De 5 à 94 ans… la même violence d’un système

Camille Boudjak 23 janvier 2013

Deux événements récents ont, à juste titre, scandalisé l’opinion publique en ce début d’année 2013. Il y a tout d’abord eu l’expulsion de cette vieille dame, âgée de 94 ans, de sa maison de retraite pour loyers impayés. En pleine trêve hivernale, incapable de vivre seule, cette dame s’est retrouvée aux urgences de l’hôpital de Châteaudun avec ses cartons et sa télé. Peu après, dans une école d’Ustaritz, au Pays-Basque, c’est une fillette de 5 ans qui est expulsée de la cantine par la police municipale parce que sa famille devait 170 euros à la mairie. La fillette a cru qu’on venait l’emmener à l’orphelinat et que ses parents venaient de mourir et ses petits camarades, témoins de la scène, ont imaginé qu’elle partait en prison.

Sans nier les responsabilités du directeur de la maison de retraite et du maire dans ces deux affaires, la petite de 5 ans et la mamie de 94 ans ont aussi été victimes de la violence d’un même système, d’un système où seul compte le fric et où l’être humain n’a pas sa place. Enfants et vieillards ne sont pas plus protégés par cette violence de la société capitaliste que les adultes. Si ces deux affaires sont terrifiantes par leur violence, celle où on jette une mamie à la rue et celle où la police expulse une enfant de la cantine, à chaque fois pour des impayés, elles sont symptomatiques de la violence quotidienne qu’exerce le capitalisme sur des millions et des millions de familles, écrasées par la pauvreté, par des salaires de misère, par le chômage et la hausse des prix, accablées par les dettes et les impayés.

L’expulsion de la nonagénaire est horrible et scandaleuse, mais combien de personnes âgées sont privées, après une vie de dur labeur, d’un cadre agréable et décent, de personnel qualifié et disponible, et de structures adaptées pour leurs dernières années ? L’intervention de la police pour retirer une fillette de la cantine est révoltante et insupportable, mais combien de familles ouvrières renoncent déjà à la cantine pour leurs enfants faute de moyens ?

Que l’on ait 5 ou 94 ans, du jour de notre naissance à celui de notre mort, c’est bien dans toute son ignominie la violence d’un monde qui marche sur la tête que nous subissons à chaque instant. Et il serait temps que nous remettions ce monde à l’endroit, pour que chaque être humain puisse profiter durant toute sa vie des formidables progrès scientifiques et technologiques et de toutes les richesses dont dispose l’humanité en ce début de 21ème siècle.

Article publié sur le site "communisme ouvrier", source :
http://communisme-ouvrier.info/?De-5-a-94-ans-la-meme-violence-d