Guillermo AlmeyraGuillermo Almeyra

  • Le danger principal au Venezuela

    Guillermo Almeyra 29 mai 2013

    L’économie vénézuélienne doit être urgemment réorganisée et assainie, tout simplement parce que dès qu’on a retiré de la production pétrolière totale les barils destinés à la consommation nationale et à la part correspondante aux accords de l’ALBA et de Petrocaribe, le reste (plus ou moins 1.150.000 barils) ne suffit pas pour payer toutes les importations.
    Ces dernières, en effet, vont des intrants et de la technologie pour la production nationale à tous les articles de consommation quotidienne et alimentaire. Les devises pétrolières sont tout autant utilisées pour acheter du whisky, des voitures et des motos importées, pour rembourser des dettes avec d’autres pays que pour importer du papier hygiénique, (...)

  • Les mouvements sociaux boliviens à la croisée de chemins

    Guillermo Almeyra 23 mai 2013

    Les indigènes, les paysans, les artisans et les ouvriers de Bolivie ont créé et poussé le président Evo Morales au pouvoir, en prenant initialement la forme d’un semi-parti ad hoc né des mouvements sociaux – l’Instrument Politique des Travailleurs – qui a ensuite adopté le même signe qu’un petit parti – de droite, en dépit de son nom - ; le Mouvement Au Socialisme (MAS). Ce dernier est devenu un pôle rassemblant des organisations de masse variées (syndicats paysans et ouvriers, organisations femmes, mouvements indigènes, groupes d’intellectuels de gauche et de centre-gauche).
    Par la suite, la résistance putschiste de la droite classique et des pouvoirs régionaux autonomes qu’elle possédait - surtout dans (...)

  • Les mouvements sociaux latino-américains et l’alternative politique

    Guillermo Almeyra 17 mai 2013

    Les mouvements sociaux ont, par définition, une finalité concrète et nationale ; droits démocratiques, écologiques, humains, défense des intérêts des paysans ou des ouvriers, revendications étudiantes, lutte contre la discrimination des indigènes, des différences sexuelles ou contre les inégalités de genre. Cela constitue à la fois la base de leur force rassembleuse et leur limitation car tous les travailleurs et les opprimés ne partagent pas ces fins. D’autre part, la lutte pour chacun d’eux se situe dans le cadre du système social capitaliste qui, dans chaque domaine de l’activité humaine et sur le terrain même de la survie de l’espèce humaine et de la nature, est destructeur, prédateur, injuste, (...)

  • Les gouvernements d’Amérique latine après Chávez

    Guillermo Almeyra 12 mai 2013

    Du point de vue des gouvernements et des institutions en Amérique latine, les changements produits par la disparition de Hugo Chávez sont importants, mais non fondamentaux. Le processus révolutionnaire vénézuélien est plus faible et par conséquent ses adversaires sont plus forts. Mais si la direction de l’Etat et du PSUV se décident à radicaliser et approfondir la transformation du pays en s’appuyant sur ses bases, s’ils réduisent les gaspillages et améliorent la distribution alimentaire, le changement social pourra alors faire un nouveau bond en avant - d’autant plus que le léger rétablissement actuel de la consommation et de la production aux Etats-Unis, le principal marché vénézuélien, donne une (...)

  • Amérique latine : Etat, syndicats et bureaucraties syndicales

    Guillermo Almeyra 2 mai 2013

    Tant que le régime du salariat existera, les travailleurs seront exploités par les entreprises capitalistes ou par l’Etat en tant que capitaliste collectif. Ils devront donc se défendre des uns et de l’autre en tentant de vendre leur marchandise particulière, la force de travail, au prix le plus élevé et dans les meilleures conditions possibles. Pour ce faire, ils doivent s’unir en associations de producteurs de cette marchandise, autrement dit en syndicats de branche et d’industrie, pour peser plus sur le marché face à des capitalistes qui n’hésitent pas à former des monopoles.
    Les syndicats sont donc, d’une part, une école élémentaire d’union et de solidarité de classe face aux capitalistes et à (...)

  • Venezuela : deux options après l’échec du coup d’Etat

    Guillermo Almeyra 22 avril 2013

    Le président Nicolás Maduro a évité de tomber dans le piège d’une riposte violente à la violence fasciste et, en même temps, il l’a balayée des rues, qui ont été reprises par les secteurs les plus pauvres et les plus conscients de la population. La tentative de coup d’Etat par des assassinats et des incendies de centres médicaux cubains, d’édifices publics et de locaux du PSUV a été étouffée par l’intervention populaire couplée à la fermeté de l’action du gouvernement.
    Le coup d’Etat demeure cependant l’option principale des Etats-Unis et de ses complices locaux. Mais, désormais, il sera préparé sans impatience ni précipitation par les fascistes mal déguisés en démocrates, en cherchant à tirer profit des (...)

  • Venezuela : Les défis après la victoire sur le fil du candidat chaviste

    Guillermo Almeyra 16 avril 2013

    Nicolás Maduro se donnait pour objectif de recueillir les électeurs de Hugo Chávez et même de les dépasser en obtenant 10 millions de votes. Mais il n’en a seulement obtenu que 7.505.338, en perdant 600.000 suffrages (*) par rapport aux dernières élections remportées par Chávez. Maduro ne l’a emporté qu’avec une différence de 300.000 votes, soit 50,6% contre 49,07% pour Henrique Capriles. L’abstention a légèrement progressée, passant de 20 à 22%, ce qui démontre que la majorité des 600.000 votes perdus par Maduro ont directement été à l’opposition qui, imitant Chávez et disputant son héritage, est parvenue non seulement à entraîner un secteur de la classe moyenne auparavant chaviste, mais aussi des secteurs (...)

  • Dossier sur l’après Chavez » (II) : Une transition incertaine

    Guillermo Almeyra, Milton D’León, Patrick Guillaudat 10 avril 2013

    La disparition de Chavez ouvre un scénario de transition incertain au Venezuela, dont la première étape est marquée par les prochaines élections du 14 avril. Si la majorité du peuple vénézuélien a clairement exprimé son soutien et sa volonté de poursuivre le processus en cours, les divisions et les contradictions au sein des différents courants chavistes risquent, en l’absence du dirigeant unificateur, de prendre rapidement le dessus. (Avanti4.be)
    L’après-Chávez a commencé Patrick Guillaudat
    Patrick Guillaudat – auteur avec Pierre Mouterde du livre Hugo Chávez et la révolution bolivarienne (MEditeur, 2012) – s’interroge dans cet article sur l’après-Chávez, par-delà l’alternative stérile de la déférence (...)

  • Dossier sur l’après Chavez (I) : La politique internationale du chavisme

    Claudio Katz, Guillermo Almeyra, Jean-Philippe Divès 28 mars 2013

    La mort du président Chavez a ouvert un intense débat sur son bilan et sur l’avenir du « processus bolivarien ». Tandis que les médias dominants ont accumulé les caricatures, à gauche, certains hommages ont versé dans un culte acritique de la personnalité fort peu compatible avec le socialisme. La disparition de Chavez ouvre également un scénario de transition incertain au Venezuela, dont la première étape est marquée par les prochaines élections du 14 avril. Si la majorité du peuple vénézuélien a clairement exprimé son soutien et sa volonté de poursuivre le processus en cours, les divisions et les contradictions au sein des différents courants chavistes risquent, en l’absence du dirigeant unificateur, de (...)

  • Dossier Venezuela : Après la mort de Chávez

    Guillermo Almeyra, Olga Rodríguez, Patrick Guillaudat, Santiago Alba Rico 7 mars 2013

    Décédé des suites d’un cancer le 5 mars 2013, Hugo Chávez a concentré sur son nom autant de haines que de passions. Hai à droite pour avoir osé remettre en cause la subordination du Venezuela aux intérêts US et l’accaparement de la rente pétrolière par les classes sociales privilégiées. Adulé par une population qui a vu reculer la misère, et qui a enfin profité d’une part non négligeable des revenus pétroliers.
    A l’encontre du dogme néolibéral qui traite l’économie come un phénomène naturel et nie toute possibilité d’intervention politique pour la contrôler, Chávez a remis au goût du jour le primat du politique sur l’économie. Malgré un lourd héritage historique où le mouvement social a été lourdement réprimé (...)