Solidarité avec les réfugiés palestiniens du camp de Yarmouk en Syrie

Alain Pojolat 25 janvier 2014

Dans la guerre civile qui ravage toute la Syrie, le peuple palestinien subit une répression particulière. Pris en tenaille dans un conflit qui ne les concerne qu’indirectement, le pouvoir de Bachar el-Assad entend lui faire payer sa participation au côté des autres communautés syriennes au soulèvement populaire contre la dictature.

Peuplé de 150 000 réfugiéEs en 2011, le camp de Yarmouk ne compte plus aujourd’hui que 18 000 survivantEs dans un champ de ruines. Encerclés par l’armée, pris dans un piège redoutable d’efficacité, affamés par un blocus alimentaire et sanitaire de près d’un an, les habitantEs épuiséEs en sont réduits à manger... de l’herbe. Plusieurs dizaines de personnes sont mortes de faim ou de déshydratation. Voie stratégique pour l’armée syrienne comme pour les rebelles, le camp de Yarmouk situé entre l’aéroport et le centre de Damas, est l’objet d’affrontements armés permanents, infligeant à ses habitants des souffrances intolérables.

Que font les autorités inter­nationales face cette tragédie  ?

Rien... ou presque  : le porte­-parole de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens a indiqué que l’UNRWA avait fourni... 200 paquets de nourriture, à condition que ceux-ci soient remis à la population et pas aux combattants. Le «  responsable des droits de l’homme  » à l’ONU a averti que «  les entraves qu’imposent les forces pro-gouvernementales à l’arrivée de l’aide destinée aux réfugiés de Yarmouk pourraient constituer un crime de guerre  »... Bachar en tremble encore  !

Que font les organisations palestiniennes  ?

L’évolution de la situation vers une guerre totale entre l’armée syrienne et l’Armée syrienne libre a laissé peu de place à l’expression d’une contestation autre qu’armée, à laquelle la grande majorité des réfugiés palestiniens n’a pas pris part, à l’exception de deux organisations (minoritaires) qui soutiennent la dictature  : le FPLP-CG (Ahmed Jibril) et le Fatha-Intifada. En dehors des deux exceptions, l’ensemble des forces politiques refusent de s’impliquer dans un conflit qu’ils ne considèrent pas comme le leur.

Comment soutenir les réfugiés palestiniens de Yarmouk  ?

Plusieurs initiatives sont en cour pour faire parvenir directement une aide d’urgence  : le Croissant rouge palestinien lancera dans les prochains jours une campagne «  pour venir en aide aux populations civiles assiégées  ». L’AFPS (Association France Palestine Solidarité) mobilise son fonds (SOS Palestine) dans le même but. Au-delà de l’urgence de la situation qui nécessite un soutien financier rapide, les anticapitalistes doivent plus que jamais se mobiliser sur la question du soutien au peuple palestinien, soutien qui ne réduit pas aux seules actions de la campagne BDS.

2014 est paraît-il l’année de la Palestine, faisons en sorte que cette déclaration d’intention se transforme en actes. La tragédie de Yarmouk est là pour nous rappeler que la question du droit au retour des réfugiéEs palestiniens ne peut pas être toujours repoussée à plus tard. Il en est de même pour la levée du blocus de Gaza qui nécessiterait à elle seule une nouvelle campagne internationale.

Paru dans Hebdo L’Anticapitaliste - 226 (23/01/2014). http://npa2009.org/

Des détenus dans les prisons israéliennes se cotisent pour les Palestiniens que Bachar affame jusqu’à la mort à Yarmouk

Le Club des prisonniers palestiniens a annoncé la décision des prisonniers palestiniens de la prison de Gilboa à participer à la campagne de secours des populations du camp de Yarmouk en Syrie, en versant une somme de 500 shekels prélevée sur leur solde, soit près de 140 dollars.

Le Club des prisonniers a dit que les prisonniers de Gilboa enverraient la liste des prisonniers qui avaient décidé de verser une partie de leur solde mensuel aux Palestiniens du camp de Yarmouk dans les prochains jours.

Le prisonnier « Mou’ayed Jarradat » a précisé que la décision des prisonniers confirme que le mouvement des prisonniers est partie intégrante du peuple, qu’il souffre de ce qui se passe dans le camp de Yarmouk et qu’il s’intéresse à tous les problèmes concernant le peuple palestinien, où qu’il se trouve.

Le camp de Yarmouk souffre du blocus meurtrier imposé par le régime de Bachar Al Assad aux habitants palestiniens et syriens. La situation sanitaire s’est dégradée de façon insupportable, conduisant à nombreux décès dus à la faim, à la pénurie de nourriture et de médicaments.

Le blocus de Bachar contre les Palestiniens de Yarmouk rappelle ce que son père Hafedh avait commis avant lui dans le camp de Tell Zaatar au Liban en 1976, lorsque Hafedh avait cerné avec ses forces et l’aide de ses alliés des milliers de Palestiniens et en avait tué un grand nombre, au terme d’un siège sévère qui avait duré près de deux mois.

Syria.frontline
9 janvier 2004
http://syria.frontline.left.over-blog.com/article-121980896.html
Traduction de l’arabe, Luiza Toscane.
Source : http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30801