Communiqué de presse de la Résistance de Taksim, 5 Juin 2013

Occupy Taksim 7 juin 2013

Au Gouvernement de la République de Turquie et à l’opinion publique. Les citoyens ont exprimé leur indignation démocratique sur la place Taksim à Istanbul et dans tout le pays contre l’insensibilité du gouvernement à l’égard de l’inquiétude du public concernant la destruction de facto du parc Gezi qui a eu lieu le 27 mai vers 10 heures.

Nous partageons la douleur des familles d’Abdullah Comert et de Mehmet Ayvalitas et nous tenons à exprimer nos souhaits de prompt rétablissement aux milliers de citoyens blessés.

Malheureusement, le gouvernement persiste dans ses politiques violentes, répressives et d’interdiction face à la volonté de la population d’exprimer ses revendications fondées sur les droits démocratiques et humains. Nous aimerions que l’on sache que nous faisons un effort extrême pour assurer un climat social dans lequel personne n’est blessé, les tensions sont résolues et les revendications démocratiques peuvent être exprimées.

Pour ces raisons, en tant que Résistance de Taksim, nous attendons que le gouvernement prenne des mesures concrètes allant vers la réalisation des exigences ci-dessous.

Nous exigeons que :

Le Parc Gezi doit rester un parc. Il ne doit y avoir aucune construction dans le parc, que ce soit sous le nom de TopcuKislasi ou sous un autre nom. Une déclaration officielle doit être faite pour annoncer l’annulation du projet. Les tentatives de démolition de l’Ataturk KulturMerkezi (Centre culturel Ataturk) doivent être arrêtées.

Tous les responsables - à commencer par les gouverneurs et les chefs de la police d’Istanbul, Ankara et Hatay - qui se sont opposés au droit d’expression des personnes dans la résistance à Taksim et en d’autres endroits, ceux qui ont ordonné l’usage de la violence et ceux qui ont supervisé et appliqué ces ordres doivent être démis de leurs fonctions. L’utilisation de bombes lacrymogènes et de dispositifs similaires doit être interdite.

Les citoyens qui ont été arrêtés dans tout le pays pour avoir soutenir la résistance doivent être libérés immédiatement. Une déclaration annonçant qu’aucune autre enquête ne sera menée contre ces personnes doit être faite.

L’interdiction et l’empêchement de facto des réunions, des protestations et des manifestations sur nos places et dans nos lieux publics doit finir, à commencer par les places Taksim et Kiziliay et les célébrations du 1er mai. Les obstacles à la liberté d’expression doivent être levés.

En outre, nous pensons que les autorités doivent comprendre le contenu, l’esprit, les espoirs et les exigences de la réaction qui est venue de la rue et d’un grand nombre de lieux publics depuis le 27 mai à 10 h. Essayer d’expliquer ce qui s’est passé en parlant de « marginaux » revient à ignorer ces événements. Nous pouvons voir que les citoyens interprètent l’intervention au Parc Gezi - qui symbolise la pensée générale du gouvernement - comme "une ingérence dans leurs croyances et modes de vie et un signe de condescendance", qui suscite un cri de « Nous sommes ici et nous avons des revendications" et une grande émotion publique de la part de toutes sortes de gens, femmes ou hommes, jeunes ou vieux.

Nous aimerions que les autorités se rendent compte que la réaction des citoyens porte également sur le projet de loi sur la Protection de la Nature et de la Biodiversité qui a abouti à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et sur les projets qui pillent nos richesses écologiques, à commencer par le troisième aéroport à Istanbul, le troisième pont sur le Bosphore, la construction d’AOC et les centrales hydro-électriques (HEPP).

Cette réaction est également l’expression de la « volonté de paix et de la résistance à la politique de guerre qui se déploie dans notre pays et dans la région ; de la sensibilité des citoyens alévis ; des revendications légitimes des victimes de projets de transformation urbaine ; des voix qui s’élèvent contre la politique masculine conservatrice visant au contrôle du corps des femmes ; de la résistance à la coercition imposée aux universités, au pouvoir judiciaire et aux artistes ; des revendications de tous les travailleurs, à commencer par les employés de la Turkish Airlines, contre le non-respect de leurs droits ; de la lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ; et de l’aspiration à ouvrir la voie au droit d’accès à l’éducation et à la santé pour tous les citoyens ".

La Résistance de Taksim, 5 juin 2013

Source : socialistproject.ca
Traduction française pour Avanti4.be : Jean Peltier