Crise capitaliste

  • La crise de l’euro et de l’Union européenne

    Éric Toussaint 6 novembre 2013

    La crise qui a démarré aux États-Unis en 2007-2008 a frappé l’Union européenne de plein fouet à partir de 2008 et a provoqué de graves perturbations dans la zone euro à partir de 2010 . Les banques des pays les plus forts de l’Europe sont à l’origine de cette contagion depuis les États-Unis vers l’Europe car elles avaient massivement investi dans les produits financiers structurés. Ceci étant dit il est important d’expliquer pourquoi cette crise frappe plus durement l’Union européenne et en particulier la zone euro que les États-Unis.
    Parmi les 28 pays de l’Union européenne, 18 pays ont une monnaie commune, l’euro . L’UE compte environ 500 millions d’habitants , soit presque la moitié de la Chine, de (...)

  • Le monde tel qu’il va : de plus en plus riche et de plus en plus inégal

    Michael Roberts 21 octobre 2013

    Les inégalités dans le monde sont plus fortes que jamais. Les 10% les plus aisés parmi les 5 milliards d’adultes que compte aujourd’hui le monde possèdent 86% de toute la richesse des ménages. En effet, 393 millions de personnes disposent de richesses d’une valeur nette (c’est-à-dire après prise en compte de l’ensemble des dettes) de plus de 100.000 dollars.
    Insistons bien sur le fait que nous ne parlons pas ici d’un revenu annuel mais bien de la "richesse" accumulée par un ménage (c’est-à-dire les actifs immobiliers et financiers, comme les avoirs, actions et liquidités en banque).
    Mais ces 100.000 dollars (soit 73.000 euros) ne représentent pas nécessairement une somme extraordinaire si vous possédez (...)

  • Monsieur Barroso, votre projet de société n’est pas le bienvenu !

    Plateforme Liégeoise contre le TSCG 17 octobre 2013

    La plate-forme liégeoise contre le Traité européen sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance adresse une lettre ouverte au président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, à l’occasion de sa visite à Liège.
    Monsieur Barroso, nous, acteurs de la solidarité, ne vous souhaiterons pas la bienvenue lors de votre visite de notre Cité Ardente, ce 17 octobre. Nous ne ferons pas un accueil chaleureux à cette construction européenne néolibérale, antisociale, autoritaire et non-démocratique que vous représentez à travers votre mandat de président de la Commission européenne. Nous ne voulons pas de votre projet de société qui met en danger et détruit nos conquêtes sociales ! Projet mis en (...)

  • Un nouveau cycle de luttes dans le monde ? (V) — Un second 1848 ou 1905 ? — A l’approche d’un demi-siècle d’attente

    Cihan Tugal, Claude Gabriel 12 septembre 2013

    Tandis qu’on assiste à un renouveau des protestations en Turquie et à d’importantes manifestations en Tunisie, une série de mobilisations de masse surgissent à nouveau en Amérique latine, avec la grève paysanne en Colombie, la grève des enseignants au Mexique ou la mobilisation de la jeunesse équatorienne en faveur de la préservation du parc Yasuni-ITT. En Roumanie, une protestation massive se développe contre l’exploitation d’une mine de cyanure. Dans notre série de dossiers consacrés au nouveau cycle de luttes dans le monde, nous publions ci-dessous deux nouvelles contributions. Celle de Cihan Tugal explore les points communs avec les précédentes vagues de luttes en 1848 et 1905 et insiste sur leur (...)

  • La crise et l’importance de l’imagination post-capitaliste. Entretien avec David Harvey

    Aubrey Robinson, David Harvey, Ronan Burtenshaw 11 septembre 2013

    Il y a cinq ans, l’écroulement de Lehman Brothers a signifié la plus grande faillite dans l’histoire des Etats-Unis. La crise financière qui a suivi a provoqué la Grande Récession – la crise la plus significative dans l’histoire du capitalisme depuis la Seconde guerre mondiale. Comment devrions-nous comprendre les aspects fondamentaux de ce système actuel en crise ? Quel monde alternatif pourrions-nous imaginer ? C’est à ces questions que répond le géographe marxiste David Harvey dans cet entretien réalisé par Ronan Burtenshaw et Aubrey Robinson pour le journal « Red Pepper » (Royaume Uni). David Harvey analyse ici la façon dont les contradictions du capitalisme – dont celles concernant le logement et le (...)

