Non à l’offensive israélienne contre Gaza !

ABP, CNAPD, CNCD, UPJB 11 juillet 2014

L’Union des Progressistes Juifs de Belgique est horrifiée par l’escalade de violence à laquelle se livre l’armée israélienne dans la Bande de Gaza. S’il s’agit de représailles suite à l’enlèvement et à l’assassinat des trois adolescents israéliens et aux tirs de roquettes du Hamas et du Jihad Islamique, la riposte est totalement disproportionnée.

Mais quel est le but de cette manœuvre ? Pourquoi cette offensive précisément à l’heure du nouveau gouvernement palestinien d’unité nationale ?

Ne soyons pas dupes des justifications apportées par le gouvernement de Benjamin Netanyahou à la communauté internationale. Le véritable objectif de cette offensive est de briser la résistance palestinienne et le gouvernement d’unité nationale qui prétend la représenter et qui – en devenant un interlocuteur plus crédible aux yeux de la communauté internationale – pourrait prendre des initiatives diplomatiques en vue de mettre fin à la politique d’occupation, à la colonisation, faire appliquer le droit international et établir enfin un Etat palestinien viable.

La politique israélienne d’occupation est un but en soi pour les gouvernements successifs et la présente offensive vise à le poursuivre : depuis 1967 la « sécurité » n’est qu’un prétexte à l’occupation.

Nous condamnons les kidnappings et mises à mort de jeunes civils, qu’ils soient Israéliens ou Palestiniens. Mais nous sommes indignés par le châtiment collectif qu’Israël fait subir à la population de la Bande de Gaza et nos pensées vont aux victimes civiles des deux peuples.

Nous appelons le gouvernement belge et l’Union européenne à condamner sans ambiguïté l’agression israélienne contre Gaza, à mettre fin aux accords privilégiés qui lient nos Etats à Israël et à mettre tout en œuvre, y compris des sanctions économiques, pour qu’Israël se conforme au droit international.

Comme organisation juive de gauche, l’UPJB tient à réaffirmer les valeurs d’égalité, de paix et de justice, seules à même d’inspirer aux peuples et à leurs dirigeants une politique menant à la réconciliation et à la sécurité pour tous les habitants de la région.

11 juillet 2014

Le Conseil d’Administration de l’UPJB

Israël : La CNAPD appelle les citoyens belges à exprimer leur indignation

CNAPD

Depuis quelques jours, désarroi et malaise se font sentir. Manifestations, communiqués de presse, cartes blanches, et autres articles fusent de toute part en réaction à la situation en Israël et dans la Bande de Gaza. À juste titre, d’ailleurs. Mais face à tant d’aberrations, que faire si ce n’est continuer à rappeler le caractère illégal, arbitraire et injustifiable des actions israéliennes et exhorter les citoyens à s’y opposer ?

Palestine/Israël. Didier Reynders en appelait ce mercredi 09 juillet à la « retenue ». Un choix terminologique curieux quand on sait que, d’après le dictionnaire Larousse, la retenue est la qualité reconnue à quelqu’un de garder de la mesure dans ses réactions.

Sans doute ces mots sonneront avec âcreté à l’oreille des familles des nombreuses victimes que les raids aériens israéliens ont causées depuis lundi. Elles ne trouveront probablement pas plus de réconfort dans le « regret » qu’exprime notre Ministre des Affaires étrangères, que les opérations israéliennes aient fait des victimes civiles. Heureusement, pour les défenseurs de la non-violence, Monsieur Reynders « condamne fermement » les roquettes lancées par des groupes armés palestiniens.

Pour cynique qu’il puisse paraître, ce communiqué du chef de la diplomatie belge en dit malheureusement long sur la duplicité coupable des chancelleries occidentales qui observent et appuient l’impunité laissée au gouvernement israélien d’élargir quotidiennement la liste de ses violations du droit international et du droit international humanitaire.

La CNAPD veut une nouvelle fois rappeler sa condamnation de toutes formes de violence. Le cycle qui s’est engagé depuis l’enlèvement des trois colons près d’Hébron enferme, comme à chaque fois, les populations civiles dans l’étau de la terreur et les éloigne toujours un peu plus de la perspective d’un avenir stable et pacifié. Pour sortir de ce cycle répétitif et destructeur, il faut continuer à rappeler les conditions qui rendent possible cette escalade de haine : l’occupation, les méthodes de guerre d’Israël, le blocus de Gaza, la colonisation galopante, le mur d’apartheid construit par Israël, l’annexion de territoires, l’oppression quotidienne, etc.

La CNAPD se joint aux revendications de nombreuses associations de la société civile belge qui demandent aux autorités belges et européennes de faire pression pour que cessent immédiatement les hostilités et pour empêcher l’escalade annoncée. Le Conseil de sécurité qui se réunit en urgence doit empêcher l’invasion terrestre de Gaza et imposer la cessation des violences.

Dans un second temps, la CNAPD entend rappeler l’obligation légale et morale qui incombe à la Belgique et à l’Union européenne de presser Israël de se conformer au droit international. Pour le droit en lui-même, mais aussi parce que cette obligation est la seule piste vers une cessation durable de la violence dans la région.

En attendant cette prise de conscience des représentants belges et européens, la CNAPD continuera, avec les associations partenaires, à souligner auprès des citoyens belges et européens le pouvoir qu’ils détiennent de dénoncer les violations récurrentes du droit international et de revendiquer le respect des normes (et des valeurs qui les sous-tendent).

Ils peuvent le faire notamment en touchant directement ce qui entretient ces relations illégales et illégitimes : les échanges économiques ; particulièrement ceux qu’entretient la Belgique avec les colonies israéliennes (voir à ce sujet la campagne Made In illegality : www.madeinillegality.org). Comme consommateurs du premier marché économique mondial, les citoyens européens ont également le pouvoir de faire savoir, à travers le boycott des produits israéliens, que le droit international ne souffre pas de demi-mesure.

Guillaume Defossé, Président de la Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie, CNAPD

Israël/ La Belgique doit condamner ce recours à la force

CNCD

Israël poursuit impunément les violations au droit international. En deux jours, plus d’une vingtaine de Palestiniens ont été tués dans l’attaque israélienne menée contre la bande de Gaza. Ce recours excessif à la force constitue une punition collective, prohibée par le droit international humanitaire. La Belgique, en tant que Haute Partie contractante à la IVe Convention de Genève, a l’obligation d’agir pour y mettre un terme.

« Le gouvernement belge doit condamner avec la plus grande vigueur ce recours excessif à la force par Israël et lui rappeler son obligation de respecter le droit international. Il a également l’obligation d’adopter toute mesure ferme et pertinente pour mettre un terme à ces violations du droit international et agir pour éviter que ne règne l’impunité. Enfin, comme l’Union européenne le souligne régulièrement, la poursuite de la colonisation constitue le principal obstacle à la paix, et sans l’adoption de mesures visant à obtenir son arrêt et son démantèlement, toute solution durable au conflit demeurera illusoire », souligne Rabab Khairy, chargée du Moyen-Orient / Afrique du Nord au CNCD-11.11.11.

Il y a dix ans jour pour jour, la Cour internationale de Justice rendait son avis établissant l’illégalité du Mur construit par le gouvernement israélien en territoire palestinien. Depuis, le Mur, la colonisation et l’accaparement des terres palestiniennes n’ont fait que s’étendre.

Aujourd’hui, cet embrasement semble trouver son origine dans l’assassinat de trois jeunes Israéliens près d’Hébron et au lancement de roquettes sur Israël à partir de la bande de Gaza . Rien ne peut justifier l’assassinat des trois jeunes Israéliens, mais rien ne justifie non plus les violences quotidiennes des colons ni celles perpétrées par une armée israélienne surpuissante à l’encontre de la population palestinienne. En réalité, les origines de cet embrasement sont beaucoup plus profondes et il est évident que les racines de cet éternel cycle de violences dans la région se situent dans l’occupation et la colonisation israéliennes, toujours plus prégnantes sur le quotidien de la population palestinienne. La bande de Gaza ne subit peut-être plus la colonisation mais un blocus drastique, illégal, qui confine plus d’1,7 millions de Palestiniens dans un territoire exigu.

Centre national de coopération au développement (CNCD)

Guerre totale contre Gaza

ABP

« Aucune peine collective, pécuniaire ou autre, ne pourra être édictée contre les populations, à raison de faits individuels dont elles ne pourraient être considérées comme solidairement responsables ». Article 33 des conventions de Genève

Tirant parti du kidnapping et du meurtre de trois adolescents israéliens dont Netanyahu a accusé sans preuve le Hamas, Israël s’est lancée dans une guerre totale contre les Palestiniens, en Cisjordanie (y compris Jérusalem Est) comme à Gaza.

En Cisjordanie, l’armée israélienne a fait plus de 600 prisonniers, elle a tué au moins 12 Palestiniens, saccagé des maisons et le gouvernement israélien a laissé libre court aux attaques racistes et à la vengeance contre tous les Palestiniens. Comme en témoigne le meurtre de Mohammed Khdair, brûlé vif par des Israéliens juifs.

Depuis deux jours, une opération de grande envergure est lancée à Gaza : Protective Edge. Les F16 frappent sans discrimination et le bilan est lourd : 32 morts dont 8 enfants, plus de 220 blessés et 38 maisons détruites. Faut-il rappeler que la bande de Gaza est sous blocus complet depuis 7 an et que les bombardements et les exécutions extrajudiciaires n’ont jamais cessé. Prétendre que ce sont les roquettes lancées sur Israël qui justifient cette opération est un non sens.

Critiqué y compris par les Américains pour la faillite des négociations de paix, inquiet par la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale palestinien, Netanyahu a décidé d’une guerre totale et les médias israéliens eux-mêmes font état de plans d’attaque décidés bien avant le kidnapping et les tirs de roquettes.

Les conventions de Genève interdisent formellement les punitions collectives et les signataires de ces conventions, dont la Belgique, sont responsables de leur application.

L’Association Belgo-palestinienne condamne l’agression contre la bande de Gaza comme elle condamne la poursuite des attaques en Cisjordanie (Jérusalem Est comprise).

Elle exige du gouvernement belge et de l’Union Européenne qu’ils mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour mettre fin à l’agression contre la bande de Gaza.

Elle exige en outre qu’ils prennent fermement position contre la guerre totale menée contre le peuple palestinien en sanctionnant Israël, notamment par la suspension complète de tous les accords de coopération, jusqu’à ce celui-ci se conforme au droit international.

L’ABP invite à être présent en nombre au 323ème rassemblement de protestation face à l’ambassade d’Israël, ce vendredi 11 juillet de 12h30 à 13h30, pour demander que cesse l’attaque meurtrière contre Gaza et lui rappeler plus que jamais son obligation d’appliquer les résolutions des Nations Unies et la IVè Convention de Genève.

Bruxelles, le 9 juillet 2014

Communiqué de presse de l’Association Belgo-Palestinienne (ABP)