Pablo Stefanoni

  • Amérique latine : La « Lula-isation » de la gauche

    Pablo Stefanoni 3 juillet 2014

    Depuis la fin des années 1990, l’Amérique latine connaît un processus de transition qu’on caractérise, faute d’un terme plus précis, de post-néolibéralisme et que le président équatorien Rafael Correa a appelé un « changement d’époque ».
    Il s’agit, sans aucun doute, d’une grande variété d’expériences difficilement réductibles à la classification répandue sur les « deux gauches ». Ce clivage, qu’Álvaro Vargas Llosa a synthétisé – en utilisant une métaphore manichéenne – comme opposant les « gauches végétariennes » (Chili, Brésil, Uruguay) et les « gauches carnivores » (Venezuela, Bolivie, Equateur), prend le risque de figer une image trop restreinte de processus traversés par une grande diversité de caractéristiques et (...)

  • Le Venezuela comme dilemme

    Pablo Stefanoni 24 mars 2014

    Le Venezuela est-il en train de vivre une tentative de coup d’Etat similaire à celui qui, en 2002, avait temporairement écarté Hugo Chávez du pouvoir ? C’est ce que dit le gouvernement de Nicolás Maduro et que répètent certains médias bolivariens. Mais la situation est distincte à plusieurs niveaux et présentes plusieurs traits superposés qui nous parlent d’un épuisement – ce qui ne signifie pas nécessairement une fin de cycle immédiat – du modèle chaviste de gestion – politique et économique – de l’Etat.
    Chávez est arrivé au pouvoir en 1999, après avoir dirigé sans succès un coup d’Etat en 1992 quand il lança sa phrase prophétique « Nous n’y sommes pas parvenus, pour l’instant… ». Dans ces années là résonnait (...)

  • Syrie : Les gauches face à la guerre

    Pablo Stefanoni 9 septembre 2013

    Le débat sur une possible intervention militaire des Etats-Unis en Syrie a fortement agité les milieux de gauche. Personne, sans doute, ne soutient la probable attaque nord-américaine en faveur de laquelle Obama tente de convaincre le Congrès des Etats-Unis. Mais qu’en est-il du régime de Bachar Al-Assad ? C’est là que se concentrent les divergences.
    Les secteurs nationaux-staliniens, sous prétexte de s’opposer à Washington, prennent pour argent comptant l’existence d’un nationalisme syrien teinté de rouge et certains en font un héroïque résistant à l’empire. Ils se consacrent ainsi à discréditer ceux qui, à gauche, ne sont pas prêts à jeter des fleurs à l’ophtalmologue de Damas, qui a directement hérité (...)

  • Périls de guerre ? Ce qui se cache derrière le conflit entre les Etats-Unis et la Corée du Nord

    Jack A. Smith, Pablo Stefanoni 15 avril 2013

    Que se passe-t-il entre les Etats-Unis et la Corée du Nord pour que la presse consacre des titres tels que « Augmentations des tensions en Corée » et « La Corée du Nord menace les Etats-Unis » ?
    « The New York Times » informait le 30 mars que « Cette semaine, le jeune dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jung-un, a ordonné à ses subordonnés de se préparer à une attaque de missiles contre les Etats-Unis. Il s’est fait photographier dans un centre de commandement face à une carte fixée au mur avec l’inscription osée et improbable de « Plans pour attaquer le territoire des Etats-Unis ». Quelques jours avant, ses généraux se sont vantés d’avoir développé une ogive nucléaire de « style coréen » qui peut s’intégrer (...)

  • Cuba : 54 ans de Révolution

    Pablo Stefanoni 20 janvier 2013

    Le 1er janvier, la Révolution cubaine a fêté ses 54 ans. Cette révolution fut un événement qui a marqué plusieurs générations en Amérique latine et dans le monde. Une révolution qui s’est déroulée dans une île des Caraïbes – à quelques kilomètres à peine des Etats-Unis – et qui semblait capable de progresser avec un marxisme différent du « socialisme réel » ossifié qui prédominait dans l’URSS post-Staline, ce dernier étant mort quelques mois avant.
    Mais cette utopie d’un socialisme plus libertaire à duré peu de temps. Au début des années 1970, la soviétisation et une grisaille culturelle qui dura quinze ans mirent fin à l’hétérodoxie en alignant le pays sur celui du « socialisme réel » soviétique. Certes, comme (...)