Débat : De quel type d’organisation radicale avons-nous besoin ?

Alan Thornett, Luke Cooper, Simon Hardy 18 août 2013

Un débat est en cours en Grande-Bretagne autour de la perspective de construire une organisation révolutionnaire commune réunissant Socialist Resistance (SR) [1], l’Anticapitalist Initiative (ACI) [2] et l’International Socialist Network (ISN) [3]. Dans le document qui suit, Luke Cooper et Simon Hardy, deux dirigeants de l’Anticapitalist Initiative, présentent quelques principes qui devraient être débattus dans le processus en cours. Nous publions à la suite une « contribution au débat » écrite par Alan Thornett, un dirigeant de Socialist Resistance, en réponse à ce texte. (Avanti4.be)

Quel type d’organisation radicale ?

Luke Cooper et Simon Hardy

1. Imaginer une société sans classe

Le capitalisme est un système qui repose sur l’exploitation et l’oppression d’une large majorité afin qu’une petite minorité puisse vivre une vie de bien-être et de privilèges. Notre but est le communisme : non pas l’horrible dictature qui a décrédibilisé ce projet radical au cours du siècle dernier, mais une société sans Etat, sans classes et au fonctionnement réellement démocratique, au sein de laquelle « le libre développement de chacun sera la condition du libre développement de tous ».

C’est cette vision qui doit orienter la manière dont nous organisons la lutte aujourd’hui. Pour le projet politique que nous voulons construire, les questions de l’autogestion et de la construction « par en bas » sont centrales et fondamentales. Les objectifs à court terme doivent être reliés à une stratégie à long terme pour se débarrasser du capitalisme.

Le développement technologique continuant à s’accélérer, la question de l’organisation démocratique du processus du travail, de manière à ce que les avancées scientifiques conduisent à une diminution du temps de travail et non à des pertes d’emplois, se pose de plus en plus clairement. La vision romantique d’un âge d’or du capitalisme dans le passé doit être rejetée. Il n’y a pas de retour vers le passé qui soit possible et notre futur ne peut être meilleur que si nous développons une vision et une stratégie pour un changement anticapitaliste.

Un nouveau parti qui unisse la gauche doit prévoir un espace pour débattre de différentes stratégies et alternatives. Il devra veiller d’un côté à conserver son ampleur et sa diversité, mais, d’un autre côté, il devra aussi fournir des réponses concrètes et efficaces face à l’approfondissement des crises sociales du capitalisme moderne.

2. La classe travailleuse – l’ancienne et la nouvelle

La question de l’exploitation du travail par le capital à l’échelle mondiale est une question compliquée. Avec le processus d’intégration capitaliste des trente dernières années et la croissance du marché du travail à l’Ouest, il n’y a jamais eu, historiquement, autant de personnes directement exploitées par la production capitaliste. Ce qui signifie qu’il n’y avait jamais eu autant de personnes à avoir un intérêt direct à se débarrasser du capitalisme une fois pour toutes.

Quoi qu’il en soit, le capitalisme reproduit ce processus d’exploitation du travail de manière anarchique. Il crée des hiérarchies de privilèges sociaux et économiques à l’intérieur de la classe travailleuse, entre les travailleurs à temps plein et les précaires, entre les ultra-exploités, les non-qualifiés et les qualifiés et entre ceux qui ont un emploi et ceux qui n’en ont pas. Le Capital exploite aussi facilement ceux qui sont en dehors du « travail salarié » que ceux qui sont concernés par lui. Les paysans sont amenés à des états de servitude et de pauvreté extrêmes par la combinaison de la financiarisation et de la modernisation capitaliste. Dans les plus grandes villes du monde une vaste armée de travailleurs formellement indépendants vivent à la merci des grandes banques.

Lorsque nous parlons d’une classe travailleuse qui a intérêt à se débarrasser du système, nous faisons références à ces groupes sociaux qui sont exploités par le capital et peuvent être attirés dans le mouvement révolutionnaire. En clair, nous faisons référence à la classe travailleuse dans toute sa diversité sociale et culturelle.
La gauche radicale tend également à organiser une couche de la classe travailleuse qui a des emplois leur permettant d’être relativement autonomes socialement (par exemple les emplois qualifiés des « cols blancs ») et qui requièrent une formation universitaire. Dépasser cet isolement par rapport aux couches les plus pauvres de la classe travailleuse reste une des tâches centrales de la nouvelle gauche, et reconnaître le problème n’est que le premier pas pour le résoudre.

3. Une nouvelle gauche

Aujourd’hui, la gauche radicale ne représente qu’une petite minorité dans la plupart des sociétés du monde. La marginalisation des groupes qui pouvaient offrir une alternative radicale nourrit une absence de vision qui appauvrit la vie culturelle dans le capitalisme moderne. Les élites profitent de la croyance courante selon laquelle il n’y a pas d’alternative au système actuel pour présenter les réformes sociales, même les plus limitées, comme relevant de l’« utopies » et du « socialisme ».

