Occupation de l’ONEm par les Comités Action contre l’Austérité en Europe

CAE 31 octobre 2012

Ce mercredi 31 octobre, des membres des Comités Action contre l’Austérité en Europe (CAE)* occupent pacifiquement l’ONEm à Bruxelles pour dénoncer la dégressivité accrue des allocations de chômage qui entrera en vigueur au 1er novembre. Par cette action, les CAE s’opposent non seulement symboliquement, mais aussi pratiquement à ce que les travailleurs sans emploi payent pour une crise dont ils ne sont pas responsables. Aujourd’hui, il n’y aura pas d’exclusions prononcées par l’ONEm à Bruxelles !

Après avoir organisé le 11 octobre une action face au “banquet des riches”, durant laquelle les CAE ont dénoncé les responsables de la crise, par cette nouvelle action, les CAE s’opposent aux politiques d’austérité qui font porter les conséquences de la crise par les travailleur/ses avec et sans emploi. Les femmes et les jeunes seront les plus touchés. Plutôt que de diminuer les écarts sociaux à l’origine de la crise, le gouvernement Di Rupo, comme la plupart des gouvernements européens à travers leurs plans d’austérité, choisit de les accentuer cruellement en détricotant les acquis sociaux. C’est injuste et ça approfondit la crise.

Un (faux) discours bien rôdé

Le discours anti-chômeur est connu ; fainéants, profiteurs. Il faut donc diminuer leurs revenus pour les inciter à chercher du travail. On fera des économies. C’est sur un tel discours que s’est appuyé le gouvernement pour faire passer sa réforme de l’assurance chômage (dégressivité, allocations d’attente, contrôle de la disponibilité, emploi convenable).

Cependant…

• Quel est le sens d’activer les chômeurs lorsque les emplois sont insuffisants ? Certaines estimations parlent d’un emploi vacant pour 7 chômeurs (d’autres vont beaucoup plus loin : 1 emploi vacant pour 17 chômeurs en Région Bruxelles-Capitale et 1 emploi pour 35 chômeurs en Wallonie !)
• Pourquoi activer des chômeurs si les entreprises licencient à plein régime ? Le Soir chiffrait à 7.078 le nombre de pertes d’emploi durant ce mois d’octobre.
• Les économies « monétaires » réalisées à court terme, engendreront des coûts dans le futur : coûts transférés aux CPAS, coûts sociaux (baisse du niveau de vie et tout ce que cela implique en termes de dépenses de santé notamment) qui font de ces mesures, un très mauvais calcul.

Alors pourquoi ces mesures ?

La vraie raison de ces mesures, outre les économies réalisées en appauvrissant des milliers de personnes, est le maintien sous pression des salaires. Une politique de précarisation du statut de chômeur implique une pression plus forte sur les personnes pour qu’elles acceptent un emploi à n’importe quelle condition (exemple allemand). Cela freine (ou stoppe) la hausse des salaires.

Cela contribue donc très clairement aux propositions européennes de baisser le coût du travail… et donne un coup de pouce pour ceux qui souhaitent la mort de l’index.

Les vraies conséquences

La dégressivité accentuée et accélérée des allocations de chômage est une politique qui, en quatre ans, ramènera les allocations d’un grand nombre de chômeurs à un forfait nettement inférieur au seuil de pauvreté. Les chômeurs verront leur revenu baisser de 12 et 40% selon les cas.

Selon les premières estimations, l’addition de cette dégressivité et de la limitation des allocations d’attente se soldera par un total de 130.000 à 200.000 personnes poussées dans la pauvreté.

Les femmes sont particulièrement touchées puisque ce sont elles qui ont les carrières les plus entrecoupées et précaires, ne parvenant parfois pas à ouvrir leurs droits aux allocations de chômage. De plus, les cohabitants sont les plus touchés par la dégressivité ; or une chômeuse sur deux est cohabitante alors qu’un chômeur sur trois seulement est cohabitant.

Encore une fois, c’est aux victimes de la crise de payer

La réduction du temps de travail avec maintien des salaires et embauche compensatoire est une solution au chômage. Mais pour cela, il faut s’attaquer aux profits, au capital… aux puissants.

Les CAE se proposent de mener cette lutte. L’étape suivante sera la mobilisation européenne du 14 novembre

Bruxelles, le 31 octobre 2012.

Contacts presse :

Myriam Djegham :0488 28 35 59
Denis Desbonnet : 0497.44.14.81

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* Les Comités Action contre l’Austérité en Europe rassemblent des syndicalistes, des altermondialistes, des “Indignés” et d’autres citoyens pour soutenir la résistance à l’austérité dans notre pays, en solidarité avec la lutte des autres peuples d’Europe.