Guillermo AlmeyraGuillermo Almeyra

  • Le vieux ventre immonde enfante encore des monstres

    Guillermo Almeyra 18 décembre 2013

    Le vieux ventre immonde de l’extrême-droite peut encore enfanter des monstres, prévenait Bertolt Brecht. C’est ce que prouvent les néonazis italiens qui viennent de rendre hommage au nazi Priebke, responsable de l’assassinat de 335 Italiens dans les Fosses Adriatiques à Rome en 1944 ; les néonazis grecs de l’Aube Dorée ; la croissance de l’extrême droite dans les pays nordiques et en France, avec le Front National (FN) de Jean-Marie et Marine Le Pen, et même le Tea Party étatsunien.
    Au service du capital
    La xénophobie, le néolibéralisme extrême, le rejet de la solidarité sociale, de la justice sociale et du socialisme caractérisent ces mouvements. Ils prétendent combattre le grand capital alors qu’ils (...)

  • Il est encore possible d’éviter le capitalisme à Cuba

    Guillermo Almeyra 14 décembre 2013

    Le communiste et ex-diplomate cubain Pedro Campos a raison quand il dit que le sens profond de la politique économico-sociale cubaine actuelle s’exprime dans le projet de Code du Travail, présenté par la direction de la Centrale Ouvrière comme une imposition, sans discussion préalable avec la base, et dont le contenu augmente le pouvoir des patrons, des gérants et des administrateurs et annule toute possibilité de contrôle ouvrier sur leurs décisions. Comme on s’en souviendra, c’est également la direction de cette centrale syndicale – qui est une courroie de transmission du gouvernement vers les salariés – qui, au lieu de défendre les travailleurs, leur a communiqué la décision des autorités de (...)

  • Honduras : Les élections dans les semi-Etats

    Guillermo Almeyra 3 décembre 2013

    Le Honduras, comme le Mexique, est un semi-Etat. Toutes les décisions du gouvernement doivent recevoir l’aval de l’ambassade des Etats-Unis. L’économie repose sur les dollars envoyés par les émigrés, autrement dit sur l’exportation de la main d’œuvre.
    En outre, le pays fut d’abord utilisé par Washington comme base contre la révolution cubaine, et ensuite contre la révolution et le gouvernement sandinistes. Aujourd’hui, à partir de leur grande base de Palmerola et de deux autres bases militaires au Honduras, les Etats-Unis menacent à la fois Cuba et le Venezuela. Ils dominent l’Amérique centrale et se préparent à intervenir en Colombie, où le processus de paix avec les FARC (Forces armées révolutionnaires (...)

  • Chili : un gouvernement difficile

    Guillermo Almeyra 29 novembre 2013

    Le premier tour des élections chiliennes (le 17 novembre dernier, NdT) a confirmé ce qui était prévisible. La moitié de l’électorat n’a pas voté, exprimant ainsi les effets dépolitisant de la dictature de Pinochet et le rejet de tous les partis, y compris ceux de la Concertation qui ont négocié avec le pinochétisme et qui ne se sont pas distingués de la droite.
    En conséquence de cet abstentionnisme « protestataire », les candidats les plus à gauche ; Marco Enríquez Ominami (socialiste de gauche), Marcel Claude (présenté par le Parti Humaniste) et Roxana Miranda (du nouveau Parti Egalité) ont, ensemble, récolté à peine 17% des voix alors que le premier avait obtenu à lui seul 20% des suffrages lors des (...)

  • Espionnage étatsunien et hypocrisie sans frein

    Guillermo Almeyra 8 novembre 2013

    Le gouvernement français et le président François Hollande viennent de protester face à leur « ami » et allié étatsunien pour l’interception et l’enregistrement de millions de communications orales et écrites d’institutions, de politiciens, d’entreprises et de groupes de citoyens ou d’individus de ce pays. Le gouvernement allemand et la chancelière Angela Merkel ont fait de même quand les services secrets de Berlin on découverts que même le téléphone portable de Merkel était sur surveillé.
    Les gouvernements argentin et mexicain ont également protesté, tout comme l’ex-président Felipe Calderón, qui fut lui aussi continuellement espionné pendant son mandat, tandis que la présidente brésilienne Dilma Rousseff a (...)

  • L’ennemi de mon ennemi n’est pas forcément mon ami

    Guillermo Almeyra 3 octobre 2013

    La vieille idée que l’ennemi de mon ennemi est mon allié, si pas mon ami, a la vie aussi dure que l’autre idée également néfaste qu’au nom de la lutte contre « l’ennemi principal » il faudrait tolérer les pires crimes de l’allié ou de « l’ennemi secondaire ». Les gens qui ne pensent qu’en termes de nations et non dans les divers secteurs en lutte qui les composent, et encore moins dans les travailleurs qui y sont victimes de « leurs » gouvernants, ne peuvent pas comprendre qu’il est essentiel de distinguer et de séparer parmi « les Etasuniens », afin d’opposer exploiteurs et exploités et retirer aux agents du grand capital tous les prétextes possibles pour faire leur politique belliciste.
    Par conséquent, en (...)

  • Brésil : Le retour du mouvement social

    Guillermo Almeyra, João Machado, Raúl Zibechi 31 juillet 2013

    Les mobilisations de juin au Brésil peuvent constituer un tournant de longue durée. Ce sont les premières grandes manifestations en 20 ans, depuis celles de 1992 contre le président de l’époque Fernando Collor de Melo, qui fut forcé de démissionner. Aujourd’hui les choses sont différentes : le mouvement est beaucoup plus large, il touche des centaines de villes, les secteurs les plus organisés se proposent des objectifs de plus grande ampleur, avec une orientation anticapitaliste, et nous ne sommes pas en présence d’une explosion ponctuelle mais bien face à la massification d’un profond mécontentement.
    Tout cela permet d’avancer que nous sommes probablement au début d’un nouveau cycle de luttes (...)

  • Dossier Brésil : La fin de la « révolution passive » ?

    Eduardo Lucita, Guillermo Almeyra, Henrique Carneiro, Massimo Modonesi 2 juillet 2013

    L’expérience brésilienne de ces dix dernières années de gouvernements « progressistes » (deux de Lula et celui, actuel, de Dilma Rousseff) se caractérise par ce que Gramsci appelait une « révolution passive », c’est à dire un processus de modernisation impulsé d’en haut, qui ne reprend que partiellement les revendications de ceux d’en bas et qui parvient ainsi à garantir leur passivité et leur silence, plus que leur complicité.
    A partir de cette formule apparemment contradictoire, nous pouvons comprendre comment s’est construit au Brésil un équilibre précaire, mais étonnamment efficace et durable. Un processus qui, en outre, et toujours en suivant les intuitions de Gramsci, s’est appuyé sur un « césarisme (...)

  • Dossier : Cuba à la croisée des chemins (I)

    Guillermo Almeyra, Samuel Farber 23 juin 2013

    Cinquante ans après la proclamation du « socialisme », Cuba est à un tournant de son histoire. C’est l’occasion pour nous de soumettre deux articles revenant de manière critique sur l’expérience de ces cinq décennies et amorçant la réflexion sur l’avenir.
    La révolution cubaine à la croisée des chemins
    Guillermo Almeyra
    Pour le gouvernement cubain – et les partisans du dit « socialisme réel », c’est-à-dire du système économique, politique et social de l’ex Union soviétique et de celui des pays de l’Europe de l’Est, ou de la Chine et du Viet Nam - Cuba est socialiste depuis les années 60, quand Fidel Castro l’a déclaré par radio.
    C’était la réalité pour les ennemis de Cuba et du socialisme, c’est-à-dire les (...)

  • Amérique latine : Les élections à venir dans le Cône Sud

    Guillermo Almeyra 14 juin 2013

    Dans plusieurs pays du Cône Sud vont se tenir – dans un laps de temps relativement bref – une série d’élections très importantes. L’ombre de la disparition dramatique d’Hugo Chávez plane sur chacune d’elle, ainsi que l’incertitude par rapport à l’évolution ultérieure du processus bolivarien, alimentée par la difficile situation économique dans laquelle se trouve le gouvernement de Nicolás Maduro, partenaire de tous ces pays dans le cadre du Mercosur et de l’Unasur .
    S’il fallait résumer au maximum l’analyse, on pourrait dire qu’en Bolivie, Brésil, Uruguay et Argentine, les futurs gouvernements seront dans une situation plus difficile que dans le passé et entreront dans une période de turbulences. Seul le Chili (...)