Brutalité policière et manifestation antifasciste : les manifestants reçoivent des amendes administratives

Etudiants FGTB, JOC Bruxelles, Thomas Gunzig 2 décembre 2012

Voici le communiqué diffusé pour dénoncer avec force l’utilisation d’amendes administratives arbitraires et manifestement injustes pour décourager l’engagement des jeunes et leur expression politique. Ces amendes, nous ne les payerons pas.

A toutes les personnes qui ont eu des sanctions administratives suite à la manifestation antifasciste du 17 juin 2012, contactez-nous à l’adresse stop.repression.be@gmail.com pour vous informer sur les démarches à suivre pour contester l’amende. C’est à faire dans les deux semaines donc urgent.

Une réunion sera organisée pour donner une suite collective et politique. La suite des informations arrive au fur et à mesure que les informations nous parviennent. No pasaran !


Le 17 juin dernier, des manifestants antifascistes s’étaient opposés à voir défiler cote à cote la formation d’extrême droite du Parti Populaire (PP) ainsi que la milice néo-fasciste Nation. La police avait réagit en arrêtant violemment les jeunes antifascistes pourtant pacifiques dans la station de métro Trône. Les images de la bavure policière ont largement circulé dans la presse et ont déclenché une indignation généralisée. La ministre Milquet et le bourgmestre Thielemans s’étaient alors empressés d’annoncer une enquête.

Depuis hier, les participants à cette contre-manifestation reçoivent des amendes administratives pour « participation à une manifestation non autorisée ». Au delà de la répression politique que ces amendes constituent, on peut s’étonner de l’intitulé de l’amende puisque la ville de Bruxelles avait annoncé par voie de presse le vendredi 15/06 qu’elle autorisait la manifestation d’extrême droite et la contremanifestation antifasciste.

Les autorités communales semblent, en outre, plus efficaces pour distribuer des amendes administratives à des jeunes engagés contre la haine de l’autre que pour faire appliquer la loi Moureaux. On se souviendra en effet, que la manifestation du PP et de Nation avait défilé en scandant des appels à la haine et des slogans racistes ce qui est pourtant interdit par la loi.

De plus, alors que nous sommes bientôt six mois après les faits, la promesse d’enquête reste,une fois de plus, lettre morte. La Ministre Milquet et Mr. Thielemans couvrent leur police malgré la bavure évidente. Il n’y a que la plainte engagée par les manifestants, à leurs frais, qui force les autorités à assurer un minimum de suivi.

Nos organisations de jeunesse dénoncent avec force l’utilisation d’amendes administratives arbitraires et manifestement injustes pour décourager l’engagement des jeunes et leur expression politique. Nous ne pouvons que nous opposer à l’application par Mme Milquet et Mr Thielemans d’un « deux poids deux mesures » des plus dangereux au vu de la gravité des faits. Il est donc évident que nous contesterons ces amendes et que nous ne les payerons en aucun cas !

Contacts presse :
JOC : Jalil Bourhidane, 0472/ 21 44 75, jocbruxelles@joc.be
Etudiants FGTB : Gilles Louweres 0471/ 66 30 58, coordination@efgtb-bxl.be

Heureusement que ce week-end la police était là !

Thomas Gunzig

Nous reproduisons ci-dessous la retranscription de l’excellent « café serré » que Thomas Gunzig avait consacré à la répression des manifestants antifascistes le 19 juin dernier (Avanti4.be)

Bonjour Georges, Bonjour tout le monde,

Nous le savons, le monde est moche. Moche, brutal et injuste. Et les humains qui le peuplent ont pour la plupart une âme qui ressemble à ce vieux reste de hachis Parmentier que j’ai retrouvé hier dans un tupperware qui était tombé derrière le tiroir à légume du frigo.

Du coup, quand en quelques rares occasions, ils s’en révèlent des courageux ou des inspirés dont les petites actions, à leur petit niveau semblent faire du bien à l’humanité entière, je trouve qu’il est important de le souligner.

