Business Summit européen : plus de 250 manifestants arrêtés !

Collectif 15 mai 2014

Ce matin, 250 personnes ont été arrêtées alors qu’elles manifestaient pacifiquement leur désaccord avec les négociations anti-démocratiques de l’accord transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis (TTIP). Alors qu’ils n’étaient pas en zone neutre, les manifestants ont subi une forte répression, témoignant de la détermination des autorités à ne pas laisser les citoyens tenter d’influencer les négociations commerciales.

Plus de 1.000 manifestants se sont réunis ce matin, sur l’appel de syndicats, ONG de développement, organisations d’agriculteurs, afin d’encercler le European Business Summit, auquel les plus grandes entreprises ont invité nos décideurs (Karel de Gucht, Didier Reynders, Guy Verhofstadt, etc.) au palais d’Egmont. Les organisateurs de cette grande messe du lobbyisme annoncent leur objectif : influencer les leaders européens à quelques jours des élections !

La négociation du TTIP est un processus profondément anti-démocratique : aucune réponse n’est donnée aux questions parlementaires et le contenu des négociations n’est pas transparent. Selon De Gucht, il faudrait faire confiance aux négociateurs. L’expérience nous a pourtant démontré que des accords basés sur les seuls intérêts commerciaux allaient à l’encontre des intérêts des citoyens. Ces accords menacent aussi bien les normes sociales et environnementales, les services publics et l’indépendance des États pour protéger leurs citoyens.

Alors que les manifestants se trouvaient hors de la zone neutre, ne donnant aucune raison à la police de procéder aux arrestations, cette dernière a usé d’autopompes et matraques pour contraindre les manifestants à bouger ! Nous dénonçons avec force cette criminalisation du droit démocratique à la manifestation.

À exactement 10 jours des élections belges et européennes, nous appelons les responsables politiques à refuser de continuer ces négociations et à ouvrir immédiatement un débat citoyen.

Communiqué du CNCD

Pour plus d’informations : rendez-vous sur le site de l’Alter Summit belge
Plus d’infos sur les programmes des partis en matière d’accords commerciaux : www.embobiner.be

Arrestations massives lors de la manifestation contre le traité transatlantique : Business as usual

L’antienne « Pas d’obstacle au commerce » n’est-elle pas en train de dangereusement s’élargir à « Pas d’obstacle aux idées qui fondent le commerce » ?

Plus de 500 manifestants, réunis dans une alliance originale entre les syndicats et la société civile, se sont rendus ce matin aux alentours du Palais d’Egmont pour exprimer pacifiquement leur opposition au partenariat transatlantique, un des points phares abordé à l’occasion de l’European Business Summit qui se tient actuellement au Palais d’Egmont.

Alors qu’aucun débordement ni violence n’était à déplorer, près de 250 d’entre eux ont été interpellés par les forces de l’ordre, présentes en nombre. Parmi les personnes arrêtées : des avocats, des syndicalistes et des députés, soit des personnes a priori peu suspectes d’être des casseurs.

Face à ces arrestations arbitraires, illégitimes et particulièrement massives (la moitié des manifestants seraient-ils des délinquants en puissance ?), la Ligue des droits de l’Homme s’insurge de cette nouvelle attaque en règle des forces de police – et plus largement de l’Etat - contre la liberté d’expression et de manifestation.

La liberté d’expression et de manifestation va-t-elle subir le même sort que celui qui attend les règlementations protectionnelles dans le cadre des négociations du partenariat transatlantique, à savoir une élimination pour entrave au libre-échange et au commerce ?

L’antienne « Pas d’obstacle au commerce » n’est-elle pas en train de dangereusement s’élargir à « Pas d’obstacle aux idées qui fondent le commerce » ?

Exprimer pacifiquement des idées mettant en garde contre les graves conséquences d’un traité négocié hors de tout dialogue démocratique sur notre modèle social semble être devenu un exercice hautement périlleux.

Communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme


(photo : Krasnyi)

Les capitalistes nous coûtent cher … et ils protègent leurs priviléges : 200 manifestant-es arrêtées à Bruxelles

Le patronat européen (European Business Summit) se réunissait aujourd’hui à Bruxelles, au Palais d’Egmond. Plusieurs organisations, dont l’Union syndicale Solidaires, appelait à manifester contre celles et ceux qui nous exploitent, volent le fruit de notre travail pour leur profit personnel, condamnent au chômage, à la précarité et à la pauvreté des millions d’entre nous.

