Mexique, vingt ans après la rébellion zapatiste : défis économiques et politiques

Alejandro Nadal, Guillermo Almeyra 15 janvier 2014

De la fraude électorale du candidat présidentiel Carlos Salinas de Gortari en 1988 et l’imposition de politiques néolibérales - qui ont détruit le monde rural mexicain, accéléré brutalement l’émigration et rendu le Mexique totalement dépendant de l’importation d’aliments payés par le pétrole - jusqu’aux scandales de corruption, les dizaines de milliers d’assassinés et de disparus et la fraude massive lors des élections successives des gouvernements PRI-PAN (1) et de leurs partis satellites (dont le PRD (2)) ; l’oligarchie liée au capital financier international applique un seul plan. Ce plan, c’est la destruction de la souveraineté et de l’indépendance même du pays, ainsi que de toutes les conquêtes sociales et politiques issues de la Révolution mexicaine et de sa continuation sous le gouvernement de Lázaro Cárdenas (3).

Le gouvernement de Peña Nieto est aujourd’hui l’expression la plus infâme et le fer de lance de ce « néoporfirisme » (4). Si la protestation sociale ne le stoppe pas tout net, il ne sera que l’antichambre d’une situation encore pire, avec des gouvernements similaires à ceux de Puerto Rico et qui soumettront le Mexique aux mêmes conditions que cette île colonisée et intégrée à l’économie des Etats-Unis en tant que pourvoyeuse de main d’œuvre bon marché.

Comme durant le régime de Porfirio Díaz, les grands médias remplissent aujourd’hui le rôle de serviteurs du régime, d’intoxicateurs de l’opinion publique et de constructeurs d’une idéologie pour les classes moyennes aisées et pour les plus ignorants. L’oligarchie, depuis Iturbide, depuis Maximilien et les Français (5), est depuis toujours l’agent du capital étranger et anti-national. Tout comme à l’époque du « porfirisme », la protestation sociale actuelle est permanente et significative, mais est elle aussi inorganisée et se trouve encore dans la phase difficile de l’élaboration d’un « magonisme du XXIe siècle » (6), avec la lutte du Syndicat Mexicain des Electriciens (SME) et d’autres mouvements liés à l’OPT (7), (voir également l’article ci-dessous, NdT). Ces groupes, partant des meilleures traditions du nationalisme révolutionnaire mexicain, cherchent une voie vers une politique anticapitaliste de masse, tout comme Flores Magón voulait à l’époque faire évoluer le libéralisme de gauche vers le socialisme.

Il existe également une continuité dans la résistance indigène, paysanne, ouvrière et populaire contre la transformation du Mexique en un nouvel Etat virtuel des Etats-Unis - qui s’épargne aujourd’hui l’occupation et l’annexion directes tentées par le passé. Un fil rouge relie en effet le triomphe électoral de Cuauhtémoc Cárdenas (8) de 1988, avec l’action de la Théologie de la Libération au Chiapas, le mouvement étudiant à l’Université autonome de Mexico (UNAM) en 1990, le soulèvement zapatiste de 1994, le soutien national massif à la Marche de la Couleur de la Terre (9), les luttes paysannes ultérieures, la grève d’un an à l’UNAM, la résistance d’Atenco (10), la lutte du SME, les milices communautaires et les groupes d’autodéfense paysanne, la formation de MORENA (11) et de l’OPT.

Dans cette continuité des luttes, la rébellion néo-zapatiste de janvier 1994 et l’héroïque résistance de l’EZLN face à la répression militaire jusqu’aux Accords de San Andrés furent particulièrement importantes. Elles ont marqué le début de la contre-offensive populaire après la fraude de 1988 et les brutales mesures néolibérales qui ont frappé le mouvement paysan, en particulier avec l’abrogation de l’article 27 de la Constitution. (12)

En démontrant à tout le pays et au monde qu’on pouvait dire NON à ces politiques, résister et se maintenir dans des territoires où l’on commençait à construire l’autonomie, les zapatistes du Chiapas ont reçu un énorme écho dans les autres secteurs indigènes du pays et dans la gauche sociale mexicaine, alors très dispersée et affaiblie par la répression des années 70, par l’acceptation passive par le PRD de la fraude de 1988 et par les assassinats successifs de militants de ce parti.