Pour reconstruire un projet démocratique et anticapitaliste, nous devons convaincre des millions de personnes qu’elles ont à la fois l’intérêt et le pouvoir de renverser le système et d’entamer une transition vers un nouveau type de société dans laquelle les besoins humains pèseront plus dans la balance que les profits privés.

Construire des mouvements de masse des exploités et des opprimés est crucial dans ce projet et nous soutenons toute lutte contre l’injustice ou pour des réformes progressistes. Radicalité, démocratie et autonomie – tels sont les principes qui guident notre façon de travailler avec les mouvements de masse émergents.

4. Organisation politique

Les luttes de masses doivent être reliées au but de réaliser une transition vers un nouveau mode de production. Pour la majorité des travailleurs vivant dans des démocraties libérales, l’implication politique reste confinée dans les limites de la démocratie électorale représentative. La manière dont l’hégémonie néolibérale a érodé les différences politiques entre les principaux partis a, de plus, nourri une apathie, avec un nombre grandissant de personnes qui s’abstiennent passivement de toute implication dans la politique électorale.

Nous sommes conscients qu’il est nécessaire d’amener la majorité de la classe travailleuse à un engagement actif en politique, dans leurs localités, sur leurs lieux de travail, créant ainsi des formes autonomes d’auto-organisation qui pourraient apporter des victoires par la lutte et montrer concrètement qu’une façon alternative de gérer la société est possible et nécessaire.

Nous rejetons le modèle d’organisation politique de la social-démocratie – une élite parlementaire aux commandes d’un appareil qui exerce un pouvoir sans devoir rendre des comptes à des membres qui sont passifs et isolés. Mais nous reconnaissons que pour convaincre les millions de personnes qui ont le pouvoir de changer le monde, une organisation politique de masse - un parti politique d’un type radicalement différent - est nécessaire.

Il faut un nouveau type de parti qui soit démocratique, construit par en bas, pluraliste, transparent, qui encourage l’auto-organisation de la classe travailleuse, les campagnes et l’action directe et qui lie les luttes quotidiennes avec l’objectif unificateur d’une société sans classe. Il devrait être ouvert à des gens venant de différentes traditions radicales – féminisme, écologie, anarchisme, socialisme, etc. – et engager de manière créative la discussion avec les nouvelles idées dans les combats d’aujourd’hui.

5. Structures démocratiques

L’organisation révolutionnaire que nous vouons construire doit tendre à l’unité dans l’action dans le mouvement de la classe travailleuse. Une culture de discussion et de clarification politique collective devrait essayer de travailler à une convergence politique des idées qui puisse se traduire dans des enjeux pratiques.

Mais nous sommes conscients que l’unité dans l’action n’est pas toujours possible. L’organisation que nous voulons construire devra permettre à différentes stratégies de coexister et d’être testées à l’intérieur de mouvement des travailleurs et des travailleuses. Nous pensons que des différences émergeront face aux questions pratiques posées par la lutte de classe ; par exemple, comment analyser le Parti Travailliste et quels rapport avoir lui, comment travailler dans les syndicats, quelle position adopter face à la bureaucratie syndicale, comment prioriser les campagnes sur le terrain, et comment analyser et répondre aux questions internationales.

Si des divergences apparaissent sur ces sujets, elles devront être débattues clairement et ouvertement à l’intérieur de l’organisation, dans ses publications et sur son site web. La conception traditionnelle de la gauche est que les membres devraient être obligés de se conformer aux positions collectives sous peine d’exclusion. Nous pensons, au contraire, que l’adhésion à ces positions collectives devrait être complètement volontaire.

La seule exception devrait être pour les personnes élues à des postes de direction nationale au sein de l’organisation, au parlement ou dans le mouvement des travailleurs. Celles-là devraient être soumises aux instructions collectives de l’ensemble des membres et devraient démissionner de leurs postes de responsabilité si elles ne sont pas prêtes à appliquer la politique décidée collectivement.

6. Transition anticapitaliste

Notre vision du « socialisme par en bas » nous fournit un lien entre la façon dont nous travaillons dans les mouvements aujourd’hui et le type de société à laquelle nous voulons aboutir. La démocratie doit être au cœur du projet socialiste. Nous rejetons les politiques de contrôle du sommet sur la base en faveur de formes participatives d’organisation qui se construiraient de bas en haut.

Malheureusement, au cours du siècle dernier, avec la montée du stalinisme, l’illusion s’est répandue selon laquelle les hiérarchies non démocratiques de contrôle et de subordination permettaient de se prémunir contre le réformisme. En fait, c’est le contraire qui se passe. Seule une organisation réellement démocratique peut offrir des garanties que la gauche n’abandonnera pas ses perspectives révolutionnaires. Seuls des membres autonomes peuvent empêcher la cristallisation d’une élite qui pousse les mouvements et les partis à gérer le système en faveur du capitalisme (le réformisme).

Une démocratie directe de la classe des travailleurs et des travailleuses est aussi un élément central d’une transition anticapitaliste et révolutionnaire. Cela requiert un nouveau type d’Etat – qui ne soit basé ni sur l’architecture de la production capitaliste, ni sur celle de l’Etat-nation - qui soit internationaliste et démocratique. Cet « Etat-Commune » devrait être la propriété de toutes les classes sociales opprimées. Nous défendons une nouvelle économie basée sur la participation, la propriété collective, la coordination et la planification démocratique. Une structure démocratique efficace (des élections libres, la liberté de la presse, des représentants révocables, la rotation des postes de pouvoirs, des droits et des libertés garantis par la constitution, etc.) sera nécessaire pour empêcher le développement d’une caste privilégiée d’officiels et de bureaucrates.

7. Internationalisme

La Grande-Bretagne n’a pas réussi à mettre un terme à son passé et à son présent colonialiste. Elle fait partie de cette poignée de puissances mondiales capables d’imposer sa puissance militaire dans les coins les plus reculés du globe. Ses interventions dans les « zones de troubles » ont pour but de maintenir son prestige global, son influence et ses intérêts commerciaux.

La Grande Bretagne s’est alignée stratégiquement sur l’impérialisme US qui n’a été affaibli, plutôt que mis en échec de manière décisive, que parce qu’il a échoué à imposer des régimes pro-américains stables durant les guerres en Irak et en Afghanistan. Cela a poussé à déguiser des guerres impérialistes derrière des « interventions humanitaires » auxquelles il faut clairement s’opposer.

Notre perspective anti-impérialiste doit aussi tenir compte des changements dans le système international. Le nouvel ordre mondial de la seconde décennie du 21e siècle a vu l’émergence de puissances comme la Chine, la Russie et l’Europe, qui ont un projet de défense prioritaire de leurs intérêts qui, ne diffère guère de celui des vieilles puissances. Si la dernière décennie a été définie par l’anti-impérialisme, celle-ci a été de plus en plus définie par les luttes pour la démocratie au Moyen-Orient.

L’alignement d’une partie des dirigeants de ces mouvements sur l’impérialisme occidental ne doit pas nous conduire à nier le caractère essentiellement progressiste de leur lutte pour les droits et libertés démocratiques.

8. Combattre le nouveau racisme

La dernière décennie a vu la montée électorale de l’extrême-droite, que ce soit les fascistes du British National Party (BNP) ou les nationalistes xénophobes de l’United Kingdom Independance party (Parti de l’Indépendance du Royaume-Uni - UKIP). Ce qui nourrit cette montée de l’extrême droite, c’est le nouveau racisme populaire qui vise les musulmans, les demandeurs d’asile et les immigrés économiques.

Le nouveau « bon sens » libéral selon lequel il y a « vraiment un problème avec l’Islam » et qu’il y a « beaucoup trop d’immigrés » qui arrivent en Grande-Bretagne, a permis d’instaurer une hégémonie dans la culture politique qui donne une légitimité à la vague montante d’actions individuelles d’agressions et de violence contre les immigrés et les musulmans qui gâchent la vie des minorités ethniques de notre pays.
Ne laisser aucune liberté d’expression et d’action pour le fascisme – y compris par la confrontation physique et l’action directe - demeure un élément central de la réponse à la montée de l’extrême-droite.

Mais il est tout aussi important de développer des campagnes antiracistes de masse qui commencent à renverser la tendance en contrant ce « bon sens raciste » largement répandu. L’auto-organisation et le soutien au développement de mouvements sociaux dirigés par des gens issus de l’immigration seront cruciaux pour la gauche radicale. Ce n’est pas simplement une question de droit à l’organisation pour les minorités - aussi important que soit celui-ci - mais surtout le fait d’encourager activement des formes politiques d’auto-organisation.

9. Sexisme, oppression et pouvoir

Les expériences vécues récemment au sein de la gauche ont, une fois de plus, mis en lumière de manière plus qu’évidente, à quel point l’anti-sexisme implique plus qu’une simple opposition au sexisme présent dans la société dans son ensemble. Avoir une politique antisexiste est une condition nécessaire mais pas suffisante pour travailler activement dans une perspective antisexiste. Les relations de pouvoir inégales entre les hommes et les femmes – qui s’expriment dans les violences sexuelles, le viol, la double charge de travail, les inégalités de salaire, les violences domestiques, etc. – qui caractérisent la société moderne requièrent des formes particulières de luttes et d’organisation.

Le féminisme devrait être un élément d’identification de la gauche – et pas une manière dogmatique de restreindre le terrain d’un débat idéologique légitime. La création de structures de pouvoir bureaucratique qui ne doivent pas répondre de leurs actes au sein des organisations révolutionnaires a un impact particulier sur tous les groupes opprimés. Comme ils sont ainsi privés des moyens démocratiques permettant d’affronter les comportements sexistes et violents de membres de l’élite du parti, l’organisation devient, en fin de compte, un endroit insécurisant pour eux.

10. Ecosocialisme

Le capitalisme est en train de sombrer dans une crise environnementale de plus en plus profonde. Les échecs répétés des tentatives pour endiguer le réchauffement global provoqué par les émissions de gaz d’origine fossile vont se traduire par un changement climatique d’un niveau catastrophique au cours des prochaines décennies.

Le défi pour la gauche est que résoudre la crise environnementale demande un certain pouvoir politique et une planification démocratique de la production pour arriver à un niveau de production soutenable. Au-delà de la question du pouvoir, nous devons trouver des façons d’intégrer un « fil vert » dans les luttes sociales au quotidien et travailler dans les campagnes environnementales et les mouvements de protestation.

11. La « vieille gauche »

Les partis traditionnels (ou les « sectes ») de la gauche radicale en Grande Bretagne n’ont pas réussi à se connecter avec le nouvel esprit de démocratie et d’auto-organisation présent dans les mouvements de masse. Leur « intervention » à l’intérieur de ces mouvements manque de lien organique avec ceux-ci. Ces interventions n’apparaissent pas comme une évolution naturelle des mouvements, mais trop souvent comme des tentatives de soumettre ceux-ci à un dogme préconçu.

La méthode du « contrôler ou détruire » de la gauche dans les mouvements anti-austérité a contribué à obstruer de manière persistante la construction d’un mouvement authentiquement unitaire, le laissant divisé entre différents fronts d’organisation.

Ces problèmes se recoupent étroitement avec la question de la bureaucratie dans le mouvement syndical moderne, au sein duquel les membres de base se sentent aliénés par des structures bureaucratiques complexes et socialement privilégiées sur lesquelles ils ont peu de contrôle. La faiblesse de la gauche et le déclin de la capacité d’intervention de la base au sein du mouvement syndical favorise la dépendance aux bureaucraties officielles.

Ce serait une erreur de s’abstenir de participer aux structures officielles des syndicats pour cette raison. Mais nous soutenons autant que possible le développement d’organisations indépendantes à la base qui puissent agir avec les structures officielles si possible et sans elles si nécessaire. La formation d’un « Syndicat Pop-Up » à l’Université de Sussex s’inscrit dans une longue tradition de syndicalisme de base, mais c’est aussi une réponse innovante aux défis juridiques et politiques auxquels est confronté le mouvement syndical moderne. Ce genre d’ingéniosité sera au cœur de la construction de syndicats combattifs.

12. Comment construire un mouvement

La People’s Assembly [4] (Assemblée Populaire) est un exemple du type d’opportunités et de problèmes que connaissent la gauche et les mouvements sociaux en Grande-Bretagne. Sa taille et sa popularité indiquent le potentiel pour un mouvement de masse, mais la façon dont elle est organisée risque de ruiner cette opportunité. Les Assemblées Populaires locales n’ont pas le droit de proposer des amendements à la déclaration qui est soumise à la conférence nationale. La direction qui organise la rencontre n’a jamais été élue et ne sera pas réélue par la conférence. Une nouvelle conférence est promise mais sans qu’une structure de délégation-affiliation ne soit mise en place pour que des organisations locales et nationales puissent adhérer (et aient le droit de soumettre des propositions ou d’élire la direction), ce qui va la priver d’un lien avec les mouvements « anti-coupes » au niveau local.

Cela signifie que son objectif d’« unir le mouvement » sera difficilement transformé de paroles en actes. L’Assemblée reste, dans les faits, plus un meeting ou un « spectacle » qu’un point de conclusion du mouvement qui ouvre un processus de construction « par en bas ». Toute critique contre les dirigeants syndicaux qui n’ont pas organisé d’action collective contre l’austérité (et contre la politique d’austérité « légère » du Parti travailliste) a été activement découragée. Le danger est que l’Assemblée Populaire ne crée pas un espace qui permette une discussion critique sur la stratégie ou une organisation réelle. Tout cela souligne la nécessité d’un autre type de politique à gauche, basée sur l’organisation démocratique, le débat libre et critique sur la stratégie et l’hostilité au contrôle bureaucratique.

13. Implanter de véritables racines

Il y a un problème fondamental dans la manière dont la gauche britannique mène ses campagnes, qu’on pourrait résumer par « le culte du prochain gros truc ». L’accent est toujours mis sur le prochain gros meeting, la prochaine grosse manif,… Cela résulte en des poussées frénétiques d’activité, généralement suivies par un effondrement puis, un peu plus tard, par une autre poussée de frénésie dans l’anticipation du prochain gros événement, et ainsi de suite.

Il manque là-dedans une politique plus ancrée localement avec un degré de permanence qui la rende capable d’attirer les travailleurs et les travailleuses dans une relation politique plus durable avec la gauche radicale. Cette tendance à faire des bonds pour prendre un train en marche doit être remplacée par une perspective à plus long terme. Pour ce faire, la gauche doit explorer trois nouvelles voies.

Premièrement, avec le déclin de l’Etat-providence, la gauche doit redécouvrir la tradition de l’ « aide mutuelle ». Ce sont les organisations charitables et religieuses, bien plus que les syndicats et la gauche, qui tendent à dominer le réseau grandissant des « banques alimentaires » en Grande Bretagne. Par contre, dans la campagne contre la « Bedroom Tax » [5], la gauche a été capable de jouer un rôle en apportant un soutien pratique et une assistance, à côté d’un militantisme et de campagnes politiques.

Deuxièmement, Left Unity [6] offre une opportunité pour construire un projet durable à gauche du parti travailliste. Elle s’est construite « par en bas » à travers la formation d’organisations locales qui se sont coordonnées ensuite à un niveau régional et national. Elle n’est pas dominée par un groupe de gauche particulier et a attiré une grande variété de militants. Elle ne peut réussir que si elle maintient cette approche patiente et démocratique. Une campagne centrée – avec un militantisme énergique et des événements – sera sans doute nécessaire pour donner au projet un impact politique. Un équilibre prudent doit être maintenu entre efficacité et participation – avec, comme élément clef, des structures transparentes et qui devront rendre des comptes.

Troisièmement, l’organisation sur les lieux de travail doit être reconstruite à la base. Un travail patient et militant dans les localités devra être coordonné à travers des initiatives et des campagnes nationales. Les 80.000 voix obtenues par Jerry Hicks [7] et la formation d’un nouveau projet - Unite Fichtback [8] - basé sur le militantisme à la base montre le potentiel qui existe.

Source :
http://anticapitalists.org/2013/07/04/what-kind-of-radical-organisation-do-we-need/

Deux commentaires à propos de « Quel type d’organisation radicale ? »

Alan Thornett

Cette contribution se concentre uniquement sur deux aspects parmi les nombreuses questions soulevées par Simon Hardy et Luke Cooper dans leur document « Quel type d’organisation radicale ». Leur texte est un bon point de départ pour le débat mais il est difficile de traiter tout en une seule fois.

La première question que je voudrais soulever est celle de la relation et des différences entre un parti large (comme celui que deviendra, espérons-nous, Left Unity) et un parti révolutionnaire (comme tel que celui que nous voudrions construire en nous regroupant). La seconde question est celle du fonctionnement démocratique à l’intérieur des partis et organisations révolutionnaires.

1. Parti large et parti révolutionnaire

La première chose à dire est que nous devons éviter tout amalgame (ou confusion) entre ces deux formes, très différentes, de partis. Ils jouent des rôles différents mais parallèles dans la lutte et sont stratégiquement liées dans les conditions politiques actuelles.

Le parti révolutionnaire a comme objectif stratégique à long terme d’atteindre (ou de chercher à atteindre) le renversement du système capitaliste et son remplacement par le socialisme (c’est-à-dire un système basé sur la propriété sociale des moyens de production sous le contrôle démocratique des travailleurs), et il cherche à atteindre ce but par l’organisation de la mobilisation et de l’auto-organisation de la classe travailleuse.

Un parti large est conçu pour fournir une direction politique au mouvement des travailleurs dans la lutte quotidienne et créer les conditions politiques pour une riposte contre les attaques du capitalisme sous toutes ses formes et, ce faisant, à mener le mouvement dans une direction socialiste. Savoir si et quand un tel parti peut adopter un programme réellement révolutionnaire au cours de cette lutte est une question qui reste ouverte.

Travailler dans un tel parti peut permettre à une organisation révolutionnaire – pour autant qu’elle agisse correctement - d’avoir une influence et un impact sur les luttes qui aille au-delà de son propre poids numérique.

Au cours des trente dernières années, plusieurs facteurs ont fait que la question du parti large soit clairement un objectif, en particulier en Europe, mais aussi partout dans le monde. Ces conditions sont : la fin du boom de l’après guerre à la fin des années 70 ; la contre-offensive néolibérale, qui a été lancée au début des années 80 par Reagan et Thatcher ; la chute de l’Union Soviétique en 1991 ; ainsi que la marche de la social-démocratie vers la droite – qui s’est accélérée pendant les années 90 (et notamment en Grande Bretagne, avec la victoire du New Labour).

A partir de 1991, la plupart des vieux Partis Communistes se sont effondrés, certains rejoignant la social-démocratie, d’autres (ou des secteurs d’autres) prenant au contraire un tournant plus radical, particulièrement en Europe (comme Refondation Communiste en Italie).

En même temps, la dérive à droite de la social-démocratie a ouvert un espace à gauche qui ne demandait qu’à être comblé – que ce soit par les fragments des partis communistes évoluant vers la gauche ou par de nouveaux partis larges créés à l’initiative d’autres franges de la gauche ou encore par l’alliance entre le deux, comme cela s’est passé avec l’Alliance Rouge Verte (RGA) au Danemark ou avec le Bloc de gauche (BE) au Portugal.

Ces nouveaux espaces étaient l’expression d’une crise importante représentation de la classe travailleuse que les organisations révolutionnaires ne pouvaient pas combler à elles seules. Et ce n’était pas uniquement parce que les organisations révolutionnaires n’avaient pas (et n’ont toujours pas) les forces ou l’influence sociale pour le faire, mais aussi (et certainement surtout) parce que l’espace qui s’était créé n’était pas un espace révolutionnaire. C’était, et c’est toujours, un espace à la fois social-démocrate de gauche / gauche radicale / anticapitaliste, que seule une organisation large, capable d’accueillir ces différents courants dans un cadre démocratique, pourrait combler.

Cela offrait aux organisations révolutionnaires une opportunité d’être partie prenante de ces nouvelles formations, de travailler à leur développement de manière constructive, d’y défendre leur orientation politique, et d’exercer une influence sur la situation politique qu’elles n’auraient pas pu exercer sous leur seule bannière. On peut voir le résultat de cette approche en constatant le rôle de Syriza dans la crise de la société grecque aujourd’hui. Un tel parti peut créer les conditions pour percer des ouvertures et amener la lutte à de nouveaux niveaux politiques. En Grèce, par exemple, l’existence de Syriza soulève la possibilité d’un gouvernement des travailleurs alors même que le présent gouvernement, pro-mémorandum, est en train d’échouer.

Aujourd’hui, la participation des organisations révolutionnaires dans ces formations est donc très importante et enthousiasmante - même si, en Grande-Bretagne, la plupart des organisations révolutionnaires, et surtout les plus importantes (aux côtés de fortes personnalités comme Scargill et Galloway), ont mal géré leur implication (et dans certains cas de manière spectaculaire) et ont endommagé ou détruit chaque projet qui se présentait.

Ce n’est pas que les organisations révolutionnaires ne devraient pas chercher à influencer la politique et la direction de ce type de partis larges. Elles doivent en effet rester des forces organisées à l’intérieur de ces formations et y argumenter en faveur de ce qu’elles considèrent être la meilleure façon de progresser. Au bon moment et dans les bonnes conditions, elles devraient essayer de gagner ces formations à un programme révolutionnaire. Mais essayer de le faire de manière incorrecte et avant que les conditions politiques soient bonnes (c’est-à-dire quand des solutions révolutionnaires commencent à être posées par de nouveaux développements dans la situation politique et dans la classe travailleuse) détruit tout simplement l’ensemble du projet.

2. La démocratie dans une organisation révolutionnaire

Simon et Luke disent dans leur texte :

“Si des divergences apparaissent, elles devront être débattues clairement et ouvertement à l’intérieur de l’organisation, dans ses publications et sur son site web. La conception traditionnelle de la gauche est que les membres devraient être obligés de se conformer aux positions collectives sous peine d’exclusion. Nous pensons, au contraire, que l’adhésion à ces positions collectives devrait être complètement volontaire. La seule exception devrait être pour les personnes élues à des postes de direction nationale au sein de l’organisation, au parlement ou dans le mouvement des travailleurs. Celles-là devraient être soumises aux instructions collectives de l’ensemble des membres et devraient démissionner de leurs postes de responsabilité si elles ne sont pas prêtes à appliquer la politique décidée collectivement.”

Je suis d’accord que les différences devraient être discutées ouvertement, mais je ne suis pas sûr d’être d’accord avec ce que dit ce paragraphe à propos de la prise de décision collective et de sa mise en œuvre. Le point de vue de SR est que nous sommes favorables à ce qu’une direction élue démocratiquement (bien que la question de savoir ce qu’est un processus démocratique est déjà un débat en soi) doive avoir un rôle politique à jouer et des responsabilités politiques. Nous n’utilisons cependant pas le terme « centralisme démocratique » parce que nous pensons que ce terme produit de la confusion et est conceptuellement erroné. Nous utilisons à la place le terme de « démocratie révolutionnaire ».

Une fois que nous avons abouti démocratiquement à une décision (et il pourrait y avoir aussi tout un débat à propos de ce que cela signifie), nous attendons des sections locales et des membres qu’ils appliquent cette décision s’ils en ont la possibilité. Les sections ont cependant un degré élevé d’autonomie locale dans le cadre de l’approche globale, notamment pour prendre en compte les circonstances locales. Dans tous les cas, il s’agit plus d’avoir un dialogue politique que d’émettre des directives.

En ce qui concerne les divergences politiques, nous avons une position statutaire très précise. Tout d’abord, aucun camarade ne peut être forcé de défendre publiquement une position avec laquelle il est en désaccord. Nous pensons que ce serait pervers de le lui demander. Les camarades sont aussi entièrement libres d’exprimer publiquement leurs désaccords avec la politique de SR, pour autant qu’ils précisent clairement qu’ils ne parlent pas pour l’ensemble de l’organisation et qui ne fassent pas cette démarche de façon destructrice.

En interne, nous avons des dispositions dans nos statuts pour permettre la formation de tendances et de fractions à tout moment pour autant que la base politique de ces tendances et fractions soit publiée dans l’organisation. Nous avons des dispositions dans nos statuts pour que les tendances et les fractions soient représentées dans les organes de direction élus de manière proportionnelle aux votes obtenus au congrès de SR. Cela s’applique non seulement aux tendances et aux fractions, mais aussi aux courants d’opinion sur des questions importantes, si ceux-ci se reflètent clairement lors des votes au congrès. Nous avons toujours vu cette façon de faire comme une des parties les plus importantes de notre démocratie interne.

Nous avons encore eu cette discussion cette année, lors du congrès en avril. Celle-ci a été influencée (comme vous le verrez dans la citation reprise ci-dessous) tant de la crise à propos de la démocratie interne qui a éclaté à l’intérieur du SWP que par des questions qui avaient déjà été soulevés par les camarades de l’ACI. Nous avons tenu une rencontre publique ensemble sur la question de la démocratie dans les organisations révolutionnaires. Le réseau socialiste International (ISN) n’existait bien entendu pas encore en tant que tel au moment où ceci a été écrit, mais il existait au moment où notre congrès a eu lieu.

Voici que SR a décidé à propos de la démocratie révolutionnaire :

Démocratie Révolutionnaire

La question de l’organisation interne des organisations révolutionnaires a soulevée à la fois dans les discussions suscitées par Simon Hardy de l’ACI sur l’héritage - et le détournement - du léninisme, et par la crise du SWP.

Ces discussions ont fait référence au « centralisme démocratique » comme étant la manière dont les révolutionnaires s’organisent. Socialist Resistance évite d’utiliser ce terme pour définir la manière dont nous nous organisons. Nous pensons que ce terme a été tellement détourné qu’il a perdu son utilité. C’est aussi une appellation obscure et qui suscite la confusion.

Le dirigeant de la 4e Internationale, Daniel Bensaïd, a inventé le terme de démocratie révolutionnaire pour décrire un mode d’organisation qui, selon nous, s’appuie sur les véritables leçons que nous pouvons tirer des écrits de Lénine et résume le cœur de notre tradition. Nous devrions utiliser ce terme de façon plus systématique pour expliquer notre mode d’organisation.

SR se base sur les principes d’une participation maximum au processus de décision et de l’unité d’action maximum dans l’action. Si l’on attend des membres qu’ils portent les décisions de l’organisation, et qu’ils ne fassent pas campagne publiquement contre celles-ci, on n’attend pas d’eux qu’ils défendent des politiques avec lesquelles ils ne sont pas d’accord. Lorsque des points de vue minoritaires sont exprimés en public, c’est une obligation de préciser le caractère minoritaire de ce point de vue.

Les membres de SR ont le droit de s’organiser en tendances et fractions à n’importe quel moment, y comprit pendant les discussions qui précèdent le congrès, sur base d’une plateforme politique clairement accessible aux autres membres de l’organisation. Les droits de ces minorités doivent inclure le droit de se rencontrer et de s’organiser autour de leurs points de vue et d’avoir l’opportunité d’expliquer et de développer leur point de vue au congrès.

Les dispositions que nous avons prises pour une discussion plus horizontale dans l’organisation - dans le respect des normes de débat entre camarades - à travers notre liste de discussion, a également représenté un progrès important pour nous. Bien que la liste de discussion ne soit pas l’endroit pour la prise de décision - qui doit être faite à travers les sections et les dirigeants élus – elle permet de développer des idées politiques et permet aux camarades de sentir que leurs points de vue ont une audience à l’intérieur de l’organisation. Cela donne aussi à la direction une meilleure idée de ce que les camarades pensent.

Comme nous le disions plus haut, notre longue tradition de soutien à l’existence de groupes non-mixtes de femmes à l’intérieur des organisations révolutionnaires et dans les partis larges de gauche, de même qu’à l’auto-organisation des femmes est un élément que nous voulons amener dans ce débat. Au-delà de ça, le fait que notre commission d’appel prévue dans les statuts, soit totalement distincte et indépendante de tout organisme de direction est un autre acquis important.

La façon dont nous menons les discussions politiques est quelque chose que nous devrions examiner. Bien entendu, les camarades tiennent aux positions politiques qui sont les leurs et ils veulent donc convaincre les autres, à l’intérieur et à l’extérieur de l’organisation, qu’ils ont raison. Cependant, nous devons essayer de développer nos débat d’une manière qui ne soit pas celles d’adversaires, qui ne personnalise pas les discussions et qui ne décrédibilise pas les contributions des personnes avec qui nous ne sommes pas d’accord.

