4 Juillet, jour de l’Indépendance des Etats-Unis : L’histoire occultée

Silvia Arana 5 juillet 2014

L’histoire officielle des Etats-Unis proclame que ses pères fondateurs luttèrent contre la monarchie anglaise pour instaurer une république libre, souveraine et juste pour tous les habitants de la nouvelle nation. Il est surprenant de constater à quel point cette vision s’est imposée de manière monolithique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Néanmoins, il y a eu, et il y a encore, de nouvelles perspectives historiques qui remettent en question l’histoire officielle.

Dans son livre « A People’s History of the United States » (1980), Howard Zinn soutient que la principale motivation des colons européens en Amérique du Nord pour se séparer de la couronne anglaise n’était pas l’idéal démocratique, mais bien la soif de possession des territoires indigènes. Il explique que, après 1763, avec la victoire de l’Angleterre contre la France dans la Guerre de Sept Ans, et avec l’expulsion des Français d’Amérique du Nord, l’ambitieuse élite sociale et politique des colonies n’avait plus que deux rivaux : les Anglais et les Indiens. Les Anglais, pour apaiser les indigènes, avaient déclarés que les terres à l’ouest des Appalaches étaient interdites aux colons européens (Proclamation de 1763). De sorte que l’expansion de l’élite coloniale sur les terres indigènes ne pouvait uniquement avoir lieu que si les Treize Colonies devenaient indépendantes de l’Angleterre.

L’historien Gerald Horne, dans son nouveau livre « The Counter-Revolution of 1776 : Slave Resistance and the Origins of the United States of America » (2014), affirme que la base de la fondation des Etats-Unis ne fut pas la liberté mais bien l’esclavage. Il dit qu’en 1776, les Treize Colonies se soulevèrent contre l’Angleterre pour défendre l’esclavage, en employant pour la galerie les mots de liberté et d’égalité. Selon Horne, le 4 Juillet 1776 représente une contre-révolution. Le détonateur de la révolte aurait été la crainte, existante parmi les colons européens, de voir Londres pencher vers l’abolition de l’esclavage. L’ « affaire Somerset », qui eut lieu à Londres en 1772, semblait indiquer que l’abolition serait non seulement ratifiée dans la métropole, mais aussi dans les colonies, ce qui aurait eut des conséquences dévastatrices pour les principales fortunes des colons, qui reposaient non seulement sur le travail des esclaves dans les plantations, mais également sur le trafic de ces esclaves.

Dans un entretien avec « salon.com », Horn a expliqué pourquoi selon lui le « mythe de la création des Etats-Unis » a été, et continue encore à être accepté sans beaucoup de questionnements. Il pense que le fait positif que de nombreux Européens trouvèrent dans la nouvelle république un sanctuaire contre la persécution religieux a été cruciale pour occulter d’autres faits graves : que les Etats-Unis ont commis un génocide contre la population indigène et réduits à l’esclavage des centaines de milliers d’Africains [1].

On peut ajouter deux fait significatifs : George Washington, le premier président des Etats-Unis, a possédé des esclaves et était l’homme le plus riche des colonies et de la nouvelle république fondée en 1776. Le second président des Etats-Unis, John Adams, était également un défenseur reconnu de l’esclavage.

Source :
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=186917&titular=la-historia-oculta-
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

Note :