Jean Peltier

  • La face cachée de la monarchie

    Jean Peltier, Pierre Bonsin 3 juillet 2013

    L’histoire officielle de Belgique présente nos rois successifs comme de nobles personnages se tenant au-dessus des partis et des classes sociales, uniquement soucieux du bien de la Nation et de tous les Belges, et ne disposant que de peu de pouvoirs personnels, exercés sous le contrôle du gouvernement et du parlement.
    L’histoire réelle de nos différents monarques montre bien qu’il ne s’agit là que d’un mythe et que, de Léopold Ier à Albert II, les rois se sont faits les fidèles défenseurs des intérêts des classes dominantes… tout en n’oubliant jamais les leurs.
    Clé de voûte
    « Jeune pays cherche monarque pour travail de relation publique et de construction de nation. Bonne présentation. Dot appropriée (...)

  • Retour sur la grève à Bruxelles-National : Une victoire… et une alerte rouge !

    Jean Peltier 5 juin 2013

    La grève des bagagistes de la société Swissport qui a perturbé pendant plusieurs jours l’aéroport de Bruxelles-National mérite une attention particulière pour deux raisons. La première, c’est qu’elle s’est terminée par une large victoire des travailleurs. La deuxième, c’est parce que le secrétaire d’Etat Melchior Wathelet a essayé de briser cette grève en mettant en route une volée de mesures qui paraissaient jusqu’ici réservées à l’arsenal des patrons de choc. Retour donc sur un conflit doublement marquant.
    Que s’est-il donc passé à l’aéroport durant cinq jours à la mi-mai ?
    Des bagagistes pressés comme des citrons
    Historiquement, deux grandes sociétés se partagent le secteur de l’assistance en escale (en (...)

  • Nos médias et l’actualité : Selon que vous soyez Américain ou Bangladaise...

    Jean Peltier 1er mai 2013

    Tout le monde le dit — et je ne ferai pas exception : toutes les victimes innocentes d’accidents ou d’attentats sont des victimes de trop ; toutes ont droit au respect ; il n’est pas question de discuter la peine que la disparition crée à leurs proches ; et il n’est pas question non plus de tenir une comptabilité morbide pour savoir si certaines victimes le sont plus que d’autres.
    Jetons donc sur un coup d’oeil sur l’actualité récente pour voir comment ces nobles principes se vivent et s’appliquent dans les médias ces derniers jours.
    Une des règles de base qu’on enseigne dans les écoles de journalisme est que « L’intérêt d’un fait divers en un point du monde est directement proportionnel au nombre de (...)

  • Danemark : Les profs jetés à la rue

    Jean Peltier 24 avril 2013

    Depuis le 1er avril, près de 70.000 profs de l’enseignement public danois sont privés de leur travail suite au lock-out imposé par leur employeur, la Confédération des pouvoirs locaux. Ce lockout est le dernier acte d’une série de mesures d’austérité prises par le gouvernement de centre-gauche dirigé par le premier ministre social-démocrate Helle Thorning-Schmidt.
    Après une première année de mandat pendant laquelle le nouveau gouvernement avait mis en oeuvre quelques changements de politique bienvenus, comme des droits accrus pour les immigrés et pour les homosexuel(le)s, l’enthousiasme est fortement retombé et a fait place à la résignation dans une partie de la population mais aussi à l’indignation (...)

  • Dossier : Occupations d’usines et autogestion ouvrière en Belgique

    Erik Demeester, Jean Peltier 15 avril 2013

    Le débat sur les occupations d’usines et les expériences de reprise de la production sous gestion ouvrière a été relancé récemment par le redémarrage de l’usine grecque VIO-ME sous forme d’une coopérative ouvrière après une occupation qui aura duré plus d’un an. La Belgique a elle aussi une série d’expériences de ce type dans les années ’70. Erik Demeester et Jean Peltier en retracent ici l’histoire. (Avanti4.be)
    Petite histoire des occupations d’usines en Belgique Erik Demeester
    "Les grèves avec occupation des usines, une des plus récentes manifestations de cette initiative, sortent des limites du régime capitaliste “normal”. Indépendamment des revendications des grévistes, l’occupation temporaire des (...)

  • Meister-Sprimont : Des astreintes pour casser un piquet de grève : jusqu’à quand nos syndicats laisseront-ils faire ?

    Jean Peltier 25 mars 2013

    Les travailleurs de l’usine Meister à Sprimont sont partis en grève lundi dernier contre les menaces de délocalisation et de licenciements qui pèsent sur leur entreprise. Un piquet de grève a été installé devant l’entreprise. La suite est désormais tristement classique : la direction a saisi la justice et celle-ci a décidé d’imposer des astreintes de 500 euros contre toute personne qui bloquerait l’entrée de l’entreprise. Un huissier est venu vendredi après-midi signifier la décision et la police est intervenue le soir même pour disperser le piquet.
    Est-ce que toute lutte qui implique un piquet de grève est condamnée à se terminer comme cela en Belgique aujourd’hui ? La réponse est simple. C’est oui. Du (...)

  • Le Socialist Workers Party britannique en crise. Des questions qui concernent toute la gauche (I)

    Jean Peltier, Laurie Penny, Tom Walker 20 mars 2013

    Le Socialist Workers Party, la principale organisation de la gauche révolutionnaire britannique, connaît actuellement une crise profonde, qui s’est traduite au cours des quatre derniers mois par une éruption de critiques contre la direction de l’organisation, la formation de deux tendances d’opposition et la tenue d’un Congrès extraordinaire le 10 mars dernier. Celui-ci a été immédiatement suivi par le départ groupé de plus d’une centaine de militants qui ont formé un nouveau "réseau" provisoirement dénommé International Socialism Network. Et la crise est loin d’être terminée...
    L’élément déclencheur de cette crise a été la manière scandaleuse par laquelle la direction du SWP a tenté de "régler" une (...)

  • Manifestation du 21 février : un « succès » destiné à faire « pschitt » ?

    Jean Peltier 22 février 2013

    Nous étions donc près de 40.000 à Bruxelles hier, une foule où se mélangeaient les couleurs rouges, vertes et bleues, déclinées en vareuses, chasubles, casquettes et autre ballons.
    Ras-le-bol multiforme
    Classiquement, on pourra dire qu’il y avait des contingents venus de toutes les provinces - Flamands, Wallons et Bruxellois mélangés - et de tous les secteurs. Aucune centrale ne manquait à l’appel, certaines ayant simplement fait un peu moins « service minimum » que d’autres. La présence des travailleurs de Ford et d’ArcelorMittal en tête de la manifestation était symbolique de l’importance de ces deux conflits aujourd’hui. Et la plus grande originalité de cette manifestation était le crochet par le (...)

  • Ford Genk : « Le référendum révèle une radicalisation des ouvriers ». Entretien avec Erik Demeester

    Erik Demeester, Jean Peltier 10 janvier 2013

    Lundi, à une courte majorité (54%), les travailleurs de Ford Genk ont accepté la proposition de reprise du travail pendant trois mois. Mais ce mercredi, des piquets de grève ont bloqué l’approvisionnement de l’usine. Une partie des travailleurs se radicalise dans ce conflit qui est déjà long de plus de trois mois. Nous faisons le point avec Erik Demeester, qui est rédacteur au mensuel marxiste flamand Vonk et un des animateurs à Bruxelles des Comités d’Action contre l’Austérité en Europe. Avant d’en venir aux événements des derniers jours, peux-tu résumer ce qui s’est passé depuis la manifestation de solidarité qui avait réuni 20.000 personnes dans les rues de Genk le 11 novembre ? Vu du sud du pays, on a (...)

  • Jacques Tardi : "Je refuse ma Légion d’honneur"

    Jean Peltier 6 janvier 2013

    L’auteur et dessinateur de BD Jacques Tardi a eu la surprise le jour du Nouvel An d’apprendre qu’il venait de recevoir la Légion d’Honneur… qu’il s’est empressé de refuser "avec la plus grande fermeté".
    Le fonctionnaire qui lui a accordé cette breloque ne devait sans doute connaître ni Tardi ni son œuvre (on imagine bien le genre de gratte-papiers qui a eu cette idée lumineuse sous les traits d’un de ses collègues du début du siècle dernier, tel que Tardi adore les représenter).
    Contre le pouvoir et avec les fusillés pour l’exemple
    Pour remettre les pendules à l’heure, Tardi s’est fendu d’un communiqué bien senti dans lequel il écrit notamment :
    "J’ai appris avec stupéfaction par les médias, au soir du (...)