En s’appuyant sur cette sympathie active, l’EZLN a tenté au début de chercher des alliances nationales et de construire des fronts plus larges contre les ennemis communs. Mais, malheureusement, elle n’a pas persisté dans ces tentatives unitaires et, face à plusieurs obstacles et trahisons, elle s’est retranchée dans la construction de ses bases d’appui au Chiapas se contentant, sur la scène nationale, à adopter une politique abstentionniste. Elle s’est retirée de l’activité politique en considérant que tous ses adversaires et tous les partis étaient également nocifs (et que les pires étaient les réformistes qui comptaient avec un soutien de masse). Cette attitude a d’abord favorisé la fraude de Calderón (ex-président mexicain, NdT) et, ensuite, de Peña Nieto.

Mais en même temps, l’EZLN a organisé et défendu les « Caracoles » zapatistes (13) et renforcé et étendu l’enseignement, la santé et la justice dans les zones où elle exerce son influence, et cela depuis maintenant 20 ans en dépit des efforts gouvernementaux pour étouffer et saboter ses tentatives autonomistes. Elle a maintenue l’indépendance de centaines de milliers d’indigènes du Chiapas et une partie de son influence dans les secteurs de la jeunesse de tout le pays. Malgré ses carences et ses erreurs politiques, l’EZLN n’a pas seulement été un stimulant important pour d’autres luttes, elle est, aujourd’hui encore, une force politique et organisée qui doit être prise en compte pour la construction d’un front national de défense de la démocratie, de l’indépendance, des droits humains et des conquêtes de la Révolution mexicaine.

Parce qu’avec la privatisation du pétrole et l’annulation de la propriété étatique des ressources du sous-sol s’ouvre aussi la voie vers la privatisation de l’eau et des minéraux et, en outre, une profonde crise économique vu que le Mexique dépend de Pemex (entreprise pétrolière nationale, NdT), aujourd’hui bradée aux multinationales, et de l’exportation de main d’œuvre. Autrement dit, le pays est de facto intégré à l’économie des Etats-Unis.

Le semi-Etat mexicain est aujourd’hui confronté, dans les communautés, à la résistance zapatiste, aux milices communautaires, aux groupes d’autodéfense et, dans le pays, le processus d’organisation massive de MORENA et de l’OPT, ainsi qu’à la résistance du meilleur de la jeunesse universitaire et des intellectuels. A partir d’en bas s’impose la nécessité d’un front de résistance et, comme en 1910-1920, le porfirisme sera vaincu.

Guillermo Almeyra

Source :
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=178726

Notes d’Avanti :

(1) PRI : Parti Révolutionnaire Institutionnel, aujourd’hui parti néolibéral, a dirigé le pays pendant plusieurs dizaines d’années. PAN : Parti d’Action Nationale, droite réactionnaire.
(2) PRD : Parti de la Révolution Démocratique, parti de centre-gauche social-libéral.
(3) Lázaro Cárdenas : président nationaliste du Mexique à la fin des années 30, il a mené une réforme agraire et nationalisé le pétrole mexicain en créant l’entreprise d’Etat Pemex, aujourd’hui en voie de privatisation en faveur de firmes étrangères.
(4) Du nom de Porfirio Diaz, dictateur mexicain de 1876 à 1911, chassé du pouvoir par la Révolution mexicaine.
(5) Agustín de Iturbide y Arámburu, proclamé empereur du Mexique en 1822. Maximilien Ier : proclamé empereur en 1864 avec le soutien de Napoléon III.
(6) Du nom de Flores Magón, principal théoricien et dirigeant révolutionnaire socialiste libertaire du Mexique pendant la période de la Révolution mexicaine.
(7) OPT : Organisation Politique des Travailleurs créée en août 2011 à l’initiative du Syndicat Mexicain des Électriciens (SME).
(8) Fils du président Lázaro Cárdenas, fondateur et dirigeant du PRD jusqu’en 2006. En 1988, sa victoire aux présidentielles fut frustrée par la fraude massive orchestrée par le PRI.
(9) Marche organisée par les zapatistes à travers tout le Mexique en 2001 en défense des Accords de paix de San Andrés qui prévoyaient notamment une série de réformes constitutionnelles en faveur des peuples indigènes.
(10) Violents affrontements entre la population de la ville d’Atenco et les forces répressives.
(11) Morena : Mouvement de Régénération Nationale, mouvement politique réformiste issu d’une scission du PRD.
(12) Article qui prévoyait entre autres l’expropriation des terres pour cause sociale ainsi que la protection des terres indigènes et la possession des ressources et richesses nationales en faveur de la population mexicaine.
(13) Les Caracoles (escargots) sont constitués par les communautés autonomes zapatistes et sont un mode d’auto-administration de celles-ci au Chiapas.

