Pour un féminisme anticapitaliste ici et maintenant

Sandra Ezquerra 21 avril 2013

Nous publions ici la traduction de la préface à l’édition espagnole du livre de Cinzia Arruzza paru en Italien : « Le relazioni pericolose, Matrimoni e divorzi tra marxismo e feminismo » (Les liaisons dangereuses. Mariages et divorces entre marxisme et féminisme). Une édition anglaise vient récemment d’être publiée chez Merlin Press : « Dangerous Liaisons. The marriages and divorces of Marxism and Feminism » (2013).

« L’un des problèmes fondamentaux du marxisme actuel consiste à ne pas comprendre les raisons concrètes qui divisent les travailleurs et qui empêchent la croissance de la solidarité de classe. Parmi ces raisons se distinguent en particulier le racisme et le sexisme. En conséquence, une lutte de classes qui se veut sérieuse dans le monde moderne doit placer ces questions au premier plan. »
Stephanie Coonzie

Marxisme sans féminisme

L’histoire du féminisme et du marxisme se caractérisent par de constantes occasions de rencontres qui, cependant, n’ont jamais abouti afin de cristalliser une unité complète et satisfaisante pour les deux parties. Pendant près de deux siècles, le mouvement féministe et le mouvement ouvrier se sont retrouvés dans des luttes, ont travaillé ensemble, se sont méfiés l’un de l’autre, ont recommencé à converger, à se séparer, à se redécouvrir, à se renier et à s’observer à bonne distance. Et ainsi de suite. Jusqu’ici. Jusqu’à maintenant.

S’il est vrai que le scepticisme du mouvement ouvrier envers le féminisme – à cause, bien souvent, du faible intérêt de ce dernier pour les conditions et les besoins spécifiques des ouvriers et des ouvrières - a souvent été plus que justifié, les tensions entre les deux ne peuvent être réduites ni être expliquées uniquement par ce facteur. Au cours du XIXe siècle et une partie du XXe, des voix se sont élevées au sein du mouvement ouvrier contre la participation des femmes au marché du travail. En outre, elles s’accompagnaient de discours, comme au sein de la Première Internationale, proclamant que la place naturelle des femmes était au foyer. Ces postures étaient le fruit de considérations à la fois économiques et moralistes. La perception dominante de la femme en tant qu’être inférieur à l’homme s’est combinée à l’effet de la baisse des salaires globaux provoquée par l’entrée des femmes dans le marché du travail, suscitant ainsi des grèves organisées par les hommes contre les travailleuses.

Historiquement, le capital a utilisé la force de travail féminine et infantile afin de réduire les coûts. Face à cela, le mouvement ouvrier – et là réside sa première trahison – a souvent opté pour revendiquer le salaire familial afin d’exclure les femmes du marché du travail au lieu de lutter au coude à coude pour l’égalité des salaires et des droits pour tous et toutes et éviter ainsi une fragmentation de la classe travailleuse. Ironiquement, le péché de division du mouvement ouvrier, qui a constitué la principale accusation du mouvement ouvrier contre le féminisme, a été le fait du premier et non du second. La combinaison d’erreurs de calcul et de préjugés moraux a parfois mené le mouvement ouvrier et le marxisme à laisser les femmes sur le bas côté et Cinzia Aruzza nous raconte de manière détaillée comment des questions comme le droit de vote pour les femmes, le divorce, la contraception et l’avortement, parmi d’autres droits démocratiques des femmes, furent des questions taboues au sein du PCF (Parti communiste français) et du PCI (Parti communiste italien) pendant une bonne partie du XXe siècle.

Les femmes n’ont pas été seules à se voir exclues à un moment ou un autre des revendications syndicales et du marxisme. Historiquement, les minorités ethniques et les personnes d’origine immigrée ont partagé avec nous l’honneur douteux d’être perçus comme une menace au lieu d’être vus comme des camarades de lutte. Les uns comme les autres, nous avons souvent été sacrifiés sous prétexte de sauvegarder les droits des travailleurs hommes, blancs, autochtones : les travailleurs « de toujours » ; les « véritables » travailleurs. Inutile de dire que ces exclusions ont bénéficié aux intérêts du capital et ont contribué à la fragmentation et à l’affaiblissement de la lutte des classes.

