Budget : Élio fait trois propositions

Thomas Gunzig 14 novembre 2012

Bonjour Georges, bonjour tout le monde,

Alors, en ce matin de grève générale que je brise allègrement en vous faisant ce billet, me rangeant définitivement par là dans la catégorie nauséabonde du social-traitre, en faisant ce billet de sale jaune donc, je vais en plus faire l’apologie de notre très adoré Premier ministre, sauveur de la nation, Élio Di Rupo (son nom soit sanctifié du Zwin à la Baraque de Fraiture).

Mais oui, Élio Di Rupo, on dira ce qu’on veut mais cette histoire de budget il mène ça d’une main de maître. Le coup des trois propositions, c’est formidable. Après plusieurs semaine de tensions Élio Di Rupo arrive au kern et dépose trois fardes sur la table et on peut choisir.

Trois propositions que je résumerais comme ceci :
1. On fait des économies, on balance des taxes, on augmente les clopes, on rabote à la SNCB mais on ne relance rien.
2. On fait des économies, on balance des taxes, on baisse le prix des trucs de première nécessité et on finance un peu la relance en taxant sur la spéculation.
3. On fait des économies, on balance des taxes, on augmente le précompte, on baisse les impôts des pauvres, on augmente la TVA et on relance un peu plus.

Alors je ne sais pas vous, mais moi je trouve ça génial. À sa place moi j’aurais fait exactement comme lui.

Combien de fois, avec mes gosses et ma fiancée on est là le week-end comme cinq klèttes et tout le monde veut faire des trucs différents. La grande qui veut aller chez H&M. La petite qui veut aller à Planckendael. Madame qui veut qu’on se tappe une expo. Le petit dernier, ça c’est toujours un peu la même chose, une ballade au bois. Et moi, bon, ben, c’est comme Élio, du moment que tout le monde est content et bien je suis content aussi.

Alors du coup j’emploie la méthode Élio, je mets trois propositions sur la table :

Première proposition. On va un peu chez H&M mais seulement au rez-de-chaussée et on achète rien. En rentrant, on va jusqu’à Planckendael mais on reste sur le parking où avec un peu de chance nous entendrons le glougloutement du pelikan frisé de la Volga et c’est déjà ça. Puis on rentre en passant devant le musée Hergé, on se tappe l’expo même si madame aurait préféré l’expo Marcel Berlanger. Mais bon, pour moi, une expo c’est une expo. Et puis de retour à la maison, on ramène des feuilles mortes pour faire forêt. Le petit n’y verra que du feu.

Ou bien, deuxième proposition. On commence par Planckendael où on passe toute la journée mais on ne mange que des chips. C’est comme ça. Pendant qu’on se ballade, on met le petit devant l’enclos du gorille incontinent qui joue avec ses déjections. C’est pas une ballade en forêt mais c’est toujours marrant. Pendant le trajet de retour ma fiancée tricote des chaussettes à la plus grande en disant que ça vaut bien celles d’H&M. Et au retour on expose les feuilles de brouillon pleines de peinture à doigt. Une expo, c’est une expo.

Ou enfin, troisième proposition. On ne va pas à Planckendael mais à Pairi Daiza. Venu, venu. On fait la route jusqu’à Oslo où il y a un H&M ouvert le dimanche. De là on prend le train pour Rostov-sur-le-Don et son musée des médailles militaires. Une expo c’est une expo. Et on force le petit à se ballader dans les fourrés près de l’échangeur autoroutier de la Jungestrasse près d’Hambourg. Il doit juste faire gaffe aux vieilles seringues qui traînent.

Bon, c’est vrai que le lundi, dans la bagnole pour aller à l’école, tout le monde tire un peu la gueule. Mais bon, que personne ne soit content c’est un peu le prix à payer quand on essaye de faire plaisir à tout le monde.

À demain.