  • Notes sur l’actualité des théories de l’Etat et des crises chez Gramsci

    Carmen Weidenmeyer 9 septembre 2013

    Quand Gramsci parle de l’Etat, il ne se réfère pas à un concept restreint, comme celui de la tradition libérale où il est réduit à trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. Gramsci a développé la conception marxiste de l’Etat en l’élargissant car il y englobe à la fois la structure (les rapports de production) et la superstructure ; autrement dit, sa conception de l’Etat comprend l’économique, le politique et l’idéologique comme étant dialectiquement liés.
    Gramsci considère que l’Etat est formé par le binôme constitué par la société politique (gouvernement, police, armée, administration) et la société civile (Eglise, syndicats, entités privées, entreprises – lieu de l’exploitation –, médias, (...)

  • "La richesse, la valeur et l’inestimable", de Jean-Marie Harribey

    Éric Toussaint 21 août 2013

    Jean-Marie Harribey a fourni un travail colossal pour mettre à la disposition des lectrices et des lecteurs cet important ouvrage qui a pour sous-titre « Fondements d’une critique socio-écologique de l’économie capitaliste » . L’auteur nous invite à découvrir ou revisiter les œuvres d’Adam Smith, de David Ricardo, de Karl Marx, de John Maynard Keynes et de bien d’autres en les confrontant au capitalisme actuel. Ce n’est pas une des moindres qualités de ce livre que de prendre la peine de résumer les travaux des classiques avant de les soumettre à la critique.
    Jean-Marie Harribey ne se contente pas de parcourir les sentiers sur lesquels ont cheminé les théoriciens de l’économie politique (Smith, (...)

  • Fin de voie pour les entreprises délocalisées ?

    Immanuel Wallerstein 16 août 2013

    Depuis qu’il existe une économie-monde capitaliste, un mécanisme essentiel de son fonctionnement réussi a été la délocalisation d’entreprises. Après une période significative d’accumulation de capital (généralement 25 ans) par les entreprises dites « leaders », le taux de profit finit par baisser du fait que le quasi monopole de l’industrie leader s’est affaibli et que les coûts de la main d’œuvre ont augmenté à la suite d’actions syndicales de tout type.
    Lorsque cela survenait, la solution résidait dans la « délocalisation » de l’entreprise. Cela signifiait que le site de production était transféré dans une autre partie du système-monde ayant des « niveaux de salaire historiquement plus bas ». En effet, les (...)

  • Crise capitaliste et recherche scientifique : La création de la connaissance est en danger

    Miguel Guaglianone 14 août 2013

    La crise qui frappe le monde est très profonde et va bien plus loin que la crise économique spectaculaire que les médias commerciaux relatent tous les jours de manière détaillée. A travers leur hégémonie communicationnelle, ces médias nous disent sans cesses que cette chute dans l’abîme est sur le point d’être résolue et que dans un avenir proche nous retrouverons la situation antérieure d’expansion économique et de production croissante qui a été jusqu’ici une caractéristique de notre culture occidentale capitaliste.
    Cependant, quand on analyse les choses en détails, on peut observer que diverses facettes de cette crise globale se manifestent de manière simultanée. Toutes ces facettes se développent, (...)

  • Débat : Que faire de la dette et de l’euro ?

    Collectifs 30 juin 2013

    Les questions de la dette et de l’euro sont au cœur d’un intense débat stratégique dans la gauche européenne, particulièrement dans les pays de la périphérie sud (Espagne, Grèce, Portugal, où les partisans d’une rupture avec l’UE et l’euro gagnent du terrain). Les clivages sur ces questions traversent tous les courants : des marxistes révolutionnaires et des réformistes keynésiens se retrouvent ainsi tout autant dans le « camp » d’une solution progressiste « sans sortir » de l’UE ou de l’euro et dans ceux qui prônent au contraire une telle rupture. D’autres lignes de partage séparent ceux qui plaident en faveur d’un programme à la fois internationaliste et anticapitaliste et ceux qui se limitent à un « (...)