Parti et syndicats : Une expérience indispensable et différente

Guillermo Almeyra

Depuis des dizaines d’années, les travailleurs et les combattants de la lutte sociale au Mexique manquent d’un parti propre, présent aux élections. Dans la longue et continuelle série d’élections qui sont menées pour désigner le personnel qui gouvernera au nom des capitalistes, ils doivent choisir entre différentes versions (PRI, PAN, PRD) d’une même alliance qui sert, via les institutions et un gouvernement répressif, antinational et délinquant, le système capitaliste en général.

La dégénérescence totale du PRD (bien qu’il puisse encore exister dans sa base de certains Etats des militants combatifs) et la survivance du PRI ont leur origine dans les erreurs de la gauche anticapitaliste face à Lázaro Cárdenas et dans les années suivantes. Mais elles sont surtout l’expression de l’idéologie enracinée dans les masses populaires selon laquelle « nous sommes tous des Mexicains » et « il faut attendre que les problèmes soient résolus verticalement, à partir du gouvernement ».

Le fait est, cependant, que les oligarques et les grands capitalistes, agents des multinationales ou liés au capital financier international, n’ont de mexicain que leurs papiers d’identité et qu’ils détruisent toutes les conquêtes sociales et politiques de la Révolution. Ils nous font revenir aux temps de Porfirio Diaz et bradent nos biens communs aux plus offrants. L’unité nationale des exploités et des exploiteurs est, par conséquent, un mythe et il est également fatal d’attendre qu’un gouvernement des capitalistes et pour les capitalistes locaux et étrangers puisse assurer la libération nationale et sociale des opprimés.

Depuis près de 10 ans, et en rupture avec la corruption et la servilité de la direction du PRD, un vaste secteur de la population - soutenu par des intellectuels sincères et courageux et par des millions des Mexicains les plus actifs dans la protestation sociale - est en train de créer un Mouvement de Régénération Nationale (Morena). Mais son nom même indique une continuité avec le système politique et social qu’il faut au contraire liquider. En outre, ce parti, encore en formation et en lutte pour obtenir son enregistrement électoral, ne parvient pas à influencer une autre partie nombreuse des exploités et des opprimés, ni à l’éduquer dans la nécessité de l’action politique. Il ne parvient pas non plus à sortir de la voie sans issue de l’abstention dans laquelle tombent des secteurs indigènes et populaires parce qu’ils rejettent les illusions de Morena dans la possibilité que la classe dominante et l’impérialisme acceptent un triomphe électoral d’une opposition critique, même si celle-ci a un direction et une politique très modérées.

De là découle l’importance de la formation et de la lutte pour que l’Organisation Politique des Travailleurs (OPT) puisse obtenir son enregistrement électoral en tant que parti national.

L’OPT est né de l’action commune de plusieurs syndicats indépendants et combatifs du Mexique avec des organisations sociales et la gauche révolutionnaire. La création d’un parti de classe à l’échelle nationale répond à la même pression populaire qui a mené à la formation de Morena et à celle qui, dans les communautés indigènes et paysannes, pousse à la création d’instruments propres, comme les patrouilles communautaires, et au développement de l’autonomie pour faire face à la répression et à la corruption étatiques, ainsi qu’à la complicité entre des secteurs des autorités et le crime organisé. L’indépendance politique et de classe des travailleurs organisés dans l’OPT renforcerait énormément la lutte démocratique de Morena et serait, en même temps, une véritable école d’éducation politique pour les exploités en articulant les mouvements sociaux avec la lutte sur le terrain des droits légaux et électoraux, qui est la plus favorable pour la bourgeoisie.

