Semira : on n’oublie pas : Dénoncer sans relâche les centres fermés, les expulsions et les violences policières

Bruxelles Laïque, LDH 18 septembre 2013

Le 22 septembre 2013, cela fera quinze ans que Semira Adamu a été assassinée par l’Etat belge et ses politiques migratoires lors de son rapatriement forcé. Fuyant le Nigeria, Semira Adamu est arrivée en Belgique le 25 mars 1998, âgée de presque vingt ans. Arrêtée à Zaventem et incarcérée au centre fermé 127bis de Steenokkerzeel, elle a introduit une demande d’asile, motivée par la fuite d’un mariage forcé avec un polygame de 65 ans, qui a été refusée.

L’Office des Etrangers a, malgré cette situation, décidé d’organiser son rapatriement forcé. Lors de sa sixième tentative d’expulsion, le 22 septembre 1998, pas moins de neuf gendarmes ont été mobilisés pour l’embarquement. Cachée des regards des passagers par cette escorte, elle s’est retrouvée pieds et mains menottés, pliée en deux, un coussin devant la bouche et la pression d’un gendarme sur le dos. Alors que pour toute forme de résistance, Semira chantait, cette contrainte a été exercée pendant une quinzaine de minutes et a fini par plonger Semira dans le coma. Semira Adamu est décédée d’une encéphalopathie anoxique avec œdème cérébral.

Ce ne fut ni le premier ni le dernier décès provoqué par la politique belge d’enfermement et d’éloignement des étrangers. Mais Semira et son destin tragique est devenue le symbole de la résistance à l’intérieur des centres. Il aura fallu ce scandale pour que la société prenne conscience de la violence des politiques de détention et d’expulsion des étrangers.

Depuis, chaque année autour du 22 septembre, une manifestation est organisée en sa mémoire.

En 2013, il nous paraît primordial de marquer un grand coup et de perpétuer le combat de Semira Adamu comme de toutes les personnes victimes des (non) politiques d’asile et de migration de nos gouvernements. D’abord pour que les « moins de vingt ans » prennent connaissance de cette histoire qui a fait la honte de la Belgique. Ensuite pour rappeler que depuis 1998 les choses n’ont pas énormément changé dans les centres fermés. Pour attirer aussi l’attention sur les violences policières qui continuent à frapper les personnes migrantes qui résistent… et ceux qui les soutiennent. Cette initiative s’inscrit également dans la volonté de constituer un front large pour les droits des migrants et contre la précarisation généralisée.

Dans ce contexte, un grand meeting-concert gratuit sera organisé le dimanche 22 septembre 2013, de 14 à 21 heures, sur la place Rouppe à Bruxelles.

Au programme : stand d’information, animations, rappel des faits, témoignages et hommages à Sémira et à tous les migrants. Le tout, ponctués par des concerts et prises de position de Oghene Kologbo & World squad, Claude Semal, Hydra, Daniel Hélin et ASIAN DUB FOUNDATION.

Ce meeting escompte faire progresser les revendications suivantes : suppression des centres fermés ; arrêt des expulsions ; condamnation des violences policières ; révision des politiques d’asile et de migration en vue de les acheminer vers la liberté de circulation pour toutes et tous, seule position cohérente et respectueuse des droits humains.

Plus d’info : www.semira2013.be

Contact PRESSE : Mathieu Bietlot 5Bruxelles Laïque° bruxelles.laique@laicite.be – 02 289 69 00 –– m.bietlot@laicite.be - 0472 67 01 54

Des interviews avec les groupes qui joueront lors de cet hommage sont possibles.
Merci de contacter David Morelli (LDH) – 02 209 62 86 – communication@liguedh.be si vous souhaitez recontrer l’un de ceux-ci.

Meeting organisé à l’initiative de Bruxelles Laïque avec le soutien de : Attac Bxl 1, CADTM, CAL, CAL Brabant Wallon, CAL Liège, Centrale Générale de la FGTB, CGSP enseignement, CIRE, CNCD-11.11.11, CNE, CRACPE, CRER, DéCLiC, Dynamo international, Ecolo Bxl, Ecolo, Egalité, FGTB Bruxelles, FGTB Wallonne, FPS – Solidaris, Groen Bxl, JAC, Jeunes FGTB, JOC, LCR, LDH, Linx +, Marche des migrants de la région du Centre, MOC, MRAX, PAC, Point d’Appui, PSL, PTB, SCI, Sireas, SPBelgique,Territoires de la mémoire, ULB, UPJB