Marxisme, développement durable et crise écologique

Juan Cervantès 6 octobre 2013

L’un des problèmes les plus sérieux qu’affronte l’humanité en ce moment est sans aucun doute la crise écologique, aggravée à son tour par la crise économique et financière. On peut considérer que la crise écologique a peu de chose à voir avec des problèmes « naturels » et qu’elle découle, par contre, directement du capital. Cet article présente une brève analyse du concept de « développement durable » ainsi que de la manière avec laquelle le matérialisme historique aborde cette conception du développement.

L’un des concepts les plus importants issus du mouvement écologiste est celui du « développement durable » qui est aujourd’hui, de facto, utilisé et promu comme une forme valable de développement et qui détermine également le cadre idéologique de nombreuses et influentes organisations et mouvements écologistes.

En 1983, sur base de la résolution n°8 du document final de la 102e réunion de l’Assemblée Générale, Javier Pérez de Cuéllar, l’ancien Secrétaire Général des Nations-Unies a demandé à la Première Ministre de Norvège de l’époque, Gro Harlem Brundtland, de constituer une commission indépendante chargée des questions environnementales et de développement. Cette commission fut connue sous le nom de « Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement ».

En 1987, cette Commission a publié une étude qui a eu un très large écho. Ce rapport s’intitulait « Notre avenir commun » et il est généralement connu comme le « Rapport Brundtland » (1987). Bien que ce document indiquait que la mauvaise distribution des ressources, la dépendance économique envers les combustibles fossiles et l’utilisation massive de ceux-ci constituent des problèmes structurels de la détérioration écologique globale, il n’apportait aucune réflexion quant au système qui provoquait un tel développement insoutenable. Ainsi, en omettant cette analyse, il absolvait le système économique et sa logique d’où dérivent en grande partie les problèmes écologiques auxquels nous faisons face aujourd’hui.

Il est important de souligner que ce rapport proposait et défendait la nécessité de poursuivre des taux élevés de croissance économique - ainsi que l’idée de la croissance en tant qu’indice du progrès – dans le cadre d’une économie capitaliste de marché de type libérale. Il considérait que tous les problèmes environnementaux pouvaient être résolus au sein de ce cadre. Ces idées ont été « répétées jusqu’à la satiété par les idéologues du capitalisme des pays développés, ainsi que par les économistes et les dirigeants politiques » (Schoijet, 2002 : 182). On peut donc considérer que ce rapport, au lieu d’indiquer une voie alternative à la croissance, offrait au contraire un soutien idéologique à la croissance économique basée sur une économie néolibérale.

En outre, le rapport définissait ce qui peut être considéré comme le cheval de bataille de la « Commission Brundtland » et ce qui constitue aujourd’hui la base pour de nombreux gouvernements et organisations à travers le monde - de Greenpeace à la Banque Mondiale - à savoir le concept de « Développement durable ». Sa définition était formulée ainsi : « Le développement durable est le développement qui satisfait les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins ».

D’après Schoijet (2002 : 180), le rapport n’expliquait pas quels seraient les résultats de ce modèle de développement, ni quels seraient précisément les besoins de la génération actuelle et ceux des générations futures. Dans ce sens, il n’apportait aucun éclaircissement non plus sur les conditions qui mettraient en péril les besoins des générations futures. En conséquence, il n’est pas fortuit - et c’est même symptomatique - que les gouvernements qui permettent ou approuvent des politiques destructrices pour l’environnement n’ont par ailleurs aucun problème à accepter ce concept de développement durable dans la forme qu’il a prise depuis sa définition.

Il est important de noter que le rapport soulignait la nécessité d’un changement au niveau politique et que le développement durable ne pouvait être réalisé que par des efforts gouvernementaux communs. Dans ce sens, comme l’ont signalé Brand et Gorg (2003), les gouvernements ne réagissent pas à la suite de problèmes écologiques concrets, mais bien à cause d’une pression politique croissante en faveur d’une gestion internationale des problèmes environnementaux globaux. Ces dernières années, la nécessité politique d’une coopération internationale a engendré une énorme quantité d’accords environnementaux internationaux. Mais ces accords (pourtant conçus en tant qu’instruments de coopération) n’éliminent nullement la concurrence entre les Etats et entre les différents secteurs et régions économiques.

