Basta le politiquement correct !

Thomas Gunzig 12 février 2014

Le « Café serré » de Thomas Gunzig de ce mercredi 12 février sur la Première radio…

Bonjour Pierre-Yves, bonjour tout le monde et puis bonjour Monsieur Destexhe,

Alors, Monsieur Destexhe, quand on m’a dit que ce serait vous l’invité de ce matin, je me suis dit « Ah, tiens, chouette, ça va être l’occasion de faire connaissance ». D’autant qu’on a plein de points communs. Par exemple, comme moi, vous aimez beaucoup Stanley Kubrick. En tout cas, j’ai vu que vous aviez écrit un livre qui a l’air de parler de lui : Bruxelles, Orange mécanique. Orange mécanique, un film que j’adore, vous le connaissez, hein. Une histoire qui fait vraiment peur en montrant comment un gouvernement conservateur et très à droite pourrait essayer d’imposer son contrôle psychologique sur ses citoyens. Terrifiant.

Enfin, bref, quand on m’a dit que ce serait vous, je me suis dit que pour mieux vous connaître — et comme j’avais plus le temps de lire vos livres —, il fallait que j’aille sur votre blog. Donc, j’ai été sur votre blog. J’ai été sur votre blog et là, et là, Monsieur Destexhe, mais quelle merveilleuse surprise, votre blog s’appelle Basta le politiquement correct. Basta le politiquement correct, Monsieur Destexhe, vous et moi on est pareil. Si j’avais un blog, c’est comme ça que je l’aurais appelé. Par contre, je n’aurais pas utilisé le mot « basta ». « Basta », c’est un foutu mot italien. Et les Italiens sont, comme vous et moi le savons, tous maffieux, menteurs, machos gominés et hystériques. Tous. Je ne suis pas raciste mais enfin, les statistiques sont ce qu’elles sont et les chiffres — nous le savons aussi — ne mentent jamais, eux.

Mais, soit. Alors, votre blog, il est terrible. Il m’a fait super peur. Bruxelles est dans un état. C’est bien simple, on dirait Kaboul. Du viol, de l’agression, du hold-up crapuleux, du racket, de l’intimidation, de la délinquance galopante, de l’insécurité partout, de la misère noire, du chômage et surtout, du Taliban. Bon, du coup, moi c’est simple, j’ai fait comme vous et j’ai décidé de ne plus sortir de chez moi, on ne sait jamais.

Bruxelles et toute la Wallonie d’ailleurs sont sur la pente d’un inéluctable déclin. Et tout ça c’est toujours la faute aux mêmes personnes. Hein, vous voyez le profil n’est-ce pas Monsieur Destexhe : les suédois. Ah, ah, ah, j’adore quand vous les appelez comme ça, c’est vraiment marrant.

Mais tout ça, vous le dites bien, c’est tabou, on ne peut pas en parler. On ne peut pas en parler à cause de tous ces bobos bien pensants, politiquement corrects, gauchistes, victimaires, droit de l’hommistes, limite musulmans, parfois crollés, toujours circoncis, certainement pro-excision et prêts aux accommodements raisonnables avec cette graine de djihadistes.

Heureusement, vous êtes là. Et vous m’avez convaincu : le libéralisme bien libéral est la seule voie du bonheur. La banque, la finance, la dérégulation, la flexibilité, ça au moins ça marche super bien, ça n’exclut personne, tout le monde est gagnant — enfin, sauf les perdants.

En tout cas, moi je suis comme vous, je trouve aussi que notre société part en saucisse. C’est à un effondrement moral que nous assistons. Et tout ça à cause de cette engeance soixante-huitarde communautaire relativiste sataniste, probablement homosexuelle, polygame, certainement trotskiste et plein de mycoses aux pieds. Notre société part en saucisse. Mais quand tout le monde se tait, vous, vous parlez et vous soutenez ceux qui ont l’audace de s’opposer à la pensée unique. Vous relayez la parole des héros de notre temps.

Et d’ailleurs, sur Twitter, vous vous déclarez bien d’accord avec Jean-François Copé quand il se dit outré par le livre pour enfant Tous à poil. Un livre, Pierre-Yves, où il y a des dessins de gens à poil. Nom d’un chien, Bertrand. Comme dans les peintures de Michel-Ange. Mais ne mélangez pas tout, ce n’est pas la même chose. Tous à poil et puis quoi encore ? Parce que moi non plus je ne veux pas que mes enfants sachent que sous leurs vêtements, les gens sont à poil. Être à poil, c’est dégueulasse et c’est bien ce que j’explique à mes deux filles avant qu’elles ne sortent de la maison : couvrez-vous, voilez-vous de la tête au pied, un casque, un foulard, une burqa, c’est Monsieur Destexhe qui vous le dit.

Nom d’un chien, basta au politiquement correct. Disons les choses sans nous cacher la face. Ce qu’il nous faut c’est une bonne tolérance zéro. D’ailleurs, je l’applique déjà chez moi : mon gamin met ses coudes sur la table, clac !, ma main part tout de suite. Les coudes sur la table et puis quoi encore ? Et pour la délinquance c’est la même chose : fouettons les vandales, coupons les mains droites aux voleurs, flagellons les fornicateurs, lapidons les femmes adultères.

Enfin, bref, Monsieur Destexhe, je suis à cent pour cent d’accord avec vous. Basta le politiquement correct, ce qu’il nous faut c’est rétablir la sharia et les moutons seront bien gardés.

À la semaine prochaine.