En 2025, le plein emploi en Wallonie

Thomas Gunzig 26 septembre 2013

Le « Café serré » de Thomas Gunzig de ce mardi 24 septembre sur la Première radio…

Bonjour Georges, bonjour tout le monde, bonjour Monsieur De Wolf,

Alors, vous l’avez remarqué, à quelques mois des élections, la Belgique est donc au centre de toutes les attentions. Les services secrets du monde entier dépensent d’ailleurs une énergie considérable pour savoir ce qui se passe chez nous. Les Américains, les Anglais mais aussi les Chinois, tous se sont mis à essayer d’écouter les conversations de notre personnel politique. Et je ne peux d’ailleurs m’empêcher d’avoir une pensée émue pour tous ces Anglais, Américains et Chinois décryptant les heures de conversation de Paul Furlan, Carlo Di Antonio, Annemie Turtelboom. Sans doute vous aussi, Monsieur De Wolf. Et j’espère que vous n’avez pas trop balancé sur votre président parce que tout est noté quelque part et ça peut sortir n’importe quand.

Enfin, bref. La Belgique entière est sous écoute. Et j’espère aussi que tous ces analystes n’auront pas tiré la conclusion hâtive que, plus que tout au monde, pour nous autres Belges, le plus important est de savoir quand arrive la commande La Redoute et surtout, surtout, à quelle heure on pourra manger chaud.

Enfin, bref. Ce sont bientôt les élections. Nos oreilles vont tout doucement dans cette période où les uns et les autres vont rentrer en campagne.

Et voilà justement que la semaine dernière, c’est Rudy Demotte qui s’est lancé dans la campagne. Un chouette discours au Théâtre royal de Namur. Beau théâtre, du plâtre, du doré, du velour, tout ce que j’aime. Le bon goût d’un bordel extrême-oriental.

Et là, Rudy Demotte qui se lance dans la campagne nous annonçant un truc génial : en 2025, 2025, un gros 10 ans, en Wallonie, eh bien, ce sera le plein emploi. Oui, je sais, la presse en a peu parlé. C’est bizarre parce que c’est pourtant une super nouvelle. Dans 10 ans, plus de chômage en Wallonie.

Alors évidemment, les éternels mauvais coucheurs ont ricané. Et c’est vrai qu’à première vue, c’est ambitieux. 200 000 chômeurs en Wallonie. 13% de la population active. Si on veut le plein emploi, sur 10 ans, il faut donc 20 000 chômeurs trouvant un travail chaque année. Ça veut dire 1666 chaque mois. Ça veut dire 55 par jour pendant 10 ans. Donc, c’est vrai que ça a l’air beaucoup comme ça.

Mais en réfléchissant, on se rend compte que ce n’est pas impossible. Quoi ? Vous voulez quelques pistes ? Eh bien, par exemple, sachant qu’en moyenne dans un Carrefour Market, il y a 10 employés, il suffirait d’ouvrir en Wallonie, 5 Carrefour Market par jour. Tous les jours. Pendant 10 ans. Vous voyez ? Par exemple, le lundi, on en ouvre un à Fosse-la-Ville, un à Walcourt, un à Houyet, un à Walhain et un à Gouvy. Et puis le mardi, on en ouvre un à Paliseul, un à Libramont, un à Sombreffe, un à Brugelette et un à Dour. Voilà. Et puis le mercredi, même chose, jusqu’au dimanche. Et le lundi, eh bien on recommence. Tout ça pendant 10 ans tous les jours. Bon, je suis désolé, c’est vrai que c’est du boulot mais ce n’est pas impossible. Il a fallu 20 ans à des Égyptiens en sandales pour faire une Grande Pyramide, on peut bien ouvrir 5 Carrefour Market par jour en Wallonie.

Cela dit, Rudy Demotte n’a jamais dit qu’on allait créer de l’emploi de manière progressive. Peut-être que, dans les 10 ans à venir, ça va rester un peu comme maintenant, un peu sinistre, des petites Rosetta partout. Trainings, caravanes, marché noir. Il pleut, les TEC sont en grève. Et puis, paf, 31 décembre 2024, il se passe un truc, je sais pas quoi et on engage les 200 000 chômeurs d’un coup. Peut-être qu’on a ouvert un super grand Carrefour Market ou alors une énorme intercommunale avec un énorme conseil d’administration. Ou alors on les mange tous pour la Noël, du râble de chômeur. Bon, sans doute qu’à force d’avoir été chassés, la viande sera un peu dure. Mais enfin si c’est pour le plein emploi wallon, il ne faudra pas trop faire la fine bouche.

À demain.