Les tensions historiques entre marxisme et féminisme ne se sont pas limitées au domaine des revendications politiques ; un autre problème important, bien que lié avec ce que nous avons déjà mentionné, concerne la « micro-politique », ou le sexisme au sein du mouvement ouvrier et des autres mouvements sociaux.

Nous pouvons ainsi rappeler le mépris avec lequel les travailleuses étaient traitées par leurs camarades du syndicat dans le film « Le Sel de la Terre ». Mais ce sexisme, ainsi que la division sexuelle des activités politiques, a également été présent dans de nombreuses organisations et mouvements sociaux mixtes au cours des dernières décennies du XXe siècle. Cinzia Arruzza décrit ainsi avec vivacité le cas des mouvements sociaux nord-américains des années 1960, « où qu’elles aillent, les milliers de femmes nord-américaines engagées dans les mouvements pour les droits civils, dans les mouvements étudiants, le mouvement contre la guerre, se heurtaient de plein fouet avec le même sexisme. Le sarcasme, la dérision, le mépris ouvert dont elles étaient l’objet quand elles cherchaient à avancer des revendications et à proposer des réflexions à partir du point de vue de leur oppression spécifique en tant que femmes n’aurait eu qu’une seule issue : le divorce entre le mouvement féministe et les autres mouvements », particulièrement le mouvement ouvrier. Et tel fut le cas.

Féminisme sans marxisme

Le mouvement féministe nord-américain apparaît et se consolide au début des années 1970, particulièrement dans la petite-bourgeoisie et les classes moyennes et intellectuelles. Il s’organise en petits groupes de femmes qui se consacrent majoritairement à des pratiques d’auto-conscience. Le féminisme radical, qui met l’accent sur l’analyse des rapports interpersonnels et se base sur une version essentialiste de la différence dérivée des caractéristiques sexuelles de femmes, a eu une influence particulière. Dans d’autres pays, comme en France, se sont également propagés des groupes féministes séparatistes, malgré le fait que certaines féministes qui militaient dans des organisations mixtes de la gauche révolutionnaire tentèrent en vain de relier le mouvement féministe avec leurs organisations. De manière significative, au cours des ces années, certains secteurs du féminisme italien déclaraient publiquement « la nette rupture avec l’histoire du mouvement ouvrier et avec sa théorie » et critiquaient toute forme de collaboration avec les organisations mixtes.

L’une des réponses théoriques et politiques de la part du mouvement féministe face à perspective de « classe sans genre » d’une bonne partie du mouvement ouvrier et la tradition marxiste fut d’avancer le concept de « genre comme classe ». Selon des féministes matérialistes comme Christine Delphy, c’étaient les hommes (et pas tant le capitalisme) qui, dans le cadre d’un mode de production patriarcal, s’appropriaient le travail reproductif des femmes. Au sein de ce mode de production, les hommes et les femmes constituaient deux classes antagonistes liées par un rapport d’exploitation des secondes par les premiers. La conclusion logique de ce rapport, comme le montre Arruzza, est l’existence d’une classe de femmes qui, indépendamment qu’elles soient épouses de riches magnats ou d’ouvriers d’industrie, se situent dans un rapport antagoniste avec la classe exploiteuse des hommes. Si la principale contribution de féministes comme Delphy fut de mettre en lumière l’importance du travail reproductif mené à bien par les femmes, et dont l’importance était sous-estimée par le marxisme classique, sa perspective versait dans la même erreur, mais en sens inverse, que ce dernier. Autrement dit ; face à l’invisibilisation du genre en faveur de la classe, elles postulèrent la prédominance du genre sur la classe, faisant en sorte que, d’une certaine manière, cette dernière disparaisse.

