Débats/Théorie/Histoire

  • La gauche, les conflits « postmodernes » et le manque de repères

    Mario Sei 13 octobre 2013

    Nous vivons dans une période caractérisée par un état de crise permanente, au point que c’est le mot crise qui s’avère désormais inadéquat pour rende compte de la situation, et nous sommes aussi dans une époque où tout bouge très rapidement, soit au niveau de la production matérielle soit au niveau de ce que l’on appelle l’actualité.
    Dans cette confusion postmoderne, où toute chose semble se confondre et se mélanger à son contraire, – une confusion causée aussi par la prolifération médiatique des récits qui, dans une polyphonie inextricable, s’entrelacent aux faits et produisent une réalité dont la distinction entre réel et irréel, vrai et faux, reste souvent inintelligible – il y a toutefois un élément (...)

  • Marxisme, développement durable et crise écologique

    Juan Cervantès 6 octobre 2013

    L’un des problèmes les plus sérieux qu’affronte l’humanité en ce moment est sans aucun doute la crise écologique, aggravée à son tour par la crise économique et financière. On peut considérer que la crise écologique a peu de chose à voir avec des problèmes « naturels » et qu’elle découle, par contre, directement du capital. Cet article présente une brève analyse du concept de « développement durable » ainsi que de la manière avec laquelle le matérialisme historique aborde cette conception du développement.
    L’un des concepts les plus importants issus du mouvement écologiste est celui du « développement durable » qui est aujourd’hui, de facto, utilisé et promu comme une forme valable de développement et qui (...)

  • Le mythe du centralisme démocratique

    Juan Carlos Venturini 3 octobre 2013

    Ecrit à la fin des années 1990 par une marxiste sud-américain, ce texte n’a rien perdu de son actualité à l’heure où se posent de véritables questions existentielles pour plusieurs organisations révolutionnaires. Ayant largement perpétué un modèle organisationnel qui s’est appuyé sur les moments les moins démocratiques du parti bolchevique de Lénine, certaines de ces organisations traversent aujourd’hui des moments critiques à cause de leur inadéquation avec le monde d’aujourd’hui et les aspirations profondément démocratiques des mouvements de contestation. Une contribution supplémentaire à un débat nécessaire sur l’héritage du parti dit « léniniste » (Avanti4.be)
    « Le souvenir des morts écrase le cerveau des (...)

  • E.P. Thompson, la centralité politique de la classe et la gauche académique

    Ellen Meiksins Wood 25 septembre 2013

    Il existait encore une importante culture anticapitaliste dans la gauche intellectuelle quand, en 1963, E.P. Thompson a publié « La Formation de la classe ouvrière anglaise » (Edition française ; Seuil, 1988, NdT) et cette culture s’était fortement développée parmi le groupe des historiens marxistes britanniques, ce cercle brillant auquel Thompson appartenait. Pourtant, un peu plus de dix ans plus tard, malgré les (ou peut être à cause des) éruptions militantes de 68 et de certaines luttes ouvrières spectaculaires, la vie intellectuelle de la gauche occidentale fut caractérisée par une attitude de capitulation face au capitalisme et par ou un « oubli de la classe ».
    Les courants académiques (...)

  • Mort et résurrection du développement : Un jour sans fin

    Eduardo Gudynas 22 septembre 2013

    Les concepts classiques du développement sont constamment remis en question mais ils réapparaissent tout aussi constamment sous des noms divers. Il semble bien que des cycles se répètent avec la défense, les critiques, l’écroulement et la renaissance de ces concepts sur le développement. Face à ce type de phénomène, et afin de surmonter ces cycles perpétuels, des changements culturels sont nécessaires.
    A chaque fois que j’observe le débat actuel sur le développement, je me rappelle le film « Un jour sans fin ». Il s’agit d’un film notable, tourné en 1993 et où un journaliste, interprété par Bill Murray, est condamné à revivre des centaines de fois la même journée. Peu importe ce qu’il fasse ou ce qu’il (...)

  • Sur les méthodes de discussion dans la gauche marxiste

    Rolando Astarita 18 septembre 2013

    L’une des choses qui fait le plus de tort aux mouvements de gauche, et en particulier à ceux qui se réclament du marxisme, sont les formes et les méthodes à travers lesquelles on « tranche » les débats politiques et idéologiques. Il est fréquent dans ces milieux que, face aux divergences, on lance des invectives injurieuses et des calomnies les plus diverses.
    Pour ne pas généraliser de manière abstraite, je présente ici quelques exemples tirés de mon expérience personnelle. (…). Pour avoir exprimé mon opinion que l’URSS avait cessé d’être un Etat ouvrier plusieurs décennies déjà avant sa chute, j’ai été accusé par un écrivain du Parti Ouvrier (organisation trotskyste « orthodoxe » argentine, NdT) d’être un « (...)

  • Edward. P. Thompson (1924-1993) et le courant romantique dans les sciences sociales en Angleterre

    Michael Löwy, Robert Sayre 15 septembre 2013

    Il y a 20 ans, en août 1993, disparaissait l’un des plus grands historiens marxistes du XXe siècle, le britannique Edward. P. Thompson, auteur de « La formation de la classe ouvrière anglaise » et dont la pensée et les réflexions profondément originales sont malheureusement encore trop méconnues dans le monde francophone. Nous reproduisons ci-dessous de larges extraits d’un texte consacré à l’œuvre de cet historien par Michael Löwy et Robert Sayre. (Avanti4.be)
    La vision romantique du monde court comme un fil rouge à travers les écrits politiques, théoriques et historiographiques d’E. P. Thompson. Dans le cadre de cet article nous allons limiter nos commentaires à sa contribution aux sciences sociales. (...)

  • Un nouveau cycle de luttes dans le monde ? (V) — Un second 1848 ou 1905 ? — A l’approche d’un demi-siècle d’attente

    Cihan Tugal, Claude Gabriel 12 septembre 2013

    Tandis qu’on assiste à un renouveau des protestations en Turquie et à d’importantes manifestations en Tunisie, une série de mobilisations de masse surgissent à nouveau en Amérique latine, avec la grève paysanne en Colombie, la grève des enseignants au Mexique ou la mobilisation de la jeunesse équatorienne en faveur de la préservation du parc Yasuni-ITT. En Roumanie, une protestation massive se développe contre l’exploitation d’une mine de cyanure. Dans notre série de dossiers consacrés au nouveau cycle de luttes dans le monde, nous publions ci-dessous deux nouvelles contributions. Celle de Cihan Tugal explore les points communs avec les précédentes vagues de luttes en 1848 et 1905 et insiste sur leur (...)

  • Notes sur l’actualité des théories de l’Etat et des crises chez Gramsci

    Carmen Weidenmeyer 9 septembre 2013

    Quand Gramsci parle de l’Etat, il ne se réfère pas à un concept restreint, comme celui de la tradition libérale où il est réduit à trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. Gramsci a développé la conception marxiste de l’Etat en l’élargissant car il y englobe à la fois la structure (les rapports de production) et la superstructure ; autrement dit, sa conception de l’Etat comprend l’économique, le politique et l’idéologique comme étant dialectiquement liés.
    Gramsci considère que l’Etat est formé par le binôme constitué par la société politique (gouvernement, police, armée, administration) et la société civile (Eglise, syndicats, entités privées, entreprises – lieu de l’exploitation –, médias, (...)

  • Victor Serge et le léninisme libertaire

    Philip Spencer 4 septembre 2013

    Victor Serge (1890-1947) est une figure marquante du mouvement ouvrier international. Né à Ixelles, en Belgique, de parents russes (son véritable nom était Viktor Lvovitch Kibaltchitch), il fut durant sa jeunesse un militant actif du mouvement anarchiste, au sein duquel il fit ses premières armes comme journaliste révolutionnaire. Après la Révolution russe de 1917, attiré par le bolchevisme, il émigra en URSS et travailla pour la nouvelle Internationale communiste. Membre de l’Opposition de gauche au stalinisme, il fut arrêté à plusieurs reprises. Grâce à une campagne internationale, il fut libéré et quitta l’URSS en 1936. Plusieurs divergences l’amenèrent par la suite à la rupture avec Léon Trotsky, (...)