Réponse aux non-sens du Vlaams Blok au conseil de district d’Anvers

Nadine Peeters 13 janvier 2013

Au conseil de district d’Anvers, Karima Amaliki, une élue du PTB portant le foulard est, pour ce dernier fait, l’objet d’attaques de la part des fascistes du Vlaams Belang. Dans ce court texte, Nadine Peeters, autre élue PTB, y répond (Avanti4.be)

Le Vlaams Belang, par la voix de Hilde De Lobel cette fois-ci, s’est scandalisé de la présence (au conseil de district) de Karima Amaliki. Eh bien, Karima n’est pas la première élue portant un foulard. Il y a un mois, Aysel Bayraktar, membre du SP.a, a prêtée serment au conseil provincial en portant le foulard. Mais que le Vlaams Belang utilise aujourd’hui le foulard de notre élue Karima Amaliki pour promouvoir la division et l’islamophobie, ne nous étonne pas. Cela doit leur faire mal de constater que les élus du Vlaams Belang du district d’Anvers aient obtenu bien moins de votes que Karima.

Mais de quoi s’agit-il ?

Le district d’Anvers-Ville n’est pas seulement le district le plus grand, mais aussi celui qui compte la plus grande diversité. La nouvelle équipe élue reflète bien cette diversité de la population : il y a un élu Juif, un d’origine pakistanaise, plusieurs ont des racines marocaines et turques, il y a un Africain et le chef du conseil lui-même est d’origine turque.

Allons-nous donc refuser des élus catholiques parce qu’ils portent une croix ? Allons-nous interdire à Samuel Markowitz de siéger dans le conseil parce qu’il porte la kippa ? Allons-nous rejeter des élus musulmans, comme Karima Maliki ? Où est la limite ? Il n’est pas possible d’exclure des gens à cause de leur origine, de leur sexe ou de leur religion. C’est de la discrimination.

L’égalité entre les hommes et les femmes nous concerne beaucoup comme PTB. Mais si cette égalité est utilisée pour exclure tout un groupe de femmes, nous sommes les premiers à nous y opposer.

Nous sommes contre l’imposition dans les deux cas : obliger ou interdire le port du foulard. Dans les deux cas il s’agit d’une imposition. Il ne s’agit plus d’une liberté religieuse. En ce qui nous concerne, la religion est une affaire privée. L’origine ou la religion des uns et des autres n’a pas beaucoup d’importance.

Nous croyons en Karima, parce qu’à partir de sa propre expérience, elle sait très bien de quoi il s’agit quand on parle d’écoles surpeuplées, ou de longues listes d’attentes pour obtenir un logement social, ou d’habiter dans des quartiers populaires comme le Kiel, ou d’avoir des problèmes pour payer les soins médicaux ou encore d’être victime d’une discrimination.

Essayons s’il vous plaît de siéger dans cet arrondissement pour mener une politique qui prend les besoins de ses habitants comme point de départ et essayons de créer des ponts au lieu de créer des divisions. Cela sera notre défi pour les six années à venir.

Nadine Peeters (à gauche sur la photo) est présidente de la fraction PTB+ dans le district d’Anvers-Ville. Traduction française pour Avanti4.be : Chris Den Hond