Les paradoxes, c’est vraiment chouette

Thomas Gunzig 13 février 2013

Le « Café serré » de Thomas Gunzig du 29 janvier sur la Première Radio…

Bonjour Georges, bonjour tout le monde,

Les températures remontent, la neige fond, la pluie mouille à nouveau. Personne n’est content. Aujourd’hui est bien pire qu’hier mais bien mieux que demain. Bref, les choses rentrent dans l’ordre et nous pouvons à mon avis faire un premier bilan pour ce mardi.

Vous voulez mon premier bilan ?

Et bien les gens, décidément, sont plein de paradoxes. Voilà, c’est ça mon bilan.

Et c’est chouette parce que justement moi j’aime bien les paradoxes. Les paradoxes, c’est exotique, c’est amusant, c’est rigolo et en plus ça fait réfléchir. Les paradoxes. Bon, vous voulez quelques exemples de paradoxes ?

Et bien d’accord. Et bien Woody Allen par exemple quand il dit « Je ne pourrai jamais faire partie d’un club qui accepte les gens comme moi. ». Ou bien « Je n’épouserai qu’une femme assez intelligente pour ne pas m’épouser. ». Vous voyez, c’est chouette les paradoxes. J’aime bien les paradoxes. Et bien, niveau paradoxes, on a vraiment passé un super week-end. Des paradoxes de première qualité venant des meilleurs d’entre-nous.

Alors, tout d’abord, Gwendolyn Rutten, la nouvelle présidente de l’Open-VLD qui on le sent bien se cherche une identité. Et je vous avoue que je crois que ce ne sera pas facile. J’ai été voir sa page Internet. On dirait le site d’un centre de prothésiste dentaire. Quand on ferme les yeux juste après, on a l’impression de sentir flotter une odeur de désinfectant. Enfin donc, Gwendolyn Rutten, elle commente un peu tout ce qu’elle peut. À propos de la fermeture de la phase à froid d’ArcelorMittal, elle a dit « Une nationalisation serait une idée particulièrement mauvaise parce que ça risque de faire peur aux investisseurs et donc de chasser toute industrie. ». Un subtil paradoxe Georges. Un subtil paradoxe qui revient à dire : « Donc il ne faut pas nationaliser pour ne pas faire peur aux investisseurs pour qu’ils continuent à venir alors qu’en fait ils ne viennent plus beaucoup et que ceux qui sont là sachent qu’ils peuvent partir et qu’il ne se passera rien même si ils ont menti, tué, volé, roulé dans la farine, il ne se passera rien, rien de rien. ».

Bon, prenons l’exemple d’un magasin. Normalement, si on vole dans un magasin, le magasin appelle la police. Mais selon Gwendolyn Rutten, dire qu’on va appeller la police après un vol, ça risque de faire peur au client donc autant autoriser le vol. Même si ça conduit le magasin à la faillite. Les clients sont plus importants que le magasin lui-même. Bien entendu, on ne dit pas que le jour où il n’y aura plus de magasin, il n’y aura plus de clients non plus. Ça c’était le petit paradoxe Open-VLD.

Les paradoxes, c’est vraiment chouette. Vous en voulez un autre pour la route ?

Ça tombe bien, j’en ai un super chouette. Un paradoxe SP.a. Vous voulez mon petit paradoxe SP.a ? OK. Et bien ce week-end, dans une interview, Johan Vande Lanotte nous a dit « Je ne parlerai plus de la N-VA. ». Deux pages dans le journal pour dire qu’il ne parlera plus de la N-VA. J’ai trouvé ça super touchant. Un peu comme lorsqu’on est amoureux d’une fille qui ne vous aime pas et qu’on l’appelle pour lui dire qu’on ne l’appellera plus. Un peu comme le fumeur qui prétend ne pas fumer parce que la cigarette qu’il a en bouche est toujours la dernière. Comme l’homme qui déclare qu’il ment. Et que si c’est vrai c’est faux et que si c’est faux c’est vrai.

Alors attention, je conclus ce billet en vous mettant en garde contre les faux paradoxes. Vous voulez un faux paradoxe ? Allez d’accord. Jean-Claude Marcourt qui dit « Nous n’acceptons la décision de Mittal. Nous allons tout mettre en œuvre pour trouver un consensus. ». Ça sent le paradoxe mais ce n’est pas un paradoxe. Ça c’est juste une illusion, à peine une sensation.

À demain.