Italie

  • Elections européennes en Italie : Renzi a gagné, mais l’Europe est en crise

    Thomas Müntzer 15 juin 2014

    1. Les résultats électoraux dans l’ensemble de l’Europe débouchent sur un Parlement européen difficilement gérable avec l’affaiblissement des deux principaux groupes (populaire et socialiste) et avec l’absence d’une majorité pour l’un des candidats à la présidence de la Commission européenne. L’Europe de l’austérité s’installe dans une crise politique sans précédent. Même dans des pays où la crise économique n’a pas encore eu des effets dévastateurs (France, Grande-Bretagne, Danemark, Autriche), les partis eurosceptiques de droite et d’extrême droite ont remporté un grand succès, sans doute causé par la peur de se voir plonger dans l’abîme par d’autres pays européens. Seule l’Allemagne semble se maintenir (...)

  • Italie : Renzi est la dernière cartouche du système

    Thomas Müntzer 16 mai 2014

    Une grande partie de l’Europe connaît déjà la nouvelle phase dans laquelle est entrée la politique italienne avec la formation du gouvernement de Matteo Renzi. D’abord élu Secrétaire du Parti Démocratique (PD) à la suite de la déception provoquée par les résultats aux dernières élections générales et de la paralysie du vieux groupe dirigeant, Renzi est passé, en à peine deux mois, de la direction du parti à la tête du gouvernement.
    Après les élections de février 2013, qui ont été marquées par le grand succès du Mouvement des Cinq Etoiles (M5S) de Beppe Grillo et par la défaite du PD, c’est ce dernier qui dirige maintenant l’exécutif. Mais il le fait en coalition avec le groupe de droite qui a abandonné Berlusconi (...)

  • Congrès de la CGIL en Italie : La gauche syndicale s’organise

    Andrea Martini 1er mai 2014

    Les 6, 7 et 8 mai prochains se tiendra à Rimini le XVIIe Congrès national de la Confederazione Generale Italiana del Lavoro (CGIL), le plus grand syndicat du pays. Héritier du syndicalisme de classe antérieur au fascisme, du syndicalisme de la résistance antifasciste, il est sans doute celui qui a le plus d’enracinement dans l’histoire de la classe ouvrière italienne. C’est le syndicat qui, après la Seconde Guerre mondiale, a réuni en son sein le travail syndical du Parti communiste et du Parti socialiste et qui, par la suite, a suivi toutes les involutions néolibérales des ces dernières décennies. L’acceptation du capitalisme comme horizon indépassable, l’évolution réformiste et l’adhésion au modèle (...)

  • Un seul grand projet : Le bourgeonnement des mouvements sociaux en Italie

    Alfredo Mazzamauro 22 janvier 2014

    La crise du logement s’aggrave en Italie et, dans ce contexte, les mouvements sociaux italiens sont de plus en plus unis dans leur opposition au néolibéralisme et à l’austérité.
    S’il fallait choisir une seule journée d’action pour représenter symboliquement le combat qui est actuellement mené en Italie contre l’austérité et le néolibéralisme, ce serait celle du 19 octobre 2013 – le jour du « soulèvement général » contre l’austérité. Ce jour-là, derrière une bannière proclamant « Un seul grand projet : un revenu et un toit pour tout le monde ! », pas moins de 100.000 personnes sont descendues dans les rues de Rome dans ce qu’on pourrait considérer comme l’une des manifestations les plus suivies des mouvements (...)

  • Italie : la crise s’étend à de nouveaux secteurs de la société

    Diego Giachetti 19 décembre 2013

    Ces derniers temps, l’Italie a été touchée par une agitation sociale sous forme de blocages de routes, occupations de places et de manifestations « surprise ». Les acteurs de ces manifestations sont des couches sociales qui ont peu l’habitude de ce type de lutte...
    Il s’agit de secteurs de la petite et moyenne bourgeoisie frappés de plein fouet par les retombées de la crise sur leurs revenus : des commerçants, des marchands ambulants, des artisans, des routiers, des petits paysans. Ceux-ci ont été rejoints par d’autres franges populaires plus ou moins aux marges de la société, dont des jeunes des quartiers périphériques, des chômeurs et aussi des étudiants, principalement des écoles techniques et (...)