On peut dès lors considérer que la raison pour laquelle aucune solution viable ne s’est présentée pour résoudre la dégradation environnementale, vingt ans après la définition du concept de développement durable, réside précisément dans le fait que ce concept a été utilisé comme un instrument destiné à stabiliser ou à étendre l’économie de marché - ce que Leff (2007) avait clairement prédit.

Le discours sur la croissance durable cherche à inscrire les politiques environnementales dans les recettes concoctées par l’économie néolibérale de marché afin de répondre aux processus de dégradation écologique et d’utilisation rationnelle des ressources naturelles. En même temps, il répond à la nécessité de légitimer l’économie de marché. Ces stratégies de « capitalisation » de la nature sont entrées dans le discours officiel des politiques environnementales et dans leurs instruments légaux et réglementaires.

Ainsi, la définition du développement durable peut être conçue d’un point de vue économique et, par conséquent, elle peut être définie comme le maintien d’un stock de ressources et d’un certain niveau de qualité environnementale destinés à assurer la satisfaction des besoins élémentaires des générations actuelles et futures. En partant de là, on peut supposer que dans une perspective purement économique, ce qui est recherché, c’est en réalité la durabilité du développement capitaliste et non un développement durable.

Le matérialisme historique et la nature

Marx était un matérialiste dont la principale contribution, comme il le soulignait lui-même, résidait dans l’élaboration d’une conception matérialiste de l’histoire. Mais, pour Marx, la conception matérialiste de l’histoire était destinée à compléter dialectiquement la conception matérialiste de la nature car, en dernière instance, toutes deux formaient une même conception de la réalité (Clark/Foster, 2010 : 144). Comme Marx et Engels l’ont souligné dans « L’Idéologie allemande » :

« Nous ne connaissons qu’une seule science, celle de l’histoire. L’histoire peut être examinée sous deux aspects. On peut la scinder en histoire de la nature et en histoire des hommes. Les deux aspects cependant ne sont pas séparables ; aussi longtemps qu’existent des hommes, leur histoire et celle de la nature se conditionnent réciproquement. » (Easton/Guddat, 1997 : 408)

C’est dans ce sens qu’on peut dire que le matérialisme historique de Marx inclut ainsi un « matérialisme écologique ». Pour Marx, la nature n’est pas seulement le milieu qui entoure l’Homme car le travail lui-même est également naturel. Pour éclaircir ce point, il est nécessaire de citer le passage suivant : « Dans le processus de production, l’homme, comme la nature elle-même, ne peut transformer que la forme de la matière et, pendant ce processus de transformation, l’homme dépend des forces naturelles. Le travail n’est alors pas l’unique source de production de valeur d’usage et, par conséquent, de richesse matérielle » (Marx, 1985 : 57)

C’est pour cela que Marx souligne (en se référant à la production de valeurs d’usage) que « Le travail est son père et la terre est sa mère » (Marx, 1985 : 58). Et c’est pour cela aussi qu’on peut dire que le travail, qui agit en tant que médiation dans la création/transformation de la matière (de valeurs d’usage), fait partie de la richesse humaine.

Ainsi, « l’instrument de travail universel est la terre elle-même, qui offre au travailleur le ‘locus standi’ (son emplacement, la terre en dessous de ses pieds) et le ‘Wirkungsraum’ (l’espace d’influence) pour ses processus propres et particuliers » (Marx, 1985 : 195).

Marx insiste sur le fait que le travail fait partie d’un échange métabolique avec la nature au travers duquel l’Homme transforme activement l’environnement :

« Le travail est avant tout un processus qui se poursuit entre l’homme et la nature, processus dans lequel l’homme détermine par sa propre activité, règle et contrôle l’échange des matières entre lui et la nature. Il s’oppose lui-même comme force naturelle à l’essence de la nature. Il entre dans le monde matériel comme une force de la nature elle-même. Il met en route les forces naturelles qui appartiennent à son propre corps et de cette manière, bras et jambes, tête et mains, sont utilisés dans le but de s’approprier les matériaux de la nature en fonction de ses propres besoins de vie. Au travers de ce processus, qui est mené à bien sur la nature extérieure en la transformant, il transforme en même temps sa propre nature ». (Marx, 1985 : 192)

D’après Foster (2010), ce que Marx appelle la « production simple de marchandises », c’est une formation économique idéalisée dans laquelle un produit, qui représente une valeur d’usage, est échangé pour de l’argent (qui est un instrument d’échange) qui, à son tour, est échangé pour un autre produit (une valeur d’usage alternative). Dans ce cas, le processus complet d’échange peut être défini comme M-A-M (Marchandise-Argent-Marchandise). Ce processus d’échange n’est qu’une forme modifiée de l’échange naturel dans lequel l’argent ne fait uniquement que faciliter l’échange. L’objectif de l’échange est la valeur d’usage spécifique incorporée dans les propriétés qualitatives du produit. Ces valeurs d’usage sont généralement consommées, ce qui fait que le processus d’échange arrive alors à son terme.

Marx a cependant insisté sur le fait que l’économie capitaliste fonctionne de manière très différente dans le monde réel. Elle se présente sous la forme d’un échange de type A-M-A’. Le capital-argent (A) est utilisé pour acheter des biens (force de travail et moyens de production) qui sont utilisés pour produire des marchandises qui, au final, se vendent pour plus d’argent (A’), autrement dit, A + la plus-value). Dès que ce processus est lancé, on ne peut l’arrêter à souhait parce qu’il n’a pas une « fin naturelle ». En effet, la valeur (bénéfice) est réinvestie dans le cycle suivant afin d’obtenir A’’ et, en suivant cette logique, dans la prochaine rotation, les revenus seront réinvestis pour obtenir A’’’ et ainsi de suite, à l’infini.

Ainsi, pour Marx, le capital est une valeur auto-expansive. Il est constamment impulsé à un niveau sans cesse plus élevé d’accumulation et il ne reconnaît ni frontières, ni limites. Le capital, écrit Marx, « est une impulsion démesurée à dépasser ses propres limites car chaque limite doit être dépassée. On comprend alors le capital comme de l’argent se reproduisant lui-même. » (Marx/Engels, 1974 : 252)

De la sorte, le capital transforme la totalité de la nature, y compris les lois qui la régulent, ainsi que tout ce qui est humain, en de simples agents de sa propre auto-expansion. Le résultat est un système qui a toujours pour objectif une croissance exponentielle du profit et de l’accumulation.

Le capitalisme, pour Marx, est un système généralisé de production de marchandises. Avant lui, d’autres sociétés ont existé dans lesquelles l’échange de marchandises jouait un rôle important. Mais ce n’est qu’avec l’avènement du capitalisme que s’est constitué un système exclusivement focalisé sur la production de marchandises.

Pour le capital, la nature est le pré-requis indispensable afin d’obtenir un excédent de valeur à partir d’une force de travail donnée et, en conséquence, il est indispensable pour la matérialisation de cet excédent en valeurs d’usage que l’on peut vendre – produits, marchandises. Ce traitement instrumental de la nature se manifeste sous la forme de la valeur du temps de travail qui, représentée en argent, constitue la substance sociale de l’accumulation du capital. (Burkett, 1999 : 215).

Il convient dans ce sens de nous pencher sur ce que l’on entend par « marchandise », et qui n’est rien d’autre qu’un bien qui se produit toujours pour être vendu et négocié sur le marché dans l’unique but d’obtenir un bénéfice. Il est reconnu comme un « bien » car il a une valeur d’usage, c’est-à-dire qu’il a normalement un usage pratique puisque, dans le cas contraire, il n’y aurait aucune nécessité de le produire. Mais il a également une valeur d’échange, car pour obtenir une valeur positive d’échange sur le marché, une marchandise doit être en même temps une valeur d’usage. Ainsi, aucune marchandise ne peut avoir une valeur d’échange si elle n’a pas une valeur d’usage.

