Saluons l’excellente collaboration entre Maggie De Block et les Talibans

Thomas Gunzig 16 octobre 2013

Le « Café serré » de Thomas Gunzig de ce mercredi 16 octobre sur la Première radio…

Bonjour Georges, bonjour tout le monde, bonjour Monsieur Maingain,

Alors, vous le savez, souvent dans Matin Première, nous pointons les dysfonctionnements du monde dans lequel nous vivons. Et c’est vrai qu’ils sont nombreux. Combien de gouvernements, combien de conseils des ministres et combien de ministres, combien de kerns, combien de commissions spéciales, de rapports d’experts, de rapports d’audit n’avons-nous pas vu œuvrer dans un domaine ou un autre avec autant d’efficacité que des casseroles trouées pour des résultats aussi ambigus que celui obtenu en pissant contre le vent ? Et ça, Monsieur Maingain qui fait de la voile voit très bien de quoi je parle.

Mais alors, malgré tout, au milieu de toute cette agitation stérile et de cette déperdition d’énergie, parfois, il y a des choses qui fonctionnent vraiment bien, des collaborations inattendues mais véritablement efficaces, des associations qui donnent du résultat. Du coup, ce matin, je tire un coup de chapeau tout particulier à Maggie De Block et aux Talibans dont l’étroite collaboration et enthousiaste collaboration a pu conduire au règlement définitif du problème posé par Aref, ce jeune Afghan de 20 ans. Un bel exemple que je qualifierais de relation win-win.

Je résume l’histoire tant elle est exemplaire de la façon dont les choses peuvent parfois bien fonctionner.

Aref est né en Afghanistan. Et ça, vous allez dire, c’est déjà un beau manque de savoir vivre. Quand il a eu 19 ans, les Talibans ont fait leur boulot de Talibans et ils lui ont demandé de devenir martyr en se faisant exploser quelque part et en tuant des gens. Alors, excusez-moi, mais est-ce que c’était une demande si énorme ? Est-ce que c’était vraiment si difficile ? Est-ce que ce jeune homme avait vraiment quelque chose de mieux à faire ? Non, certainement. Et pourtant, Monsieur refuse, du genre « Ah non, les bombes, le terrorisme, c’est pas mon truc ». Mais tu es Afghan, oui on non, Aref ? Bon. Du coup, les Talibans lui ont ré-expliqué calmement que tout ce qu’ils voulaient c’était son bien. Et très pédagogiquement ils lui ont ouvert le crâne en lui tappant dessus et ils lui ont coupé le gros orteil.

Mais là non plus, il n’a pas compris, Aref. Pire, il est parti. Il est parti en Belgique. Comme si il n’avait pas lu la documentation spécifiant que si la Belgique est une terre d’accueil, c’est essentiellement du côté de Uccle, Ixelles et Néchin. Une mauvaise foi crasse ce Monsieur. Heureusement que les services compétents ont dans ce cas fait leur travail et, en avant à Vottem, où je le souligne, Aref fut logé et nourri avec notre argent et chauffé avec le gaz venu d’Afghanistan et pour la protection duquel les Talibans sont devenus les Talibans. Mais oui, tout est dans tout.

Bon, après ça, sans se rendre compte que c’était complètement ridicule, il a eu le culot de faire une demande d’asile. Une demande d’ailleurs rejetée quatre fois parce que, comme le soulignait avec beaucoup d’à propos le centre pour les réfugiés, sa vie n’était pas en danger dans son pays d’origine contrairement, par exemple, à celle de Bernard Arnault dans la République soviétique de France.

Du coup, il a rejoint les rangs des SDF. Et çà, c’est encore quelque chose que je ne comprends pas. Il y a tellement de jolies maisons à Bruxelles. Quel plaisir peut-on bien trouver à traîner pendant des semaines dans des bouches de métro qui sentent le pipi, à dormir sur des cartons Aldi, à se prendre des coups de pied ? Toujours est-il qu’il a fini par accepter le très généreux programme de retour volontaire proposé par Fedasil où, avec notre argent encore, on vous paye le tram, l’avion en plus des 250 euros réglementaires, à savoir un tiers de l’iPhone 5 de Maggie De Block acheté avec notre argent, mais ça Maggie, c’est du fond du cœur.

Bon, alors, évidemment, il y a 3 jours, Aref, de retour chez lui s’est fait pédagogiquement abattre par les Talibans qui ce coup-ci n’ont pas raté leur coup, contrairement au travail bâclé auquel on avait eu droit avec la petite Malala. Comme quoi, à l’image de Maggie de Block et du CGRA, ils se perfectionnent de jour en jour et ça c’est quand même une chouette nouvelle.