Communiqué des Jeunes FGTB Charleroi et Sud-Hainaut à l’intention des organisations syndicales et de la population

FGTB-Jeunes Charleroi 19 novembre 2012

Cette nuit le gouvernement Di Rupo Premier devrait boucler le budget 2013. Les premiers échos dans la presse nous parlent de blocage des salaires, d’une augmentation du temps de travail (40h/semaine), d’atteintes sur les pensions, …

Une fois de plus, le gouvernement décide unilatéralement une cargaison de mesures d’austérité en bafouant allègrement le modèle de concertation sociale belge ! Les organisations syndicales avaient prévenu : « Ne touchez pas à notre index, ou ce sera la guerre ! » et on a attendu, attendu, attendu,… un mot d’ordre de grève générale après les premières attaques sur les augmentations salariales du dernier AIP…on attend toujours !

Un AIP historique ont-ils prétendu, un AIP qui ne s’est pas négocié sur base d’un cahier de revendications syndicales mais bien sur base des revendications néolibérales des employeurs. Il y a deux ans déjà, Joëlle Milquet, alors Ministre de l’emploi nous fixait une marge d’augmentation maximale de 0.3%...on ne touchait pas à l’index, quelle victoire ! En attendant, dans les secteurs on s’est contenté de l’équivalent d’une tasse de café supplémentaire par mois ! Est-ce cette tasse de café qui a creusé le gouffre ? Non, ce qui a creusé le gouffre c’est les milliards d’euros que nous offrons en déductions fiscales aux multinationales, c’est les milliards d’euros que nous accordons aux banques qui ont joué avec notre argent au poker, en Belgique et dans les autres pays d’Europe.

Nous attendons les bras croisés, non, je mens, nous nous baladons à intervalle régulier d’un point A à un point B à Bruxelles et ailleurs pour que les gens n’oublient pas que les organisations syndicales existent et qu’elles se battent, pour préserver notre fameux index !

L’index et la marge d’augmentation indicative, en principe, se négocient à l’AIP, et donc, nous avons le temps n’est-ce pas ? La seule erreur c’est que le gouvernement n’en a plus que faire de l’avis des organisations syndicales, leurs « partenaires » se sont uniquement les fédérations patronales, comme le préconise l’Europe ! Une telle prise d’initiative de la part du gouvernement ne fait que démontrer leur souhait de réduire les organisations syndicales à néant, dans tous les organes paritaires ! Si nous n’avons plus de marge de manœuvre dans les secteurs et de manière interprofessionnelle, c’est la fin pour tous les travailleurs des PME et même des entreprises structurées syndicalement !

Alors arrêtons d’attendre, descendons maintenant dans la rue pour leur dire à tous, employeurs, politiciens, banquiers, boursicoteurs, agences de notation, … : On ne veut pas de vos solutions, on ne veut pas crever comme la Grèce, que vous avez réduit à la famine après une dizaine de plans d’austérité successifs !

On ne veut pas de votre modèle Allemand, pas plus de vos sornettes. Le modèle allemand oblige les gens à travailler pour un euro de l’heure, sans cotisations pour la sécurité sociale donc pour la pension et les soins de santé, les travailleurs n’arrivent plus à se projeter dans l’avenir mais pour un euros de l’heure, bizarrement les employeurs proposent de l’emploi !

Nous ne voulons pas travailler plus longtemps, nous voulons vivre décemment, de l’emploi décent pour tous ! Nous ne voyons ni efforts partagés ni avenir ou plan de relance dans vos propositions, on ne voit que des régressions sociales, un génocide à mort lente organisé.

Nous sommes les Jeunes FGTB, nous voulons de l’espoir, nous voulons des solutions réalistes telles que la réduction du temps de travail pour un meilleur partage des emplois et des richesses, nous voulons maintenir les acquis pour lesquels nos grands-parents se sont battus, parfois jusqu’à la mort : la sécurité sociale est et reste la meilleure assurance (alors que les assurances privées vont augmenter leurs tarifs de 20% en janvier), elle nous a permis de faire face à la crise, nous ne pouvons pas l’abandonner ; la concertation sociale avec les syndicats nous a permis de maintenir un pouvoir d’achat réel jusqu’à présent et des conditions de travail et de vie digne !

L’Europe et notre gouvernement veulent nous retirer tout moyen de subsistance pour assouvir la soif de profit d’une poignée de milliardaires, et bien battons-nous comme nos ancêtres pour les garder, nous sommes 99%, nous sommes des millions, condamnons-les pour les crimes qu’ils commettent contre la population, ensemble, peu importe la couleur, la région, l’organisation syndicale, grève générale au finish !

Sciacchitano Angela, Permanente Jeunes FGTB Charleroi