Les capitalistes n’aiment pas être dérangés lorsqu’ils et elles se retrouvent pour organiser le pillage de la planète. Alors que la manifestation se déroulait dans une ambiance détendue et sans aucune violence, les forces de police sont intervenues : brigades anti-émeute, canons à eau, encerclement de la manifestation pourtant légalement autorisée, arrestations de centaines de manifestant-es.

L’Union syndicale Solidaires réaffirme son soutien aux manifestant-es de Bruxelles, dénonce le fait que notre porte-parole Annick Coupé est ainsi empêchée de participer cet après-midi à la manifestation parisienne des fonctionnaires, exige la libération immédiate de toutes les personnes interpelées.

Communiqué du syndicat Solidaires
(France)

Communiqué de mouvements de jeunesse et étudiants

Les organisations étudiantes et de jeunesse qui participent et appuient la coalition D19-20 condamnent avec la plus grande fermeté et dénoncent les provocations et les violences de la part de la police contre les manifestants.

Nous nous déclarons solidaires de tous les militants qui ont été arrêtés. La violence est explicitement venue de la part des forces de l’ordre sans aucune raison valable et sans aucune base légale.

Nous allons continuer à rester mobilisés contre le marché transatlantique avec les agriculteurs et les organisations syndicales.

Stop à la répression. Stop aux brutalités policières.

Sont signataires :

Étudiants de Gauche Actifs - Actief Linkse Studenten (EGA - ALS)
Jeunes CSC - ACV jongeren
Union Syndicale Étudiante (USE)
Jeunes FGTB
Jeunes AntiCapitalistes (JAC)
COMAC
écolo j

Les autorités bruxelloises veulent faire taire l’opposition au « Grand Marché Transatlantique » (TTIP)

Ce jeudi matin, plus de 1000 personnes étaient dans les rues de Bruxelles pour protester pacifiquement contre l’austérité et le projet de grand marché transatlantique discuté à l’European Business Summit, en l’absence de citoyens.

Alors qu’aucune provocation n’avait eu lieu, 281 personnes ont été violemment arrêtées, dont des parlementaires, des candidats belges et européens aux élections, des leaders syndicaux, des agriculteurs et de nombreux citoyens, notamment âgés. Le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, devra répondre pour cette action disproportionnée et violente.

Emilie Paumard du CATDM explique “Nous sommes descendus dans les rues, parce que les leaders politiques ne nous écoutent pas. Ils ne semblent écouter que les responsables du Big Business qui co-organisaient le European Business Summit. Nous avons été traités brutalement, comme si nous étions de violents criminels alors que nos actions étaient tout à fait pacifiques. Cette Europe de la violence policière, de la collusion politique-business-police est tout le contraire de l’Europe pour laquelle militent l’Alliance D19-20, l’Alter Summit et nos alliés européens.”

“La provocation policière et la brutalité de la répression sont inacceptables. Le moins que nous puissions attendre, c’est qu’une enquête éclaircisse les responsabilités, spécialement après que le cabinet d’Yvan Mayeur ait promis à notre délégation que les personnes arrêtées seraient vite relâchées. La faute en incombe soit au bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur soit au Commissaire Vandersmissen. A dix jours des élections, les citoyens ont le droit de savoir qui fait la loi à Mayeur-City, et quels partis sont d’accord avec ces brutalités. Nous préparons une plainte et une interpellation politique.” dit Felipe Van Keirsbilck, Secrétaire général de la CNE.

Luc Hollands, producteur belge de lait et membre de la coopérative MIG ajoute “La façon dont les manifestants pacifiques ont été traités est inacceptable, mais cela ne doit pas faire oublier la raison pour laquelle nous étions dans la rue. Les politiques d’austérité associées au traité transatlantique rendront les citoyens européens plus pauvres, plus précaires, nuiront à leur santé et nous mèneront droit dans le mur. Ce ne sont pas les attitudes politiques qui doivent changer, mais bien le système politique dans son ensemble. Malgré ce que la police nous a montré, les actions d’aujourd’hui ont souligné la diversité et l’unité de notre alliance et n’ont fait que renforcer notre volonté de reconstruire la démocratie par la base.”

Communiqué de l’Alliance D19-20

Contacts de Presse :

FR : Sebastian Franco – +32 488 15 02 16 ; sebastian@altersummit.eu
NL : Raf Verbeke – +32 497 23 07 60 ; raf.verbeke@skynet.be
EN : Pascoe Sabido – +32 486 85 74 16 ; pascoe@corporateeurope.org


(photo : Krasnyi)

Répression massive et droit à la contestation étouffé

Ce jeudi 15 mai, l’Alliance D19-20 ainsi que le réseau Alter Summit appelaient à encercler le Palais d’Egmont à Bruxelles où allait se tenir une réunion du European Business Summit.

