Elections municipales au Venezuela : Déclaration de Marea Socialista

Marea Socialista 8 décembre 2013

Le résultat des élections municipales de ce dimanche 8 décembre au Venezuela indique que l’adhésion au chavisme reste majoritaire, en dépit de la déstabilisation économique orchestrée par l’opposition bourgeoise et de la bureaucratisation du processus lui-même. Ce résultat était pourtant loin d’être acquis. Avec un taux de participation relativement élevé de 58,92%, les candidats qui s’identifient au processus bolivarien ont remporté 49,24% des suffrages contre 42,72% pour les candidats de l’opposition (les candidatures indépendantes des deux camps ayant récolté 8,03% des votes). Si les candidats chavistes ont remporté 15 des 24 capitales d’Etats du pays et 76% des municipalités du pays, ils ont à nouveau perdus trois des principales villes : le Grand Caracas, Maracaibo et Valence. Nous reproduisons ci-dessous un communiqué de l’organisation anticapitaliste Marea Socialista publié quelques jours avant le scrutin. (Avanti4.be)

A quelques jours du 8 décembre, on peut percevoir une amélioration des perspectives du chavisme pour les élections municipales après l’adoption des mesures d’urgence contre la guerre économique menée par la bourgeoisie.

Il est indubitable que la situation politique était très mauvaise un mois auparavant. Le peuple pouvait voir que le gouvernement restait sans réponse dans son entêtement à poursuivre une stratégie erronée de négociations et de concessions face au patronat. Cette voie ne servait qu’à encourager les capitalistes à agir plus impunément encore et à élaborer des plans conspiratifs. La guerre économique de la bourgeoisie, la spéculation vertigineuse, l’usure, l’accaparement, les fraudes multimilliardaires avec les devises et la manipulation du dollar « parallèle » (son taux de change au marché noir, NdT), étaient en train de détériorer sérieusement la situation économique, les salaires et le niveau de vie de la population.

Tout cela était en train de provoquer un malaise et un mécontentement croissants, la déception, le découragement et la méfiance du peuple. Les candidats du PSUV (Parti Socialiste Uni du Venezuela, parti chaviste officiel, NdT) et du GPP (« Grand Pôle Patriotique », constitué de plusieurs petits partis de gauche autour du Parti Communiste, NdT), dans leur grande majorité imposés d’en haut au lieu d’être désignés par une consultation démocratique, par le soutien populaire et par les préférences de la base militante chaviste, ne contribuaient en rien à la mobilisation du vote bolivarien.

Dans ce climat, la droite se préparait à transformer les élections municipales en un plébiscite contre le président Maduro afin d’ouvrir ainsi la voie à la chute du gouvernement en fomentant des troubles alimentés par la manipulation économique et par des tactiques pseudo-institutionnelles.

La réponse positive du gouvernement bolivarien, bien que tardive et encore insuffisante, nous a réorientés vers la bonne direction et a freiné jusqu’à un certain point l’offensive de la bourgeoisie et de la droite. Elle nous donne le répit nécessaire pour préparer et lancer les nouvelles batailles, qui doivent permettre de commencer réellement à construire une économie non capitaliste, avec une véritable participation du peuple dans l’exercice du pouvoir, dans un processus constituant populaire de transition au socialisme. Autrement dit : nous avons seulement gagné le temps nécessaire pour effectuer le « coup de barre à gauche » que nous propose l’héritage de Chávez.

Nous espérons que, en dépit de la manière gênante avec laquelle on a désigné les candidats chavistes et élaboré leurs programmes, l’effet de la contre-offensive du gouvernement se reflètera dans les élections municipales. Nous espérons que notre peuple fera sentir qu’il est plus que jamais conscient de la nécessité de vaincre les candidats de la bourgeoisie, de la droite qui défend les spéculateurs et les usuriers, les fraudeurs et la fuite des devises de notre rentre pétrolière.

Nous savons que la discipline de vote ne peut pas aller sans la pleine participation préalable dans le choix des candidats bolivariens et de leurs propositions, mais l’unité de classe est nécessaire pour empêcher la victoire ou le maintien des candidats de l’oligarchie à la tête des institutions municipales. Là où se présentent différentes candidatures qui s’identifient avec le chavisme, nous comptons sur la capacité du peuple à reconnaître ceux qui sont le mieux liés avec la base populaire et avec les communautés, qui ont le meilleur profil éthique et les meilleures positions pour le combat anticapitaliste afin de contribuer au progrès de la révolution et de la démocratie révolutionnaire, pour construire le Pouvoir Populaire avec les communautés populaire et avec la classe travailleuse.

Nous appelons à un vote pour poursuivre la lutte en défense de la classe travailleuse et du peuple contre le capital, pour que se poursuivent et s’approfondissent les mesures économiques contre la spéculation, l’usure et le vol du salaire et du patrimoine des Vénézuéliens. Un vote pour empêcher que la bourgeoisie utilise les élections municipales comme levier pour de nouvelles actions conspiratrices contre la révolution bolivarienne et ses conquêtes fondamentales. Ce vote, en état d’alerte et disposé à une mobilisation populaire effective, sera en ce moment la meilleure défense face à toute nouvelle tentative des auteurs du coup d’Etat de 2002. Nous faisons confiance en l’instinct du peuple du 13 Avril.

Source : http://www.aporrea.org/ideologia/a178157.html
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera