Note de lecture

  • Dossier : Marx, Piketty et la crise capitaliste

    David Harvey, José Luis Lezama, Vicenç Navarro 16 juin 2014

    Le livre de l’économiste français Thomas Piketty, « Le Capital au XXe siècle » (Seuil, 2013) rencontre un succès impressionnant – et singulièrement aux Etats-Unis. Ce succès, ainsi que son contenu et ses propositions suscitent de nombreuses polémiques et controverses à gauche. Les contributions que nous publions ci-dessous se situent ainsi à divers niveaux critiques ; celle de Vicenç Navarro, économiste espagnol que l’on pourrait qualifier de « néo-keynésien de gauche », influencé par le marxisme, souligne les apports de Piketty tout en en pointant ses « silences ». David Harvey, géographe marxiste et spécialiste du « Capital » de Marx, s’attache quant à lui à une critique méthodologique et conceptuelle de (...)

  • "La richesse, la valeur et l’inestimable", de Jean-Marie Harribey

    Éric Toussaint 21 août 2013

    Jean-Marie Harribey a fourni un travail colossal pour mettre à la disposition des lectrices et des lecteurs cet important ouvrage qui a pour sous-titre « Fondements d’une critique socio-écologique de l’économie capitaliste » . L’auteur nous invite à découvrir ou revisiter les œuvres d’Adam Smith, de David Ricardo, de Karl Marx, de John Maynard Keynes et de bien d’autres en les confrontant au capitalisme actuel. Ce n’est pas une des moindres qualités de ce livre que de prendre la peine de résumer les travaux des classiques avant de les soumettre à la critique.
    Jean-Marie Harribey ne se contente pas de parcourir les sentiers sur lesquels ont cheminé les théoriciens de l’économie politique (Smith, (...)

  • Hommage à Orwell : « 1984 », contre-utopies, utopies et marxisme

    Michel Lequenne 18 août 2013

    L’année 2013 marque le 110e anniversaire de la naissance du grand écrivain révolutionnaire britannique George Orwell, l’auteur des célèbres « 1984 », « Hommage à la Catalogne » et « La Ferme des animaux ». Nous reproduisons ci-dessous une analyse critique de « 1984 » et des thématiques de l’utopie et de la contre-utopie en littérature, à la lumière du marxisme, rédigée par Michel Lequenne et publiée pour la première fois en 1984. (Avanti4.be)
    Quand « 1984 » paru en France en 1950, trois livres d’Orwell avaient déjà été publiés en français ; « La Vache enragée » (Down and Out in Paris and London), devenue dans la réédition « Dans la dèche à Paris et à Londres », « Et vive l’aspidistra », les deux ouvrages chez (...)

  • Bonnes feuilles de « Tunisie : la révolution et ses passés » de Nicolas Dot-Pouillard

    Nicolas Dot-Pouillard 7 avril 2013

    Nicolas Dot-Pouillard, « La Tunisie : la révolution et ses passés », Paris, L’Harmattan, 2013, 124 pages.
    Le 16 juillet 2012, Rached Ghannoushi est reconduit à la présidence du mouvement Ennahda . Le neuvième congrès de l’organisation islamiste est une démonstration de force politique : pendant quatre jours, ce sont 1103 délégués qui sont réunis au Palais du Kram, dans le nord de Tunis. Plusieurs milliers de sympathisants et de militants du parti ont assisté à la cérémonie d’ouverture ; les représentants des principales chancelleries occidentales sont présents, pour ne quitter la salle qu’une fois le représentant du Hamas palestinien, Khaled Meshaal, arrivé à la tribune. Le vice-président de la République (...)

  • Roland Pfefferkorn, « Genre et rapports sociaux de sexe »

    Viviane Albenga 23 décembre 2012

    L’ouvrage de Roland Pfefferkorn [Genre et rapports sociaux de sexe, Lausanne, Editions Page deux, coll. Empreinte, 2012] apporte un éclairage généalogique et théorique sur deux grands concepts issus de la théorie féministe : le genre et les rapports sociaux de sexe. D’une très grande clarté et d’une grande richesse dans les références mobilisées, l’ouvrage met ces concepts en discussion, l’auteur défendant davantage l’apport heuristique des rapports sociaux de sexe sans pour autant négliger de présenter toutes les nuances présentes dans les différentes théories du genre et dans les usages de ce concept.
    Ce point de vue affirmé avec finesse, argumenté et étayé par des références théoriques et empiriques, (...)