Du fait que la nature contribue toujours à la valeur d’usage, toutes deux constituent des conditions nécessaires de la valeur d’échange et, vu que la valeur d’échange est une forme nécessaire de la valeur – car elle constitue une abstraction du temps de travail salarié – elle peut constituer la base de l’argumentation selon laquelle la nature et la valeur d’usage sont des conditions nécessaires de la valeur et de l’accumulation du capital.

Toute tentative d’expliquer la provenance de la plus-value (le profit capitaliste) doit pénétrer au-delà de la surface du processus d’échange et entrer dans le domaine du travail et de la production. Ceci à conduit Marx à considérer que la valeur crée dans une journée de travail peut être divisée en deux parties (Bellamy-Foster, 2010) :

1. La partie qui reproduit la valeur de la force de travail (c’est-à-dire les salaires des travailleurs), qui peut donc être considérée comme le « travail nécessaire ».

2. La partie restante de la journée consacrée au travail, qui peut être considérée comme le « travail excédentaire », ou le « surtravail », et qui est celle qui crée la plus-value pour le capitaliste.

Dans ce sens, la plus-value est le résultat d’un processus au travers duquel le travail se développe au-delà des limites nécessaires – le surtravail – à la reproduction de la valeur de la force de travail. Ainsi, le rapport entre le surtravail (le travail qui n’est pas rémunéré au salarié) et la valeur nécessaire pour payer la force de travail représente pour Marx le « taux d’exploitation ».

La logique de ce processus est que l’augmentation de la survaleur accaparée par le capital dépend de l’exploitation effective du travail humain. Cela peut être obtenu de deux manières :

1. En obligeant les travailleurs à travailler plus pour le même salaire, c’est-à-dire en allongeant le temps de travail, ce qui accroît proportionnellement la part du surtravail dans la journée de travail (ce que Marx appelait la « plus-value absolue »).

2. En augmentant la productivité : la valeur d’un travail déterminé sera ainsi générée en moins de temps et, de cette manière, la proportion de surtravail dans la journée de travail sera augmentée à la même échelle (ce que Marx appelait « plus-value relative »).

Dans un système de production généralisé de marchandises, la nature, selon Marx, est considérée par le capital comme une « offrande gratuite » et se retrouve ainsi spoliée. De la même manière, une partie de la journée de travail du salarié permet au capitaliste de s’accaparer gratuitement une partie de sa force de travail (le surtravail déjà mentionné). Par conséquent, la « force naturelle » de l’Homme est également spoliée. La nature et le travail non rémunéré des salariés sont tout autant considérés comme une « offrande gratuite » par le capital.

Dans sa recherche incessante d’accumulation de valeur, le capitalisme cherche toujours à révolutionner les moyens de production afin d’augmenter la productivité et d’augmenter la partie non payée de la journée de travail. Cela conduit inévitablement à de nombreuses révolutions dans la production et, par conséquent, à des gains additionnels de productivité dans une spirale sans fin de production et d’accumulation. Ainsi, de manière inversement proportionnelle, la logique de l’accumulation concentre sans cesse plus la richesse et le pouvoir dans un nombre sans cesse plus réduit de mains.

Conclusion

La critique que fait Marx du capitalisme en tant que mode de production non durable plonge ses racines dans les « conditions » elles-mêmes de ce système, c’est-à-dire dans les fondements historiques aux travers desquels le capitalisme a été rendu possible en tant que mode de production. Il s’agit de « l’accumulation primitive », autrement dit, du processus d’expropriation des producteurs ruraux de leurs terres qui a dépossédé ceux-ci de leurs moyens de subsistance. Cette expropriation a jeté les bases du développement du capitalisme industriel. La transformation de la terre en propriété privée, en un simple moyen pour l’accumulation, a constitué en même temps la base de la destruction du métabolisme entre l’Homme et la terre, ou, ce qui revient au même, du métabolisme entre l’Homme et la Nature.

