UE : Stop ou encore ? Un débat nécessaire

Nikos Loudos 19 mars 2014

Il n’y a jamais eu « deux âmes » dans l’Union européenne : une âme d’humanisme et de démocratie et une autre du capital. Depuis sa fondation en tant que Communté Economique Européenne dans les années 1950, l’UE est un quartier général qui coordonne les intérêts des grandes entreprises contre les peuples.

Dans les années 1960, les partis communistes ont très rapitement transigés avec l’UE. Bien qu’affirmaient au début que l’UE était un choix de la classe dominante, ils commencèrent très vite à parler d’ « utiliser ses institutions ». Or cela fait plus de 50 ans qu’aucune force de gauche n’a pu « utiliser » ces institutions européennes.

Ce débat se rouvre à nouveau dans la gauche aujourd’hui et cela pour de nombreuses raisons. L’une d’elles est la possibilité que le parti grec de gauche, Syriza, forme un gouvernement après les prochaines élections. La direction de Syriza affirme qu’un affrontement ou une rupture avec l’UE n’est pas nécessaire et affirme qu’un gouvernement de gauche pourra mieux négocier, rejeter l’austérité et, ainsi, « sauver » la zone euro.

La réalité est qu’aucun gouvernement de gauche d’aucun pays ne peut réformer l’UE. C’est plutôt le contraire qui peut se passer. L’UE est un mécanisme qui va exercer une pression sur tout gouvernement qui tente de prendre ses distances avec l’austérité. L’UE ne va pas permettre des impôts supplémentaires aux capitalistes, ni la nationalisation des entreprises qui ferment ou qui licencient. Si les capitalistes tentent l’arme de la « fuite des capitaux », l’UE ne va pas permettre de limitations à la « libre circulation des capitaux ». Toutes ces mesures, qui sont réellement nécessaires, sont aux yeux de l’UE une agression directe contre le libre marché.

La même chose se passe avec la dette. Si un gouvernement cesse de payer sa dette extérieure, les banquiers de Francfort fermeront le robinet financier afin d’exercer un chantage : ou bien l’argent des salaires et des pensions est destiné à payer les banquiers, ou bien le pays devra quitter la zone euro.

Le mouvement ouvrier doit se préparer à cet affrontement. La gauche qui a peur d’ouvrir cette discussion se lie les mains à l’avance.

Nikos Loudos est membre de l’organisation marxiste SEK en Grèce, qui fait partie de la coalition anticapitaliste Antarsya.

Source :
http://enlucha.org/diari/ue-si-o-no-un-debate-necesario/#.Uwiggl4sL8Y
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera