Les résultats des élections aux mains exclusives des techniciens informatiques ?

PourEVA 27 mai 2014

Des bugs informatiques d’importance empêchent d’obtenir les résultats des élections de ce jour. Les opérations de totalisation sont interrompues à Liège, à Bruxelles, dans le Hainaut, dans les cantons germanophones.

Apparemment, des informaticiens bruxellois sont dépêchés par le Ministère de l’Intérieur à Liège afin de tenter de résoudre ces problèmes. « J’espère qu’il n’y aura pas de perte dans la conservation des données » a déclaré Willy Demeyer, bourgmestre de Liège, à 21h53

Liège qui justement a vécu des problèmes du même type lors des élections communales de 2006, problèmes qui ont engendré l’adoption unanime du conseil communal d’abandonner le système de vote électronique avec carte magnétique… qu’il applique pourtant toujours !

Une fois de plus, ce n’est que lorsque les résultats sont manifestement aberrants qu’un problème est détecté et que des interventions de techniciens sont sollicitées. Qui nous dit que quand les résultats apparaissent plausibles ils reflètent bien les choix exprimés par les électeurs ? Pour chaque problème visible, il y en a d’autres qui ne demandent qu’à être découverts, ce pour quoi le législateur ne se donne pas les moyens.

PourEVA souligne par ailleurs qu’il est inadmissible de retenir les présidents de bureau qui ne peuvent être pris en otage en raison de problèmes informatiques qui ne sont pas de leur fait. Avec le vote papier lorsque l’équipe de dépouillement a terminé son travail et remis son PV, elle est libérée.

Avec le vote électronique, les présidents venus avec leurs disquettes ou leurs clefs USB devraient également être libérés. Ils ont accompli leur tâche sans broncher, appliquant des procédures mais sans savoir ce qui se passait dans les ordinateurs. Ils délivrent tous les documents et les supports de mémoire, pourquoi ne peuvent-ils pas être libérés ?

Nous attendons du ministère de l’Intérieur des réponses concrètes.

PourEVA espère que les positionnements des présidents de partis francophones, ce dimanche soir, à 22h45, condamnant unanimement la poursuite de l’usage d’un système informatique non fiable et financièrement insupportable seront, cette fois, concrétisés.

Rappelons que les prochaines élections seront communales, en 2018, sous la compétence des majorités régionales. En juillet 2009, la déclaration de politique régionale affirmait vouloir « mettre fin à l’expérimentation actuelle du vote électronique en Wallonie afin de renforcer le contrôle démocratique sur l’organisation des élections communales et provinciales. Le Gouvernement favorisera les types de votes traditionnels et étudiera la possibilité d’expérimenter des alternatives électroniques qui permettent de conserver les bulletins de vote papier afin de procéder, le cas échéant, à un comptage manuel avec témoins. ».

Force est de constater que cette volonté n’a pas été concrétisée.

Enfin, il ne faut pas non plus que le problème actuel cache le fait qu’un système de dépouillement assisté par ordinateur, totalement aux mains de techniciens d’une firme privée, a, une nouvelle fois, été utilisé à l’insu des citoyens et sans législation spécifique ou contrôle adéquat.

Va-t-on persister à plonger la tête dans le sable ?

Communiqué de presse de l’association citoyenne « PourEVA » (Pour une Éthique du Vote Automatisé » www.poureva.be)

Source : http://www.poureva.be/spip.php?article836