On peut alors considérer que les raisons qui font que la majorité des Etats dans le monde soutiennent le concept de développement durable réside dans le fait qu’il ne menace ni ne remet nullement en question les structures de privilège et de reproduction du capital que le capitalisme impose et qu’il permet ainsi de préserver les intérêts des classes dominantes. Comme le rappelait Marx à plusieurs reprises dans le « Manifeste Communiste » : « Le pouvoir politique n’est rien d’autre que le pouvoir organisé d’une classe pour en opprimer une autre (…) Le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise toute entière. » (Tucker, 1978).

C’est pour cette raison que de nombreuses entreprises aujourd’hui veulent séduire des consommateurs potentiels avec des labels « verts ». Il faut souligner que ce type de consommation a derrière lui un mode de production basé sur l’investissement et que ce dernier est à son tour un moteur du capitalisme. Ainsi, selon O’Connor (1988) la consommation n’est nullement régulée par les consommateurs mais bien par le taux de profit et d’accumulation ainsi que par les limites du système de crédit.

En conséquence, il est évident que la nature n’est pas régulée par ses propres lois mais bien par un ensemble d’interactions entre des facteurs économiques et politiques représentés par la forme d’échange du type A-M-A’ exposé plus haut. Cette dernière représente aujourd’hui une des formes les plus importantes de destruction sociale et environnementale qui démontre que la crise écologique est en réalité une crise du capital. Cette crise se retrouve à son tour renforcée aujourd’hui par le concept de développement durable qui, derrière son prometteur masque vert, a comme objectif de soutenir la restructuration d’un agenda néolibéral.

Marx offre une théorie du capital, de l’Etat et de l’histoire qui peut être utilisée comme un outil intellectuel pour s’orienter au milieu de la crise actuelle. Dans ce sens, l’intégration du marxisme dans la pensée écologique et l’intégration de l’écologie dans le marxisme constituent un pas en avant historique pour ceux qui se préoccupent de l’environnement et de l’injustice sociale.

Source :
www.herramienta.com.ar/herramienta-web-12/crisis-ecologica-una-crisis-del-capital
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

Références :

  • Bellamy-Foster, J., “Warum ist der Kapitalismus ein System nicht nachhaltiger Entwicklungist”. In : Sozialistische Zeitung 3 (2010).
  • Brand / Görg, “¿Globalización sostenible ? Desarrollo sostenible como pegamento para el montón de cristales trizados del neoliberalismo”. En : Ambiente & Sociedade 5/2 (2003).
  • Brindtland, J. H., “Report of the World Commission on Environment and Development : Our Common Future. A/42/427”. World Commission on Environment and Development : Genève, 1987.
  • Burkett, P., Marx and nature : a red and green perspective. St. Martin’s Press : New York, 1999.
  • Clarck / Foster, “Marx’s ecology in the 21st century” In : World Review of Political Economy 1/1 (2010).
  • Easton / Guddat , Writings of the Young Marx on Philosophy and Society. Hackett : Indianapolis, 1997.
  • Leff, E., Saber ambiental : sustentabilidad, racionalidad, complejidad, poder. Siglo XXI : Mexico DF, 2007.
  • Marx, K., Das Kapital. Kritik der politischen Ökonomie. Dietz Verlag : Berlin, 1985.
  • – / Engels, Friedrich, Grundrisse der Kritik der politischen Ökonomie. Dietz : Berlin, 1974.
  • O’Conor, J., “Capitalism, Nature, Socialism : A Theoretical Introduction”. In : Capitalism, Nature, Socialism 1/1 (1988).
  • Schoijet, M., “El futuro del ambiente y de la humanidad”. In : Villegas, R. (ed.) ¿Adónde va el mundo ? Fundación Cultural Tercer Milenio : Mexico, 2002.
  • Tucker, R. (ed.), The Marx–Engels Reader. Norton : New York, 1978.