L’OPT ne serait pas le premier parti né à partir des syndicats. Dès le XIXe siècle en Angleterre, les syndicats et un secteur des intellectuels ont formé le Parti Travailliste, qui joua un rôle fondamental dans l’organisation de la classe ouvrière britannique. En 1945, les syndicats argentins les ont imités en créant un Parti Travailliste qui a permis la victoire électorale du colonel Juan Domingo Perón. Mais ce dernier les intégra ensuite de force dans l’Etat en créant un parti unique capitaliste à base ouvrière et populaire, le Parti Péroniste. En 1952, la Centrale Ouvrière Bolivienne a agit de facto comme un parti politique. Plus tard, au Brésil, les syndicats ouvriers et paysans, ainsi que les Communautés de Base catholiques et divers groupes de gauche, ont créé le Parti des Travailleurs.

Toutes ces expériences ont fini, d’une manière ou d’une autre, par être absorbées par l’Etat. Car les syndicats sont une école élémentaire de conscience de classe puisqu’ils unissent les travailleurs par secteurs face à leurs patrons. Mais ils sont également un instrument d’adaptation au système, vu qu’ils défendent les travailleurs dans le cadre du marché du travail en tant que propriétaires de leur force de travail, qu’ils vendent comme une marchandise. Et, comme n’importe quel autre groupe de producteurs, ils luttent essentiellement pour le prix de cette marchandise (le salaire) et les conditions de sa vente (les conditions de travail).

Par conséquent, dans des conditions normales, l’Etat peut coopter, corrompre et intégrer des directions et des bureaucraties syndicales. Mais, dans les grandes crises sociales, d’importants secteurs des travailleurs imposent et défendent la démocratie syndicale et politisent les syndicats. Ou bien ils créent à partir d’eux des organismes ad hoc qui les représentent, surtout si la gauche est capable de combattre dans la lutte quotidienne les tendances conciliatrices et l’idéologie dominante.

C’est pour cela qu’il faut défendre le droit des ouvriers à avoir leur propre parti, à obtenir l’enregistrement électoral de l’OPT et soutenir les directions syndicales combatives. Et, en même temps, il faut populariser des politiques qui mènent, à partir de la lutte défensive, à la mise en œuvre d’actions qui créent une conscience et un pouvoir anticapitalistes.

Source :
http://www.jornada.unam.mx/archivo_opinion/autor/front/13/38997

Vingt ans d’ALENA : le protectorat mexicain

Alejandro Nadal

L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA, ou TLCAN pour ses initiales en espagnol, NdT) a été conçu dans le but de rendre irréversible l’imposition du néolibéralisme au Mexique. Les relations économiques avec les Etats-Unis ont créé un cadre juridique de subordination qui semble effectivement rendre inaltérables les institutions du néolibéralisme.

A l’occasion du vingtième anniversaire de l’entrée en vigueur de l’ALENA, il n’y a rien à fêter. Le commerce est concentré avec les Etats-Unis (autour de 77% des exportations mexicaines se dirigent vers ce pays). La vulnérabilité de l’économie mexicaine est l’autre face de l’augmentation du commerce avec le voisin du nord.

Le solde commercial du Mexique avec les Etats-Unis est positif. Mais si l’on observe la composition des exportations vers ce pays, on peut constater que les deux principales composantes sont les productions des usines « maquiladoras » (*) et le pétrole. En 2012, ces deux composantes représentent 85% des exportations vers les Etats-Unis. Autrement dit, les principales exportations du Mexique vers son voisin du nord sont ses ressources naturelles et sa main d’œuvre bon marché.

Les exportations des « maquiladoras » impliquent par définition l’utilisation d’une main d’oeuvre bon marché ou, comme les néolibéraux préfèrent le dire, avec des « salaires compétitifs ». Cela signifie que son apport en termes de créations d’emplois repose sur la base de salaires comprimés. Mais cela ne constitue nullement l’unique point noir des « maquiladoras ».

L’industrie « maquiladora » prospère dans la mesure où les segments du processus productif d’une marchandise qui sont intensifs en main d’œuvre peuvent s’exécuter au Mexique. Mais les autres segments sont menés à bien dans un autre espace économique et cela signifie que les liens inter-industriels au Mexique sont très faibles. C’est cela qui explique la faible valeur ajoutée de la production des « maquiladoras » et leur maigre effet d’entraînement vis-à-vis des autres branches de l’industrie au Mexique.