  • Lampedusa : Qui sont les coupables ?

    Gippò Mukendi Ngandu 7 octobre 2013

    On en est toujours à compter les morts de l’immense tragédie de Lampedusa. Ils sont probablement plus de 300. Et sans doute 500 disparus. Il s’agit d’un gigantesque massacre annoncé. Tout au long des confins de l’Europe, la Méditerranée s’est en effet littéralement transformée en cimetière.
    Ils sont des milliers à s’être noyés dans ces eaux. Ils n’ont souvent pas de nom. Ce sont des femmes, des hommes, des enfants qui fuient la misère d’un continent africain dans lequel le capitalisme, hier sous sa forme colonialiste, aujourd’hui sous sa forme néolibérale et post-colonial, se manifeste dans toute sa barbarie, en produisant continuellement des guerres, en pillant et en détruisant des territoires entiers.
    En (...)

  • Dossier : La fin de Sinistra Critica et les défis de la gauche anticapitaliste

    Flavio C., Francesco Locantore, Gigi Malabarba, Gippò Mukendi Ngandu, Piero Maestri, Tatiana Montella 21 août 2013

    L’organisation anticapitaliste italienne « Sinistra Critica » (Gauche critique, section italienne de la IVe Internationale) a décidé de se dissoudre pour donner naissance à deux nouvelles organisations (Sinistra Anticapitalista et Solidarieta Internazionalista). Les clivages et les discussions qui ont divisé en deux parts quasiment égales cette organisation de la gauche radicale italienne ne manquent pas d’intérêt pour l’ensemble de la gauche révolutionnaire en Europe et ailleurs, car ils posent une série de questions fondamentales aujourd’hui pour son devenir. Le premier texte de ce dossier est la dernière déclaration commune de Sinistra Critica avant son auto-dissolution. Les trois autres textes ont (...)

  • Crise et débats dans la gauche radicale en Italie

    Piero Maestri 18 août 2013

    L’organisation anticapitaliste italienne « Sinistra Critica » (Gauche critique, section italienne de la IVe Internationale) a décidé de se dissoudre pour donner naissance à deux nouvelles organisations (« Sinistra Anticapitalista » et « Solidarieta Internazionalista »). Lors du dernier congrès de Sinistra Critica, deux projets distincts avaient en effet obtenus 50% des votes chacun, divisant ainsi l’organisation entre deux orientations difficilement conciliables. Les clivages et les discussions qui ont divisé cette organisation de la gauche radicale italienne ne manquent pas d’intérêt pour l’ensemble de la gauche révolutionnaire en Europe et ailleurs, car ils posent une série de questions fondamentales (...)

  • Italie : Non au Pacte de l’austérité !

    Sinistra Critica 22 mai 2013

    La CGIL (Confédération générale italienne du travail, historiquement proche du courant communiste, NdT) se dispose à signer avec la CSIL, l’UIL, Cofindustria (le patronat italien) un accord sur la représentation syndicale. C’est précisément à la veille de la manifestation de demain (18 mai) qu’a été convoquée une réunion d’urgence de la direction nationale du syndicat pour acter cette probable signature.
    Les dirigeants syndicaux vont ainsi une fois de plus duper les travailleuses et les travailleurs qui sortent dans la rue pour réclamer leurs droits et qui seront récompensés par une restriction supplémentaire de la démocratie sur les lieux de travail et par la limitation du droit de grève.
    La condition (...)

  • Elections en Italie : Instabilité durable en vue

    Nando Simeone, Andrea Martini 27 février 2013

    Moins de 10% des voix pour le candidat du gouvernement sortant, celui imposé par Merkel et la Banque centrale européenne ; un résultat fort décevant pour ce qu’il est convenu d’appeler le centre gauche ; un fiasco total des listes qualifiées d’extrême gauche ; la résurrection partielle de Silvio Berlusconi et, surtout, le succès des listes du comique populiste Beppe Grillo. Voilà de quoi promettre au pays une instabilité politique prononcée pour le plus grand dam des décideurs de Bruxelles. Comment interpréter les élections italiennes ? Réaction à chaud de Nando Simeone, ancien élu du Parti de la refondation communiste et membre de la direction nationale de Sinistra critica. (L’Anticapitaliste) (...)