Un autre des éléments constitutifs de la séparation féminisme et mouvements sociaux mixtes a été la prévalence politique, dans certains secteurs féministes, du sexe des rapports de classe, ou le dénommé « genre sans classe ». Le féminisme radical nord-américain de la fin des années 1970, qui a eu une énorme influence dans de nombreux pays occidentaux, a considéré le patriarcat comme un système d’oppression autonome de la part des hommes et, se distinguant ainsi tant du féminisme libéral que du féminisme socialiste, l’a identifié comme l’ennemi principal et commun à toutes les femmes. Des féministes comme Shulamith Firestone identifièrent la différence biologique entre les hommes et les femmes comme la racine de la subordination féminine, naturalisant ainsi les inégalités de genre et les présentant comme inévitables. D’autre part, le « féminisme de la différence », fortement critiqué par Lidia Cirillo dans « Mieux vaut être orphelines », a débouché sur une essentialisation de la différence sexuelle en mettant l’accent sur le biologique et le symbolique, ce qui a également joué un rôle fondamental dans la « sécession » du féminisme vis à vis des mouvements sociaux.

Pendant les années 1980 et 1990, tant la pensée lesbienne que la Théorie Queer ont commencé à remettre en question le binôme conceptuel de « homme » et « femme » instauré par le féminisme radical et la pensée de la différence, ainsi que l’essentialisme dans lequel ces derniers débouchaient. La Théorie Queer, en particulier, principalement représentée par Judith Butler, inverse le rapport cause-effet établit par les féministes radicales et par celles de la différence et conclu que, au lieu que ce soit le sexe qui détermine le genre, c’est précisément le genre, constitué par des rituels coercitifs, qui configure le rapport de pouvoir, qui définit et modélise la matérialité du corps-sexe.

La rupture du mouvement féministe par rapport au mouvement ouvrier et aux autres mouvements sociaux depuis les années 1970 s’est faite parallèlement à la rupture avec sa critique des rapports de production en faveur de celle qui met l’accent sur les rapports de domination et de pouvoir. Il s’est ainsi opéré un déplacement des rapports matériels vers le plan du discours et du langage en tant que lieux de configuration de la hiérarchie entre les sexes. Cela, ensemble avec l’explication des inégalités entre les hommes et les femmes comme conséquence des différences biologiques entre les uns et les autres, débouche sur dé-historicisation du patriarcat et son interprétation comme quelque chose de statique et d’invariable.

A cause de ce manque de rigueur analytique et du séparatisme de certains secteurs du mouvement féministe pendant ces dernières décennies, ce dernier n’a pas débouché sur une stratégie politique féministe efficace. Il a au contraire contribué à l’isolement du mouvement, ainsi qu’à sa croissante fragmentation interne, rendant très difficiles les alliances entre celui-ci et d’autres luttes. Les conséquences politiques et théoriques n’ont pas été moins négatives. La lecture biologiciste et psychologisante a débouché sur une vision idéaliste des rapports entre hommes et femmes qui a ignoré l’importance d’autres axes de pouvoir, comme la « race » ou la classe, dans la configuration des formes d’oppression vécues par les femmes, ainsi que dans son processus d’identification et de subjectivisation en tant que sujet collectif. En outre, le déterminisme biologique a souvent fini par justifier la discrimination et la ségrégation ; l’insistance sur le pouvoir masculin a souvent entraîné des condamnations de type moraliste et même réactionnaire.

Le féminisme anticapitaliste d’ici et de maintenant

L’eau a coulé sous les ponts depuis cette Première Internationale et depuis le long et épineux itinéraire du marxisme et du féminisme au cours du XXe siècle. Les choses ont changé, mais pas autant que nous l’aurions souhaité. Tandis que le mouvement ouvrier et le marxisme n’intègrent toujours pas de manière organique et globale la perspective de genre de leurs discours et dans leurs pratiques, de larges secteurs du féminisme continuent à porter, à des degrés divers, de fortes doses d’essentialisme paralysant et se montrent sceptiques à l’heure de travailler de manière conjointe avec d’autres mouvements sociaux. Indépendamment du fait que nous sommes capables de comprendre les raisons historiques des aveuglements et des négligences des uns et des autres, il est nécessaire de reconnaître que, aujourd’hui plus que jamais, ces derniers ne sont pas seulement inopportuns mais sont avant tout contre-productifs.