  • Rosa Luxemburg : À l’école du socialisme (Œuvres complètes - tome II)

    Critique Sociale 11 novembre 2012

    Ce recueil de textes (*) de Rosa Luxemburg (1871–1919), tous inédits en français, regroupe ses discours et articles polémiques sur la formation théorique au sein du mouvement ouvrier, ses recensions des œuvres posthumes de Karl Marx éditées par Franz Mehring ou Karl Kautsky, ainsi que les manuscrits historico-économiques rédigés durant ses années d’enseignement à l’école centrale du parti social-démocrate à Berlin de 1907 à 1913 – documents qui complètent l’Introduction à l’économie politique.
    Celle que l’on cantonne trop souvent à une apologie de la spontanéité interroge : que pourrait être une « éducation révolutionnaire », pourquoi lire Marx, quel rôle assigner à la critique de l’économie politique ?
    Rosa (...)

  • Recension de « George Orwell, de la guerre civile espagnole à 1984 » de Louis Gill

    Pierre Hodel 4 novembre 2012

    Parler de George Orwell, de son œuvre, et rappeler qu’il fut également partie prenante de la guerre d’Espagne en s’engageant dans les milices du POUM (Parti Ouvrier d’Unification Marxiste) n’est pas chose nouvelle. Mais la force du livre (*) de Louis Gill, c’est la clarté avec laquelle il expose sa thèse centrale : Georges Orwell s’est inspiré directement de son expérience pendant la guerre d’Espagne pour écrire La Ferme des Animaux et 1984. Le vocabulaire même de ses livres, les concepts qu’ils développent et leurs intrigues reproduisant l’opposition entre Trotsky et Staline, doivent tout à l’expérience d’Orwell en Espagne.
    L’ouvrage est découpé en deux parties. La première offre une synthèse (...)

  • Pour lire le Capital

    David Harvey 31 octobre 2012

    David Harvey est géographe et professeur à l’université de New York. Il vient de publier aux éditions La Ville Brûle un ouvrage introductif et didactique consacré au « Capital » de Karl Marx. En ces temps de crise capitaliste, la relecture de l’œuvre principale du marxisme s’impose plus que jamais. Nous reproduisons ci-dessous des extraits de l’introduction de ce livre où l’auteur explicite sa démarche. (Avanti4.be)
    " Le capital est du travail mort, qui ne s’anime qu’en suçant tel un vampire du travail vivant, et qui est d’autant plus vivant qu’il en suce davantage. " (Karl Marx)
    Mon but est de vous amener à lire le Livre l du Capital, à le lire tel que Marx voulait qu’il fût lu. [...] Vous devrez, pour (...)

  • « La chaîne de montage commence à la cuisine, au lavabo et dans nos corps ». Entretien avec la féministe Silvia Federici

    Manel Ros, Silvia Federici, Sylviane Dahan 24 octobre 2012

    Silvia Federici est professeure à la Hofstra University de New York et militante féministe depuis les années 1960. Son œuvre aborde la philosophie et la théorie féministe, l’histoire des femmes ou, plus récemment, l’impact des politiques du FMI et de la Banque mondiale en Afrique qu’elle a pu étudier de près après un long séjour au Nigeria. Mais Federici est surtout connue pour ses études détaillées sur les processus d’expropriation des corps et des savoirs, sur l’histoire de la chasse aux sorcières et sur les questions reproductives. Ce sont les thèmes qui sont au cœur de son ouvrage : « Caliban and the Witch : Women, the Body and Primitive Accumulation ». (Caliban et la sorcière : Femmes, corps et (...)

  • 45 ans après sa mort : Le Che est encore impertinent

    L’Anticapitaliste 10 octobre 2012

    Ministre de l’industrie à Cuba de 1962 à 1965, Ernesto Che Guevara s’est longuement interrogé sur les éléments à conserver et à détruire après la révolution, dans la perspective de construire une nouvelle économie socialiste. La publication en français (*) d’une partie de ses réflexions et des discussions au sein du ministère de l’Industrie illustre les préoccupations principales du Che dans cette phase de transition qui voit Cuba exproprier les grandes compagnies étrangères et par conséquent supprimer la base matérielle du capitalisme sur l’île.
    Mais supprimer la propriété privée des moyens de production ne signifie pas que les relations marchandes sont abolies, ni que la division du travail est dépassée. Sur (...)