Nous voulons créer une organisation qui, dans ses réunions internes, dans ses forums publics, dans ses débats internes et publics, permet à chacun-e de sentir qu’il a son mot à dire, qu’il ou elle soit un-e contact qui vient pour la première fois, une nouvelle recrue du groupe ou quelqu’un impliqué dans la lutte révolutionnaire depuis des décennies. C’est la raison pour laquelle le Comité National a décidé que notre liste de discussion serait modérée (une décision que nous demandons au congrès d’approuver). Sans modération, il y a un danger que les droits démocratiques de certains camarades soient ignorés.

Apprendre du mouvement

Un autre aspect important d’une attitude révolutionnaire face à la démocratie est la façon dont nous travaillons dans les syndicats, les mouvements et les campagnes des opprimés. Une partie de notre approche est que nous essayons d’apprendre des luttes auxquelles nous participons et des discussions que nous avons avec d’autres personnes avec qui nous luttons pour des objectifs communs. Cette façon de travailler a permis à Socialist Resistance, comme à d’autres sections de la 4e Internationale, d’apprendre du mouvement de libération des femmes et de faire évoluer notre vision programmatique sur cette base en termes de féminisme. De la même manière, cette dernière a aussi évolué en termes d’écosocialisme en apprenant des luttes écologistes. Notre attitude n’est pas celle des courants dont parle Simon Hardy dans ces textes et qui pensent avoir le monopole de la pensée politique.

Il est utile de débattre à nouveau de ces idées à propos de la démocratie en vue de ce congrès, étant donné que ce sont des questions toujours plus discutées au sein des mouvements larges. Tout comme nous, ACI pense que le pluralisme est important mais aussi qu’il ne peut être créé que par un changement de culture à l’intérieur de nos organisations ainsi que par des règles de fonctionnement. Au-delà de ces considérations, en agissant pour gagner une audience plus large pour un socialisme du 21e siècle, nous devons montrer que nous avons une vision d’une société qui soit non seulement plus démocratique que l’actuel capitalisme répressif dans lequel nous vivons, mais aussi que les visions de démocratie modèle que ce système pourri est encore capable de présenter comme son idéal.

Source :
http://socialistresistance.org/5365/a-contribution-to-the-discussion-two-brief-comments-on-what-kind-of-radical-organisation-by-simon-hardy-and-luke-cooper

Traductions françaises pour Avanti4.be : Sylvia Nerina

Notes d’Avanti :


[1Socialist Resistance est la section britannique de la Quatrième Internationale.

[2L’Anticapitalist Initiative est une organisation créée par des dissidents du groupe trotskiste Workers Power à la fin 2011 et qui réunit aujourd’hui une assez large gamme de militants anticapitalistes de diverses orientations

[3L’International Socialist Network a été créé en 2013 par une grande partie des militant-e-s qui ont quitté le Socialist Workers Party au début de cette année

[4La People’s Assembly (Assemblée Populaire) est un mouvement unitaire contre l’austérité qui s’est formé au cours de ces derniers mois et rassemble plus d’une centaine d’organisations syndicales, sociales et politiques, tels que les syndicats Unison (secteur public), NUT (syndicat national des enseignants), Unite, CWU (médias), mais aussi la Coalition of Resistance, la campagne antiguerre Stop the War, des organisations féministes ou de la gauche radicale (Counterfire, Socialist Resistance…). Une première « Assemblée Populaire » nationale s’est tenue à Londres le 22 juin et a réuni le chiffre impressionnant de 4.000 participants.

[5La « Bedroom Tax » est le surnom donné à la nouvelle loi sur les allocations de logement qui s’applique aux logements sociaux. Elle prend désormais en considération le nombre de pièces du logement et le nombre de gens qui l’occupent. Elle limite le paiement de l’allocation à une chambre à coucher par personne ou par couple. Si le nombre de pièces est jugé trop élevé pour le nombre d’occupants, l’allocation sera diminuée de 14% s’il y a une pièce en trop et de 25% s’il y en a deux ou plus. A noter que la loi considère aussi que tous les enfants de moins de 10 ans doivent partager la même chambre et qu’il en va de même pour tous les enfants de même sexe en dessous de 16 ans.

[6Left Unity est une initiative née au début de cette année suite à un appel lancé notamment par le cinéaste Ken Loach pour un nouveau parti à la gauche du Parti Travailliste qui a réuni aujourd’hui près de 10.000 signatures. Des groupes locaux se sont mis en place à travers le pays, une coordination nationale s’est mise en place, une première réunion de délégués des groupes locaux en formation à travers tout le pays s’est tenue le 11mai et l’assemblée constitutive du nouveau parti est prévue en novembre.

[7Jerry Hicks est un syndicaliste combatif qui s’est présenté comme candidat à la présidence de Unite, une des plus grosses centrales syndicales membres du Trade Union Congress. Il a obtenu 80.000 voix contre 130.000 au président en exercice, ce qui représente un succès important.

[8Unite Fichtback est un nouveau regroupement de syndicalistes combatifs au sein de la centrale syndicale Unite.