Nous, féministes anticapitalistes d’ici et de maintenant, sommes inévitablement les filles de tout cet héritage : héritières et survivantes de cet équilibre constant, quoique précaire, de mariages et de divorces. Tout en dénonçant de manière déterminée le système capitaliste comme étant intrinsèquement déprédateur et destructeur des droits des personnes et de la planète, nous sommes engagées d’une manière non moins enthousiaste dans la lutte contre l’oppression de genre et le patriarcat. Tout en estimant qu’il est nécessaire de mener à bien ce travail au sein des organisations politiques mixtes, il n’en est pas moins important pour nous de travailler dans le mouvement féministe avec d’autres femmes qui, qu’elles se considèrent ou pas comme anticapitalistes, sont souvent aussi, ensemble avec les militant-e-s de nos organisations, nos compagnes de route, nos camarades de lutte.

Notre double pari et notre double présence, cependant, présente de nombreux défis et contradictions qu’il n’est pas toujours facile de résoudre. D’une part, nous constatons souvent que les analyses et les revendications féministes n’ont toujours pas une centralité dans les discours, dans les déclarations et dans les pratiques de nos organisations politiques mixtes. Cela se reflète régulièrement sur le terrain du discours politique, des débats internes, de la division du travail et de la visibilité, ainsi que dans les rapports interpersonnels. D’autre part, certains secteurs du mouvement féministe nous regardent avec une certain suspicion précisément à cause de notre militantisme dans des espaces politiques et mixtes, ainsi que pour notre tentative d’entrelacer notre lutte féministe avec la lutte anticapitaliste. D’une certaine manière, certaines féministes ne nous pardonnent pas notre tentative de transcender le genre et les femmes comme catégorie et sujet politique et voient notre double présence comme une trahison au lieu d’être une tentative d’enrichir de manière simultanée tout autant le féminisme que l’anticapitalisme.

Ainsi, alors que l’histoire des rapports entre le marxisme et le féminisme, entre le mouvement ouvrier et le mouvement féministe, est rempli, comme l’explique Arruzza, de mariages malheureux et de divorces irréconciliables, les féministes anticapitalistes d’ici et maintenant se trouvent ironiquement confrontées au fait qu’il nous est difficile de ressentir tous nos « espaces politiques naturels » comme des foyers complètement propres à nous. Tandis que dans les uns nous sommes souvent les « petites sœurs », dans les autres nous sommes les « invitées ». C’est là le prix à payer pour servir de pont, d’intersection, de liaison. Bien entendu, ce n’est pas toujours le cas, mais il est important de comprendre et de reconnaître de manière courageuse et honnête que, si ce n’est pas toujours ainsi, cela l’est encore.

Et cela est important de le reconnaître pour deux raisons. La première, parce qu’il est nécessaire de contextualiser tout autant la forme historique que politique vu que, si nous avons tiré les leçons des erreurs du passé, nous en sommes aussi le fruit. La seconde raison est que, loin de vivre les contradictions que nous rencontrons et subissons parfois avec frustration, victimisation ou défaitisme, nous devons les expliquer et les articuler politiquement afin de les dépasser et pour contribuer à faire tout autant du marxisme que du féminisme des langages, des théories et des espaces combatifs et de propositions plus complexes, plus inclusifs et plus riches. Malgré les difficultés que cela implique, le moment est venu de cesser de regarder la réalité comme un processus unidimensionnel. C’est avec cet objectif à l’esprit que, loin de voir le marxisme comme u processus achevé dont la pureté ou la rigueur sont menacées par l’intégration du féminisme dans l’analyse de classe, nous parions pour un féminisme qui, en réalité, peut contribuer de manière fondamentale à compléter le marxisme et l’anticapitalisme, et qui les renforce à l’heure d’expliquer la réalité et de la changer en faveur de tous-tes les opprimé-e-s et exploité-e-s. Dans notre engagement à réaliser ce pari, l’ouvrage de Cinzia Arruzza constitue, à mes yeux, un instrument extrêmement utile.

