Les délocalisations, tout le monde y trouverait son compte !

Thomas Gunzig 20 janvier 2013

Le « Café serré » de Thomas Gunzig sur la Première Radio du 16 janvier…

Bonjour Georges, bonjour tout le monde,

Alors une nouvelle fois, hier nous apporta la confirmation que dans notre pays, les gens ont malheureusement bien souvent l’esprit étroit. Mais oui, l’étroitesse d’esprit. Toutes les civilisations en ont souffert. Dénonçant les avant-gardes, méprisant les talents, condamnant les génies. Et la nôtre ne fait pas exception.

Alors, Georges, j’imagine que comme moi vous avez entendu que le helpdesk du Forem avait été délocalisé au Maroc. Et que, comme moi Georges, parce que vous êtes un homme éclairé, vous n’avez pas manqué d’être surpris et attristé devant ces hauts cris, cette indignation grotesque des uns et des autres. Que c’est un scandale. Qu’on ne délocalise pas comme ça. Surtout un morceau de service public. Et que c’est n’importe quoi etc., etc.

Nom d’un chien, mais les gens ne réfléchissent-t-ils donc pas deux minutes ? Cette histoire de délocalisation de helpdesk, c’est quand même une idée formidable. Les gars du helpdesk marocain bossent bien pour pas cher et apportent une petite touche d’exotisme dans le sinistre train-train de notre quotidien. Alors pourquoi s’en priver.

Du coup, si vous le permettez, je me permets d’espérer ici que non seulement ce helpdesk restera là où il se trouve mais également que ce mouvement continuera et se renforcera. Parce que le helpdesk du Forem, bon c’est bien mais c’est discret. Et ce qu’il faudrait maintenant, c’est qu’on prenne un peu confiance et que le mouvement puisse s’assumer complètement.

Tenez, par exemple, les TEC. Vous trouvez que ça marche bien vous les TEC ? Non, non. Non, et ce qu’il faudrait c’est un peu de couleur, de beaux paysages, de l’aventure. Je me souviens d’un merveilleux trajet en bus népalais entre Katmandou et Bhaktapur. Les montagnes dans le lointain, le rythme enivrant des champs népalais, l’odeur du curry et de l’encens, les couleurs chamarrées des saris. Mais voilà ce qu’il faudrait. Délocaliser les TEC au Népal. Oui, c’est vrai, faire Mons-Glain en passant par Pokhara dans le district de Kaski pour le 8 barré, c’est vrai c’est un détour. Mais bon, on a rien pour rien non plus. Ah, ça, les TEC délocalisés au Népal ça serait quand même bien.

Alors, autre chose, la délocalisation du contrôle technique aussi. Ça, ça me parait digne d’intérêt. Combien de fois n’êtes-vous pas mort d’ennui en faisant la file au centre de contrôle. Imaginez maintenant la même chose mais à Cuba. Vous faites la file. Un verre de rhum ambré dans une main. Un cigare Montecristo Cabinet A dans l’autre. Vous regardez les vagues de la mer des Caraïbes s’écraser contre la jetée. Quelques filles en short rose, la peau luisante de transpiration dansent sur un rythme de salsa. Là, le contrôle technique, je dis d’accord. En plus, pour rafistoler les bagnoles, les Cubains, ce sont les meilleurs. La délocalisation, c’est l’avenir.

Et la RTBF. La RTBF, Georges. Combien de fois n’avons-nous pas stressé avec les chiffres d’audience qui nous plongent soit dans l’exaltation, soit dans le doute ? Mais qu’est-ce que c’est bête. Imaginez un peu. Et si les gens étaient obligés de nous écouter. Et qu’on soit la seule chaîne de radio pour des millions d’auditeurs, ça, ce serait bien. C’est pour ça que je crois que le mieux pour nous, c’est encore une délocalisation en Corée du Nord. Évidemment, il faudrait que Bertrand Heine arrête un peu avec ses petites questions qui énervent les invités. Mais bon, ce sera 30 ans de camp de rééducation sinon mon ami.

Ah, la délocalisation c’est le rêve. La Cocom en Norvège parce qu’on aime les fjords. La Cocof au Pérou parce qu’on aime les lamas. La poste au Mexique parce qu’on adore les sombreros. Et pour fabiola, la famille royale en Arabie saoudite pour qu’elle puisse enfin ordonner ma décapitation.

Je vous assure, les délocalisations, tout le monde y trouverait son compte.

À demain.