Afrique

  • Tunisie : Quand l’Histoire recule par le bon côté

    Sadri Khiari 17 août 2013

    Deux cent cinquante mille ? Cent cinquante mille ? Peu importe les chiffres : nul ne peut contester l’ampleur extraordinaire de la mobilisation nationale qui s’est exprimée hier soir au Bardo. Une logistique impressionnante, de mystérieuses sources de financement, des complicités suspectes, certes.
    Mais seuls le ressentiment, la mauvaise foi ou un aveuglement volontaire peuvent prétendre que le rassemblement d’une foule aussi nombreuse à l’échelle de la Tunisie procède simplement de la manipulation. Des bourgeois de la Marsa, des chômeurs de Menzel Bouzaïene, des salariés d’un peu partout, des artistes « post-modernes », des gens venus juste pour faire la fête ou être dans le « mouv’ », bref une (...)

  • Débat : L’Egypte, l’islamisme et la gauche : Coup d’Etat ou Révolution permanente ?

    Brais Romanino, David Karvala, Santiago Alba Rico 8 août 2013

    Avec la montée d’un nouveau mouvement de masse, le coup d’Etat de l’armée contre le gouvernement des Frères Musulmans et la nouvelle situation ouverte depuis lors, les événements en Égypte sont d’une grande complexité, ce qui suscite, à gauche, confusions et débats sur la nature et la caractérisation de la phase actuelle du processus. S’agit-il d’une « seconde révolution », ou au contraire d’une « victoire de la contre-révolution » ? Ou bien d’un ensemble contradictoire où révolution et contre-révolution se chevauchent sans que l’une puisse encore prendre le dessus sur l’autre ? C’est ce qu’aborde le débat que nous reproduisons ci-dessous. Santiago Alba Rico, philosophe et écrivain marxiste vivant en Tunisie, met (...)

  • Stop au scandale de la détention et de la torture d’Ali Aarrass : Ecrivons tous !

    CAPJPO-EuroPalestine 3 août 2013

    Voilà plus de 5 ans que ce citoyen belge croupit en prison, notamment dans les geôles marocaines, alors qu’il a été reconnu innocent de tout acte de terrorisme par un juge européen. Au lieu d’intervenir, le gouvernement belge se tait. Actuellement en grève de la faim depuis 21 jours et de la soif depuis 7 jours, Ali Arrass est en danger. Sa famille, ses amis et tous les gens épris de justice, nous demandent d’intervenir.
    Ali Arrass est actuellement dans un état critique dans la prison de Salé, encore conscient, mais grabataire et incapable de parler. Il a a entamé sa grève de la faim le 10 Juillet, après que le personnel de pénitentiaire ait pénétré dans sa cellule, en son absence, enlevé sa (...)

  • Débat : sur les responsabilités politiques de l’assassinat de Mohammed Brahmi

    LGO, Santiago Alba Rico 2 août 2013

    L’assassinat d’un autre dirigeant du Front Populaire en Tunisie a déclenché une nouvelle vague de mobilisations populaires contre le gouvernement de coalition dirigé par Ennahdha. Fin connaisseur de la réalité sociale et politique nord-africaine et du monde arabe en général, Santiago Alba Rico (auteur, entre autres, des « chroniques de la révolution tunisienne ») s’est pourtant démarqué de l’unanimité de la gauche tunisienne à dénoncer Ennahdha comme le principal coupable et responsable de cet assassinat en soulignant les dangers d’alliances contre nature avec la droite laïque et d’un scénario « à l’égyptienne » pour la Tunisie. Nous publions ci-dessous son point de vue ainsi qu’une déclaration de (...)

  • Égypte : ni l’armée ni Morsi !

    Clive Bradley 29 juillet 2013

    Les événements en Egypte ont mis à mal l’image que tant d’experts de droite comme de gauche ont diffusé sur le monde musulman, selon laquelle les gens y sont dominés par — ou qu’ils ont un penchant automatique pour — des mouvements islamistes.
    Le mouvement contre Morsi a été un énorme mouvement populaire contre un gouvernement islamiste, et pas n’importe quel gouvernement islamiste non plus. Les Frères musulmans, et leur aile politique, sont à bien des égards le parti islamiste le plus redoutable, et il avait été élu démocratiquement.
    Mais ce qui a eu lieu est un coup d’Etat. Ce n’est pas quelque chose à célébrer, et c’est en fait très dangereux. La nature fondamentale du mouvement qui s’est développé (...)

