Une femme enceinte perd son bébé au Centre 127bis de Zaventem

CRER 22 décembre 2012

« …en Belgique il vaut mieux être un évadé fiscal milliardaire français qui n’a aucun lien avec la Belgique plutôt qu’un réfugié afghan intégré depuis des années et dont la vie est menacée en cas de rapatriement ... » George Dallemagne, député fédéral CDH

Pourtant la loi est claire : la Belgique doit accueillir de façon humaine les demandeurs d’asile, en vertu d’une directive européenne, dite Directive accueil. La réalité est bien différente et ressemble à une loterie : les plus chanceux, une fois en Belgique, sont envoyés dans un centre ouvert pendant la durée de la procédure. Les autres sont détenus en centre fermé : des lieux de non-droit qui rassemblent les personnes destinées à l’expulsion du territoire belge.

Amir et Jasmine n’ont pas eu de chance. Fuyant la guerre, ils ont dû quitter l’Afghanistan. Ils avaient par ailleurs reçu des menaces de la part de la famille de Amir. Leur amour n’est pas toléré là-bas. Ils sont arrivés en Belgique avec le simple espoir de vivre librement leur amour mais celui-ci s’est brisé dès qu’ils ont mis un pied sur le sol belge. Arrêtes a l’aéroport de Zaventem ils ont été détenus dans un centre fermé. Cependant le pire restait encore à venir. Après une première demande d’asile rejetée, ils ont subi l’examen de la demande de libération dans des conditions inhumaines voire cruelles, sachant qu’à l’époque Jasmine était enceinte de 2 mois. On les a gardés séparés dans deux cages, sans nourriture et sans eau pendant dix heures. Cette situation a beaucoup fragilisé Jasmine qui a perdu par la suite son bébé. Les gardiens ont refusé d’appeler l’ambulance alors qu’elle saignait. C’est l’avocat qui a dû intervenir. Que serait-il arrivé à Jasmine sans cette intervention ?

Aujourd’hui Amir et Jasmine sont très affectés par ce qu’ils ont vécu. Ils attendent qu’une nouvelle demande de libération soit bientôt examinée, suivie par une nouvelle demande d’asile, mais leur rêve de jeune couple a été brisé, ils ont peur d’envisager l’avenir. "Que doit-on perdre d’autre pour pouvoir survivre ?", écrit Amir dans une lettre à son avocat. "N’a-t-on pas perdu assez ? Notre vie en Afghanistan, la confiance de nos familles, notre emploi, l’argent que nous avions mis de côté, notre liberté, notre enfant…"

Que doit-on perdre encore pour que la Belgique nous laisse vivre en tant que réfugiés ?

La Crer, ensemble avec d’autres associations, vous invite à contribuer à l’élaboration d’un argumentaire pour demander aux députés fédéraux et sénateurs d’interdire l’enfermement de femmes enceintes, clairement considérées comme des catégories vulnérables et protégées par plusieurs conventions ratifiées par la Belgique.

Signataires :

CRER (Bxl) – Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation
SCI (Bxl) – Service Civile Internationale
CRACPE (Liege) – Collectif de Resistance Aux Centres Pour Etrangers
ARLAC (Bxl) Association de Refugies Latino-Américains et des Caraïbes
CSP Belgique – Collectif des Sans Papiers Belgique
Maitre George Henry Bauthier
Jean Cornil, ancien Sénateur Socialiste
Anne Lowenthael, Communicatrice
Joseph Burnot, animateur CEPAG

Contact : 0496 403309

CRER / Tel : 0474 08 85 35
Info : http://regularisation.canalblog.com/
Soutien au N° Triodos : 523 - 0801898 - 74