Pour rappel, cette Alliance née en 2013 regroupe différents secteurs de la population tels que des agriculteurs, des syndicats, des associations, des travailleurs avec ou sans emploi, des citoyens de tous horizons, différents collectifs... dont le but partagé est de lutter contre le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) (1) et l’austérité (2).

Cette réunion réunissait des personnages politiques tels que Karel De Gucht (commissaire européen au Commerce en charge des négociations avec les Etats-Unis sur le traité de libre-échange, accusé de fraude fiscale et relaxé récemment), Guy Verhofstadt (candidat libéral à la présidence de la Commission Européenne) ou Didier Reynders (ancien Ministre des Finances en Belgique), ainsi que des élus européens et internationaux, venus rencontrer les grands patrons de multinationales dont l’objectif avoué était d’influencer les leaders européens à quelques jours des élections. Au programme : le traité transatlantique donc et l’ouverture des marchés, la financiarisation de l’économie, l’Union bancaire, la stratégie européenne en matières énergétiques, la compétitivité, etc.

Le CADTM et ses militant-e-s étaient présent-e-s avec un bon millier d’autres manifestants soucieux de l’intérêt général et déterminés à ne pas laisser ces différents pouvoirs discuter en toute tranquillité d’ouverture des marchés ou de politiques d’austérité appliquées en ce moment dans nos pays afin d’exploiter plus encore les travailleurs et les ressources naturelles.

Dès le départ le droit à contester ce type de réunion détachée des citoyennes et citoyens a été compromis par les autorités puisque celles-ci ont refusé toute mobilisation mise à part un rassemblement place Poelaert et une manifestation au tracé précis, écartant ainsi toute possibilité pour les manifestants d’avoir quelque impact que ce soit. L’Alliance avait pris ses responsabilités en prévenant la police que son objectif resterait d’encercler le palais et d’en rendre l’accès difficile. Or, il aura fallu moins d’une heure aux forces dites de l’ordre pour chambouler complètement l’événement et arrêter sans avertissement près d’un tiers des manifestants (281 personnes), dont trois membres du CADTM (3).

Nous dénonçons fermement cette répression et ce déni du droit à manifester son désaccord, déni à caractère hautement politique qui se généralise dangereusement dans la capitale européenne ces derniers mois. Quelle que soit l’attitude des autorités publiques face à la contestation sociale, nous continuerons à lutter contre la mainmise des 1 % les plus riches sur notre futur et à exiger l’arrêt immédiat des mesures d’austérité, ainsi qu’un débat réellement démocratique sur le traité transatlantique et sur le paiement des dettes publiques dans nos pays.

Nous nous réjouissons de la semaine d’actions européennes « May of Solidarity » lancée par le réseau Blockupy, entre autres, et de son appel à construire une démocratie par le bas. Cette semaine a donc commencé hier et se poursuivra jusqu’au 25 mai. Nous aurons besoin de tout le monde pour que ce slogan devienne réalité...

Communiqué du CADTM

Remarque : une conférence de presse revenant sur les événements d’hier aura lieu mardi prochain, 20 mai, à 10h à l’International Press Center - Salle Maelbeek - 155 rue de la Loi, Bloc C - Bruxelles

Pour rejoindre l’Alliance : pour les individus signez l’appel sur le site http://www.d19-20.be/ et pour les organisations envoyez un mail à info@d19-20.be

Notes :

(1) Pour plus de détails, lire : « Stop au grand marché transatlantique »
(2) Pour plus d’information, voir l’article de la première action menée en décembre : « Alliance D19-20, une étape réussie pour la convergence des luttes contre l’austérité en Belgique et en Europe »
(3) Vidéos : http://vimeo.com/95428091 ou http://www.rtbf.be/video/detail_arrestations-a-la-chaine?id=1926814 .
Photos : http://www.collectif-krasnyi.be/?p=17601 ou https://www.flickr.com/photos/corporateeuropeobservatory/sets/72157644682753134/ . Pour plus d’info, voir dans la presse internationale : http://www.reporterre.net/spip.php?article5865 ; http://blogs.mediapart.fr/blog/moineau-persan/160514/quand-la-police-belge-fait-du-preventif ; http://fr.euronews.com/2014/05/15/accord-ue-usa-250-manifestants-interpelles-a-bruxelles/ ; http://www.lemonde.fr/europeennes-2014/article/2014/05/15/a-bruxelles-250-interpellations-lors-d-une-manifestation-contre-le-tafta_4419523_4350146.html ....