Silvia Ribeiro

  • Frankenstein reloaded : La biologie de synthèse

    Silvia Ribeiro 30 juin 2014

    La biologie de synthèse, qui assemble des gênes artificiels, est la forme la plus extrême et la plus périlleuse de manipulation des codes génétiques. Les puissantes multinationales qui investissent dans ce domaine (10 des plus grandes entreprises pétrolières, 6 de l’agro-business, 6 multinationales chimiques et 7 pharmaceutiques) se mobilisent aujourd’hui pour empêcher que les Nations Unies édictent la moindre forme de régulation indépendante ou de contrôle public et elles font tout le nécessaire pour que l’opinion publique ne sache pas ce qu’elle implique. Non seulement elle accumule tous les problèmes des transgéniques, mais elle va bien plus loin que ces derniers dans la rupture des équilibres (...)

  • La CIA et le contrôle du climat

    Silvia Ribeiro 11 août 2013

    La CIA étatsunienne est en train de financer une étude sur la géo-ingénierie (manipulation climatique) qui va durer 21 mois pour un coût initial de 630.000 dollars. Cette étude est menée par l’Académie Nationale des Sciences, avec la participation de la NASA et de l’Administration Océanique et Atmosphérique (revue « Mother Jones » 17/7/2013).
    L’intérêt de la CIA pour le climat n’est pas nouveau. Mais cette initiative est significative au vu des implications militaires qu’offre la possibilité de manipuler le climat et la pression qu’exercent les partisans de la géo-ingénierie dans ce pays afin de progresser dans l’expérimentation de ces techniques, en dépit d’un moratoire des Nations Unies contre leur (...)

  • 200 millions contre Monsanto

    Silvia Ribeiro 13 juin 2013

    Le 25 mai dernier, plus de 2 millions de personnes ont manifesté contre Monsanto dans 52 pays et dans plus de 430 villes du monde entier. Mais ils sont bien plus nombreux encore à protester, tous les jours et de diverses manières, contre cette entreprise, contre les OGM et le vol de notre alimentation par les multinationales. Il y a, par exemple, la Via Campesina, qui compte plus de 200 millions de membres et qui prépare aujourd’hui son sixième congrès international, du 6 au 13 juin, en Indonésie. La Via Campesina fête ses 20 ans et représente le mouvement paysan organisé le plus important de l’histoire et un fer de lance de la résistance à Monsanto, aux transgéniques et aux multinationales (...)

  • OGM : Des monopoles « philanthropiques »

    Silvia Ribeiro 17 mars 2013

    Depuis que les transgéniques ont été introduits commercialement aux Etats-Unis en 1996 – en 2012, 10 pays ont 98% de leurs terres cultivables semées avec des transgéniques tandis qu’une majorité ne permet pas leur utilisation – ses promoteurs affirment que les OGM augmentent la production. Mais ses affirmations ne sont pas prouvées et il apparaît tout le temps de nouvelles évidences qui démontrent le contraire.
    Le mécontentement des agriculteurs, qui paient plus cher la semence transgénique et ne voient pas de différence de rendement, est croissant. En outre, pour le malheur des entreprises concernées, à partir de 2015 les brevets de plusieurs transgéniques (comme le soja RR) arrivent à expiration. (...)

  • La fin du monde et les hommes et les femmes de maïs

    Silvia Ribeiro 5 janvier 2013

    Le 21 décembre 2012 a marqué le début d’un nouveau « baktun », une période de 394 années solaires selon la longue chronologie des Mayas, déterminée sur base de leurs connaissances sophistiquées en astronomie. A notre époque où la culture dominante banalise tout, ce moment s’est chargé de significations contradictoires ; pour certains, c’était la « fin du monde » (face au vide de sens actuel, l’apocalypse fait vendre), pour d’autres, le début d’une « nouvelle ère », ou encore simplement un moment de réflexion. Pour les peuples qui conservent encore une relation respectueuse avec la terre et l’environnement, le temps est bien plus qu’un comptage, il n’est pas linéaire, la mémoire collective et l’horizon collectif (...)

  • Biomasse ou bio massacre ?

    Silvia Ribeiro 26 septembre 2012

    C’est avec un enthousiasme croissant que des entreprises, des politiciens et certains scientifiques nous parlent de la manière dont vont se résoudre les désastres environnementaux, la crise énergétique et climatique et même la faim dans le monde avec l’utilisation de la biomasse à la place des combustibles fossiles.
    On nous présente la biomasse comme l’élément fondamental d’une transition vers une nouvelle économie « verte » qui, reposant sur des matériaux biologiques, semble plus durable et bénéfique pour l’environnement. En fin de compte, n’es-ce pas merveilleux de manger dans une assiette fabriquée avec du maïs ou des pommes de terre au lieu du plastique, conduire des voitures utilisant un (...)