  • Tunisie — Nouvel assassinat d’un dirigeant du Front Populaire. Comment agir face à l’échec du gouvernement Ennahdha ?

    Ahlem Belhadj, Dominique Lerouge 29 juillet 2013

    Moins de 6 mois après l’assassinat de Chokri Belaid, un deuxième dirigeant du Front Populaire Mohamed BRAHMI vient d’être assassiné de la même manière que celui-ci. Alors qu’il sortait de son domicile, il a reçu 11 balles tirées par des motards alors qu’il sortait de son domicile, le tout sous les yeux de sa femme et de ses enfants.
    Ce dirigeant d’un parti nationaliste de gauche, le Courant populaire, était député de Sidi Bouzid la ville où avait commencé la révolution en décembre 2010 et où ont eu lieu ces derniers mois de nombreuses mobilisations populaires contre le gouvernement et contre le siège local du parti islamo-conservateur au pouvoir, Ennahdha.
    Le Front populaire a immédiatement accusé ce (...)

  • Toute l’Egypte est Tahrir

    Ahmed Shawki 11 juillet 2013

    Le président égyptien Mohamed Morsi a été renversé par un militaire qui était l’épine dorsale du régime Moubarak Hosni avant la chute du dictateur. Pourtant, les célébrations de masse de la chute de Morsi sur la place Tahrir au Caire et ailleurs dans le pays représentent le vrai visage de cette dernière étape dans la révolution égyptienne.
    L’éviction de Morsi est survenue quatre jours après une journée de protestation de masse impliquant des millions et des millions de personnes qui a été l’aboutissement de la campagne de pétition lancée par Tamarod (Rébellion) qui appelait Morsi à démissionner. Les révolutionnaires égyptiens disent que la portée des manifestations du 30 juin est encore plus grande que celles (...)

  • L’Égypte entre révolution, coup d’État militaire et guerre civile

    Gilbert Achcar, Julien Salingue 11 juillet 2013

    Samedi 30 juin, entre 10 et 15 millions d’Egyptiens sont descendus dans les rues dans tout le pays pour crier leur volonté d’en finir avec le régime des Frères Musulmans. Mardi 3 juillet, l’armée, au terme de l’ultimatum qu’elle avait lancé au président Morsi, lui donnant 48 heures pour quitter le pouvoir, a destitué celui-ci et arrêté de nombreux dirigeants des Frères Musulmans. Elle exerce — provisoirement ? — seule le pouvoir tout en cherchant à former un gouvernement civil de coalition et en promettant des élections avant la fin de l’année.
    Les Frères Musulmans ont refusé d’accepter la prise de pouvoir par l’armée et organisé eux aussi des rassemblements de masse, qui sont néanmoins nettement moins (...)

  • Où va l’Egypte ?

    Esther Vivas 5 juillet 2013

    L’emblématique Place Tahrir du Caire a de nouveau été le cœur de la protestation sociale en Egypte. Et c’est un cri unanime exigeant la démission du président Mohammed Morsi qui s’est imposé. Mais la prise du pouvoir par l’armée, après quatre journées de protestations massives dans tout le pays, ouvre une série de questionnements sur l’avenir de la révolution. Nombreux sont ceux qui se demandent : où va l’Egypte ?
    La montée des Frères Musulmans au pouvoir fut aussi rapide que leur chute. Les aspirations et les espoirs de changements que beaucoup avaient posés en eux se sont évaporés après un an de gouvernement. Non seulement la situation ne s’est pas améliorée depuis lors, mais elle a empirée. La continuité (...)

  • Ce n’était qu’un début... Egypte, Révolution acte II : un espoir pour les peuples

    Jacques Chastaing, Olga Rodríguez, Santiago Alba Rico 3 juillet 2013

    Ce dimanche 30 juin, il y aurait eu entre 14 et 33 millions de manifestants pour exiger la chute de Morsi. Bien plus que lors des 18 jours cumulés de la révolution de janvier 2011. Probablement la plus grande manifestation de l’histoire de l’humanité ! Ses principaux organisateurs ont donné un ultimatum à Morsi le mardi 2 juillet à 17h pour « dégager », faute de quoi ils appelleraient à une grève générale illimitée et un mouvement de désobéissance civile jusqu’à ce qu’il tombe. La veille, l’armée lançait à son tour un ultimatum de 48h à Morsi pour satisfaire les demandes du peuple, sinon elle prendrait le pouvoir. Aussi nombreux que la veille, le peuple a à nouveau envahi les rues pour dire sa joie et fêter « (...)