Contrôles de l’ONEm, le meilleur des mondes

Thomas Gunzig 5 février 2014

Le « Café serré » de Thomas Gunzig de ce mercredi 5 février sur la Première radio…

Bonjour Pierre-Yves, bonjour tout le monde,

Alors, vous l’avez vu, une excellente initiative de l’ONEm qui s’est enfin décidée à contrôler les jeunes gens et les jeunes filles qui viennent de sortir de l’école et qui ne touchent pas encore d’allocations de chômage. Et oui, je dis excellente initiative parce que nous savons tous à quel point le jeune est un parfait crétin. Le jeune est non seulement complètement déconnecté de la réalité au point de croire qu’il peut apprendre les relations internationales en jouant à Call of Duty mais en plus, nous le savons depuis la nuit des temps, le jeune est malhonnête, il est voleur, il est menteur, il sent mauvais et en plus son stage d’attente, il le passe le plus souvent à se percer les furoncles, à consommer des drogues douces, tremplin vers les drogues dures, à faire des tournantes dans des caves désaffectées, à se saouler au Bacardi et à vomir sur les trottoirs des honnêtes gens qui travaillent et payent leurs impôts. Parfaitement Pierre-Yves !

Bref, nous ne pouvons que nous réjouir de ce signal clair qui leur est envoyé par l’ONEm. Ce signal qui est la traduction administrative des paires de claques dans la gueule que leurs parents démissionnaires n’auront pas assez distribuées, transformant par là le jeune sang de la nation en une souplette pisseuse si pauvre en nutriment que le jeune d’aujourd’hui est, vous l’aurez remarqué comme moi, tout à fait lâche et si paresseux que même dormir le fatigue.

Alors, ce qui est bien dans ce nouveau système, c’est que, vu que ces jeunes ont deux poireaux et un radis à la place du cerveau et qu’ils ne savent donc pas du tout comment ça marche l’ONEm, on peut facilement estimer que la moitié d’entre eux vont se planter au premier entretien. « Alors, comme ça, Monsieur Meugens, on veut faire journalisme ? Et vous croyez que c’est un secteur d’avenir ça ? Parce que vous croyez peut-être qu’un jour vous allez présenter Matin Première ? Mais arrêtez un peu de rêver mon petit ami et consultez la liste des métiers en pénurie. Tiens, prothésiste dentaire, conducteur d’engins de terrassement, opérateur de call center, monteur en climatisation, ça oui. Mais journaliste ? Quoi ? Qu’est-ce que vous dites ? Une vocation ? Ah ah ah ! Mais si vous croyez que vous êtes nés pour être heureux, on a Fortis et la Sabena à rembourser ! Allez, zou ! Vous ferez cimentier-façadier. Et maintenant, salut en de kost ! »

Ah, d’ailleurs, en parlant de naissance, je ne pourrais qu’encourager l’ONEm dans cette voie. Contrôler les jeunes qui ne sont pas encore demandeurs, c’est une chose. Mais c’est à la racine qu’il faut traquer le mal qui gangrène notre système social. Par exemple, ces petits couillons de 6 ans qui à l’école primaire font de la plasticine, de la peinture à doigt pendant des jours entiers et qui passent — j’en ai été le témoin — près d’une heure par jour à jouer dans une cour de récréation— je vous assure, dans une connerie de bac à sable — alors que ce temps perdu et cet argent de la collectivité gâché pourrait être utilisé pour les former à la profession de monteur de cloisons ou d’ouvrier de voirie dont l’ONEm nous rappelle qu’elles sont en demande de main-d’œuvre.

Et puis, c’est vrai Bertrand vous avez raison, c’est sans doute dès la naissance qu’il faut travailler le petit humain en devenir. Pour avoir observé mes propres enfants, je vous assure que les mauvaises habitudes s’installent dès les premières minutes de la vie. Ceux qui, comme moi, sont parents l’auront observé : que fait un enfant qui vient de naître, Bertrand ? Il pleure. Un, il pleure. Et deux, il dort. Oui les amis, il dort. Souvent même à des heures où les honnêtes gens sont au travail. Mais, je vous le demande : où se croit-il ? Mais c’est pas la Californie ici. Il dort alors qu’on pleure pour des chauffeurs poids lourds, des responsables en hygiène et des vendeurs à domicile. Nom de Dieu ! Alors moi, j’espère du fond du cœur que quelqu’un de l’ONEm entendra l’appel que je lance ce matin. Contrôlons les nouveaux nés. Parce que, rendez-vous compte, si on met enfin tout ça en place, comme le dit Aldous Huxley, ce sera le meilleur des mondes.

À la semaine prochain.