Que vaut la « réalité » économique face à la réalité de la détresse humaine ?

Jeunes FGTB Liège-Huy-Waremme 15 octobre 2013

Alain Vigneron, sidérurgiste liégeois de 45 ans, s’est suicidé en laissant une lettre d’adieu poignante où il accuse le patron d’Arcelor : "Mittal m’a tout repris : la fierté, la politesse et le courage de me battre pour ma famille". Il y interpelle directement les autorités politiques : "allez-vous enfin sauver les milliers d’emplois des familles qui en valent la peine ?". Lettre qu’il conclut par un "Merci à tous les battants." Nous saluons la mémoire de ce travailleur, victime de l’"horreur économique" capitaliste, et exprimons toute notre solidarité à ses proches et à ses collègues. Ce drame - cet assassinat en réalité - ne doit pas rester impuni et sans lendemain. C’est un appel aux consciences et à lutter contre ce système et ses responsables qu’il nous adresse. Nous reproduisons ci dessous un communiqué des Jeunes FGTB de Liège-Huy-Waremme.(Avanti4.be)

Le capitalisme tue ! Ici, là-bas, toujours (ou trop souvent) ! le bassin sidérurgique liégeois perd (et pleure) aujourd’hui, de nouveau, un travailleur, un camarade, un mari, un papa. Depuis deux ans maintenant, ArcelorMittal et les politiques baladent les travailleurs d’espoir en désespoir. Au nom de quoi ? D’un certain pragmatisme économique. Cependant, la logique économique n’est pas un pansement qui peut couvrir la détresse humaine des travailleurs d’une région. Trop souvent, meurtris dans leur chair, ceux-ci continuent inlassablement d’agir avec pragmatisme afin de payer les factures en fin de mois ou d’assurer à leurs enfants le droit d’aller à l’école.

Il est de ceux qui n’ont plus la force, après les coups à répétition reçus, de se battre (ou la force leur manque). Et puis, il y en a d’autres, ardents dans la lutte, toujours là pour motiver les troupes, remonter le moral et faire en sorte que ces moments tragiques le soient un peu moins.

Alain, était de ceux-là. Ceux-là qui œuvrent pour un avenir meilleur, pour le bien-être commun et pour une sidérurgie intégrée à Liège.

Nous ne voulons pas que cet acte soit analysé comme un désespoir mais comme un cri d’alerte. Trop, c’est trop !

Camarade, Alain, nous continuerons le combat, ton combat. Sois-en sûr !

La force de tes idées se perpétuera malgré ton absence.

C’est pourquoi, nous, les Jeunes FGTB Liège-Huy-Waremme, nous associons aux délégations syndicales d’ArcelorMittal afin d’apporter tout notre soutien et toutes nos condoléances à la famille, aux parents, aux camarades d’Alain.

La Centrale Jeunes FGTB Liège-Huy-Waremme