A un moment comme aujourd’hui de crise systémique et multidimensionnelle ; crise économique, écologique, alimentaire et des soins, il est nécessaire et urgent de garantir notre présence dans de multiples fronts et de rendre visibles les formes et les espaces où ils se dissimulent. En fin de compte, il est clair pour nous que, comme l’exprimait Lidia Cirillo dans les années 1990, les rapports de pouvoir se soutiennent réciproquement et qu’il n’est pas possible de contester l’un d’eux sans les contester tous. C’est précisément ici que les difficultés d’être anticapitaliste et féministe doivent se transformer, ici et maintenant, en éventail de nouvelles possibilités.

C’est à l’ère actuelle du capitalisme global que l’affirmation de Cirillo devient plus évidente que jamais ; car il est impossible de comprendre les pirouettes internationales du capital sans prendre considération comme celui-ci mobilise et utilise l’oppression, non seulement de genre, mais aussi raciale et nationale parmi d’autres, afin de maximiser ses profits, se reproduire et s’auto-ériger comme l’unique alternative imaginable.

Il n’est pas possible, par exemple, de comprendre le fonctionnement des villes globales étudiées par la sociologue Saskia Sassen sans prendre en considération la spécialisation de nombreux pays de la périphérie dans la formation et l’exportation de travailleuses domestiques et de soins qui mènent à bien le travail reproductif dans les pays du Centre dans de graves situations de précarité du travail, sociale et légale. Quel rôle jouent les nombreuses lois sur l’immigration dans tout ceci ? Comment comprendre l’interrelation de ses éléments xénophobes, sexistes et de classe ? Il n’est pas possible non plus de comprendre l’émergence massive des usines « maquilas » au Mexique et en Amérique centrale et de zones de production pour l’exportation dans l’Asie du Sud-Est, qui constituent des facteurs clés dans les processus de délocalisation de l’industrie, sans analyser la féminisation internationale de la force de travail menée à bien pendant la même période. Cela a entraîné la perte de prestige de certains secteurs de métiers et dans la diminution du coût de la main d’œuvre utilisée dans ceux-ci et a mis en lumière, à travers des phénomènes comme le féminicide de Ciudad Juarez, les énormes résistances sociales envers « l’émancipation » des femmes.

Et en parlant de résistances, pour prendre des exemples plus proches de nous ; quel rôle joue la violence de genre de plus en plus croissante et visible dans des pays comme l’Etat espagnol dans le cadre de la généralisation de l’intégration des femmes dans le marché du travail et la remise en question des rôles traditionnels de genre qu’elle entraîne ? S’agirait-il donc de processus sans connexion ? Ignorer les rapports entre tous ces facteurs revient à faire, comme nous avertit l’auteure du livre, non seulement peu de cas des femmes, mais « aussi du marxisme et d’un projet politique de transformation radicale de la société ».

Comprendre les processus tant globaux que locaux à partir d’une perspective féministe, anticapitaliste et internationaliste implique de lister les différents rapports de pouvoir et d’exploitation qui ont lieu dans chaque cas et d’analyser toutes leurs intersections. Sans craindre de « complexifier la classe », ni de « rendre visible le genre », ni, comme dit Arruzza, de tomber dans les « ténèbres de l’idéalisme », mais bien comme résultat du souhait de construire un nouveau mouvement de travailleurs et de travailleuses inclusif et vibrant. Un mouvement social et politique révolutionnaire qui, loin de se préoccuper de se revendiquer d’une oppression principale ou originale qui trace une frontière entre l’intérieur et l’extérieur, entre le centre et la marge, lutte de manière décidée et incessante pour en finir avec toutes les oppressions.

Source : http://www.anticapitalistas.org/node/4990 .Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera