Petit mot de soutien aux jeunes FGTB de Charleroi...

Jean-François Tamellini 3 mai 2014

Nous sommes en tant qu’organisation syndicale un contre pouvoir et devons à ce titre défendre l’indépendance syndicale. Condition indispensable pour peser sur les partis afin de défendre les intérêts des travailleurs, sur base de notre projet de société anticapitaliste, partant de notre projet de transformation radicale de la société.

Qui remet en cause cette indépendance syndicale ? Les jeunes ? Certainement pas !

Ce qui me poserait un réel problème à titre personnel, en tant que militant anticapitaliste, ce serait que les jeunes ne crient pas leur colère et leur rage de voir le gouvernement ne leur proposer aucune perspective d’avenir...

Le chômage explose, laissant énormément de jeunes sur le carreau. Pour ceux qui parviennent à trouver un boulot, les contrats et conditions de travail sont de plus en plus précaires, englués dans un modèle de compétitivité qui pousse les travailleurs les uns contre les autres. Les services publics, ces outils de redistribution des richesses qui doivent permettre de réduire les inégalités entre jeunes issus de milieux défavorisés et les autres, pour leur permettre de pouvoir avoir accès à un enseignement de qualité par exemple, sont laminés...

Et il faudrait que les jeunes courbent l’échine et attendent calmement que cela passe ? Les jeunes ne pourraient pas exprimer leur rage et leur dégoût sur ceux qui cherchent à les enfoncer ou qui ne proposent comme solution que des pansements sur des jambes de bois plutôt que de s’attaquer aux causes réelles du problème ?

Je me réjouis que les jeunes osent remettre en avant la lutte des classes et portent haut et fort nos couleurs. J’applaudis et j’encourage cette jeunesse militante, engagée, combattive, qui refuse le TINA (There is no alternative) que certains veulent nous faire avaler. Et qui proposent une alternative à l’austérité et à l’exploitation qui nous mènent TOUS droit dans le gouffre.

Dans le cadre des dossiers que je gère en tant que Secrétaire fédéral, ce sont les jeunes qui ont mis la pression au moment où il fallait la mettre au sein des structures pour que l’on insère dans notre mémorandum un chapitre essentiel pour la défense des migrants et pour l’arrêt immédiat des expulsions des afghans du Béguinage. Parce que nos jeunes sont résolument antifascistes, convaincus que tous les travailleurs appartiennent à une seule classe !

Et dans la campagne pour le renforcement des pensions, les jeunes ont également pesė pour renforcer le message de l’indispensable solidarité intergénérationnelle pour laquelle nous nous battons à la FGTB...

Nous sommes une organisation démocratique et en bout de course, c’est la majorité qui fixe la ligne. Qui le remet en cause ? Mais la voix des jeunes, comme celle des aînés, des femmes et de nos autres militants aura toujours sa place quand il s’agira de renforcer nos valeurs et de faire vivre notre déclaration de principe sur base des réalités vécues sur le terrain !

Le message que j’ai entendu de la part des jeunes est celui de replacer le curseur à gauche toute, de peser sur les partis qui se disent de gauche pour qu’ils s’attaquent aux causes réelles du problème et recréent des perspectives d’avenir. Tout comme les jeunes mettent la pression au sein de la FGTB pour renforcer notre projet de société anticapitaliste. Ce message nous renforce, il ne nous affaiblit pas !

Où est le problème ? L’erreur serait de ne pas les écouter ! Que ce soit de la part des partis ou au sein de la FGTB...

Le jour où je m’inquiéterais réellement de l’attitude des jeunes, c’est le jour où ils se seront éteints. Le jour où ils ne nous pousseront plus à sortir d’un système qui exploite et qui tue... Le jour où ils descendront tous dans la rue en scandant d’une seule voix "No Future", exprimant la fin de leurs espoirs de changement... Parce que si ce jour-là arrive, si nous ne trouvons pas la voie pour recréer un avenir à la jeunesse, celle qui croit encore et se bat pour la solidarité, ce n’est plus à coup de discours que les jeunes s’exprimeront...

Jean-François Tamellini
Secrétaire fédéral FGTB

Source : https://www.facebook.com/jeanfrancois.fgtb