Donc ce matin, je tenais à rendre hommage à ces policiers anonymes. Anonymes parce qu’ils sont en uniforme et derrière un gros casque à visière. Alors on ne les voit jamais. À ces policiers anonymes qui ont avec beaucoup de courage et au péril de rayer leur matraque, protégé une manifestation qui a eu lieu ce week-end.

Alors, la manifestation qu’ils ont protégé, c’est un peu compliqué à expliquer ce que c’était exactement. Parce que à la base, c’était les gens du PP qui devaient défiler en pull Bouvy couleur lilas sur les épaules contre l’islam intégriste. Du coup les gens de Nation, en t-shirts noirs qui se sont définis pour l’occasion comme d’extrême-droite mais pas néo-nazis. Je pense que la différence se situe au niveau des bottes en cuir. Des gens de Nation donc qui ont voulu défiler contre l’islam tout court. Du coup les gens du PP qui n’aiment pas les gens de Nation étaient un peu emmerdés et sont restés à l’écart. Mais il y avait aussi des anti-fascistes qui voulaient manifester contre l’islam intégriste, contre le PP et contre l’extrême-droite et qui ont donc voulu contre-manifester à la manifestation. Vous me suivez ?

Bref, c’était un peu compliqué.

Mais là, hommage. Malgré la complexité de la situation, la police a tout de suite bien réagi.

Important cordon de protection autour des gens de Nation et autour des gens du PP. Et ça, ça devait être compliqué car comme je l’ai dit, l’un collait l’autre qui essayait d’éviter le premier. Important cordon de policier pour le protéger donc.

Et puis, bel esprit d’initiative d’autres policiers qui descendent dans le métro et qui comprennent au quart de tour ce qu’il faut faire quand on est dans une station de métro. Il faut taper. Mais pas taper un type ou deux. Non, il faut taper tout le monde. Il faut taper les contre-manifestants. Si possible sur le crâne. Si possible en s’y mettant à plusieurs. Et je tiens à souligner ici que s’attaquer à plus faible que soit reste à mon sens une preuve d’intelligence.

Mais aussi taper les gens qui étaient là à attendre le métro. Et c’est vrai et je suis à le premier à le dire : on ne sait jamais ce qui se cache derrière quelqu’un qui attend le métro. Peut-être que cette personne veut faire quelque chose d’horrible. Du genre aller à son travail. Ou bien aller chercher ses gosses à un goûter d’anniversaire.

Taper les contre-manifestants donc. Et les gens qui attendent. Mais aussi taper les journalistes en disant « t’es journaliste, on s’en fout ». Et là, encore une fois, je salue le bon sens de ces policiers parce que les journalistes, ça fait deux ans que je les croise trois matins par semaine. Et je peux vous assurer que certains d’entre eux, bon, Georges, Bertrand, j’imagine que je vais vous mettre dans l’embarras en révélant ça ce matin. Que certains de ces journalistes lisent des livres. Que certains se documentent dans la presse. Et que certains même essayent d’informer, non d’un chien ! Et ça fait des années que personne ne bouge. Heureusement que ce week-end la police était là.

Alors évidemment, ce que je ne comprends pas c’est que en gros ça s’est arrêté là. Ça avait bien commencé dans le métro et puis plus rien.

Alors que quand même il y a plein de crânes à fracasser dans Bruxelles.

Figurez-vous que je tiens de bonne source qu’il y a des gens à Bruxelles qui font leurs courses au supermarché, bien à l’aise et là personne ne dit rien. Je crois savoir également qu’il y a des gens à Bruxelles, le samedi quand il fait beau, et bien, ils vont se promener au bois. Comme ça en toute impunité. Vous vous rendez-compte Monsieur Cerexhe ? Et le soir, on m’a dit que certaines personnes racontent à leurs enfants des histoires. Des histoires avec des princesses à l’intérieur.

Évidemment, bombarder des quartiers entiers et égorger des enfants comme on le fait en Syrie, ça, ça demande que les esprits évoluent encore un peu mais ayons confiance.

D’ailleurs, j’ai vu qu’on allait engager 250 nouveaux policiers à Bruxelles. J’espère qu’ils auront une aussi bonne formation que les héros de ce week-end.

À demain.