Cela explique en définitive le fait que, si le commerce avec les Etats-Unis s’est développé au cours de ces vingt années d’ALENA, l’économie mexicaine, elle, a connu une stagnation.

Le secteur le plus touché est sans doute l’agriculture mexicaine. L’économiste Tim Wise vient de publier la conclusion d’une série d’études sur l’impact de l’ALENA dans le secteur agricole (les résultats peuvent être consultés sur www.globalpost.com et www.ase.tufts.edu/gdae ). Ses recherches divisent en deux étapes la période de l’ALENA et ses effets sur la campagne. Dans la première période, qui va de 1994 à 2004, les Etats-Unis ont inondé le marché mexicain avec des produits agricoles fortement subsidiés qui ont exercé une pression à la baisse des prix des productions locales. Pour les trois millions de petits producteurs de maïs, le prix a chuté de 66% à cause de l’augmentation de 400% des importations de maïs provenant des Etats-Unis. Ces exportations ont été réalisées à des prix situés à 19% en dessous du coût de production des fermiers étasuniens. Tim Wise appelle cette étape d’ « Ere du dumping agricole ».

Au cours de ces années, les gouvernements mexicains n’ont non seulement rien fait pour freiner ces abus mais ils en outre considéré comme terminé le délai de transition qui avait été originellement introduit dans l’ALENA afin de protéger le secteur des producteurs mexicains de maïs. Les autres secteurs agricoles ont suivi la même chute vertigineuse.

Un sort similaire a en effet caractérisé les exportations de soja, de blé, de coton et de riz des Etats-Unis vers le Mexique. Et bien que les exportations de légumes du Mexique vers les Etats-Unis ont également augmenté, la balance agricole n’a pu être équilibrée à cause du poids des aliments de base. En 2005, le Mexique importait déjà plus ou moins 42% des aliments consommés dans le pays. La dépendance envers le maïs importé est passée de 8% avant l’ALENA à 32%. Le Mexique importe aujourd’hui 60% du blé et 70% du riz qu’il consomme.

En 2007, l’économie mondiale a connu une forte augmentation des prix des aliments de base. Pour des pays comme le Mexique, qui s’était bercé dans l’illusion d’importations alimentaires bon marché, l’impact fut désastreux. Ici commence la seconde étape que Wise appelle l’ « Ere de la dépendance ».

La politique agricole et énergétique des Etats-Unis a beaucoup à voir avec cette augmentation des prix internationaux des aliments. Divers subsides et autres incitants ont détourné près de 40% du maïs étasunien (qui représente 15% de l’offre mondiale de maïs) vers la production de l’éthanol. Cela a provoqué l’augmentation des prix dans toute la constellation des produits agricoles. Les importations mexicaines de produits agricoles ont dépassé le montant de 20 milliards de dollars et le déficit agricole a dépassé le chiffre de 4 milliards de dollars.

Le néolibéralisme mexicain repose sur trois piliers : l’ALENA, la politique monétaire (et financière) et la politique fiscale. Ce mélange explique que nous avons aujourd’hui 55 millions de Mexicains plongés dans la pauvreté. Et il n’est pas exagéré d’affirmer qu’avec l’ALENA, le Mexique s’est transformé en un protectorat des Etats-Unis. Ses politiques économiques, énergétiques et ses relations étrangères sont définies à Washington.

Source :
http://www.jornada.unam.mx/2014/01/08/opinion/021a1eco

Traductions françaises pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

(*) Une maquiladora, ou son abréviation maquila, est l’équivalent latino-américain des zones de traitement pour l’exportation (export processing zone, EPZ, en anglais). Ce terme désigne une usine qui bénéficie d’une exonération des droits de douane pour pouvoir produire à un moindre coût des marchandises assemblées, transformées, réparées ou élaborées à partir de composants importés ; la majeure partie de ces marchandises est ensuite exportée (sauf dans le cas des maquiladoras por capacidad ociosa, orientées vers la production nationale). (source : Wikipédia).