie des peuples du Moyen-Orient fête le « Newroz ». Cette date, qui coïncide avec l’équinoxe de printemps, est considérée par les Kurdes comme le début de l’année nouvelle. Il s’agit d’une fête traditionnelle dont l’origine se perd dans la nuit des temps. S’il existe la légende du héros Kawa afin d’expliquer son origine, la vérité est que pour des peuples comme les Kurdes, qui vivent au milieu d’imposantes chaînes montagneuses, l’arrivée du Newroz signale la fin de l’hiver et la reprise des activités traditionnelles de pâturage, paralysées pendant les mois où la neige empêche tout déplacement. De l’Anatolie jusqu’au Tadjikistan, les peuples indo-européens de la région (Kurdes, Perses, (...)
, 2 avril 2014
C’est sous une avalanche d’applaudissements, à grands renforts de larmes et de félicitations que Vladimir Poutine a signé, au Parlement russe, le décret qui intègre la Crimée au territoire russe. Cette annexion a été présentée par Poutine comme une réponse au désir exprimé démocratiquement par la Crimée, faisant référence au récent référendum dont le résultat a été une vague de votes en faveur de l’unification avec la Russie. Cet intérêt nouveau de Poutine pour la démocratie est certainement une des évolutions personnelles les plus étonnantes dans l’histoire politique ; on ne pourrait faire plus étonnant qu’avec la conversion soudaine d’un nazi au judaïsme.
Comment comprendre que 93 % des votes étaient en faveur de (...)
20 mars 2014
C’est probablement un cas unique sur la planète. Le Parti pour la Paix et la Démocratie (BDP) présente pour les élections municipales en Turquie du 30 mars un système de co-candidatures avec lequel un homme et une femme co-dirigeront la municipalité en cas de victoire, ce qui se produire certainement dans des dizaines de petites, moyennes et quelques grandes villes des provinces orientales du pays.
Concrétiser une telle proposition dans un pays européen serait déjà toute une nouveauté, mais le faire dans la « Turquie profonde », majoritairement rurale et avec un grand poids de la religion musulmane, cela suppose toute une révolution.
Pour donner une plus grande présence et protagonisme social aux (...)
, 24 février 2014
Salih Muslim partage la présidence du Parti de l’Union démocratique (Partiya Yekitîya Demokrat, PYD) avec Asya Abdullah. Le PYD est un parti frère du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) au Kurdistan de Syrie avec lequel il partage le même fond idéologique. Ce parti est la principale force au pouvoir dans les régions kurdes de Syrie et contrôle trois enclaves à majorité kurde depuis 2012. Dans cet entretien avec le politologue autrichien Thomas Schmidinger, Salih Muslim explique le projet actuel et futur d’autonomie des Kurdes de Syrie. (Avanti4.be)
Je veux d’abord vous exprimer mes plus sincères condoléances pour la mort de votre fils Sherwan, qui a récemment été tué à l’âge de 17 ans en (...)
31 janvier 2014
Il s’agit d’une véritable révolution féminine devant les yeux du monde entier mais qui ne se fait pas remarquer. Imaginons que dans une ville, 65 % des membres des organisations civiles, politiques et militaires sont des femmes. Imaginons que toute une région est dirigée, en pleine guerre, sur le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes, ou une armée féminine qui combatte à la fois un régime sanglant et des groupes armés.
La révolution lancée mi-juillet 2012 au Kurdistan occidental, le territoire kurde en Syrie, après la prise de contrôle des villes, est aujourd’hui dans une phase irréversible. Cette révolution a un visage de femme sans précédent dans l’histoire de toute la région. Ce n’est (...)