Le parc Gezi évacué, Istanbul et la Turquie explosent

Olga Rodríguez, Sungur Savran 17 juin 2013

Après des jours d’hésitation et de négociation, le gouvernement a finalement décidé d’évacuer la Commune de Taksim, là où des milliers de gens campent dans le parc Gezi et que des dizaines de milliers d’autres ont visité tous les soirs. La police a attaqué le parc Gezi samedi soir (15 Juin). Après l’avoir fait évacuer à l’aide de gaz lacrymogènes et, grande nouveauté, de canons à eau dans laquelle celle-ci est apparemment mélangée à un type particulier de produits chimiques, car elle brûle la peau de tous ceux qu’elle touche, la police a rasé les tentes, l’infirmerie, les cuisines et la bibliothèque qui y avaient été installées.

Mais l’écrasement d’un foyer de résistance a entraîné l’éruption d’un millier d’autres. Immédiatement, dans une série de quartiers d’Istanbul et dans de nombreuses villes à travers le pays, les gens sont sortis spontanément dans les rues par milliers et parfois par dizaines de milliers et ont commencé à scander les slogans communs à la rébellion qui souffle depuis déjà quinze jours.

Le plus pertinent pour l’occasion a été, bien sûr, "Taksim est partout, la résistance est partout !" qui a été le plus largement. On a aussi entendu d’autres slogans significatifs comme « Epaule contre épaule contre le fascisme !" (traditionnellement la gauche turque dénonce toutes sortes de régimes répressifs comme "fascistes") et "Gouvernement démission !".

Venant des quartiers ouvriers, des dizaines de milliers de manifestants ont occupé les routes circulaires sur les deux rives, européenne et asiatique, d’Istanbul. Un groupe de près de mille manifestants a traversé le pont principal sur le Bosphore qui relie l’Asie et l’Europe. Istanbul est maintenant devenue un arc de lutte et de résistance qui s’étend sur plus de 80 kilomètres dans une ville dont la population est estimée à 14 millions d’habitants. Dans le centre de la ville, même les quartiers très chic ont été le théâtre de marches et de cacerolazos (concerts de casseroles).

Espaces chaudement disputés

La stratégie de la police était simplement de "protéger" Taksim et les environs. Elle en a fait une question d’honneur et a sauvé la face en n’admettant pas les manifestants près de cette place, qui a été au centre d’une vive contestation au cours de la dernière quinzaine. C’est pourquoi la police a déversé des tonnes de gaz au poivre sur ces foules qui, comme celle dont nous faisions partie, étaient encore à plusieurs kilomètres de la place et tentaient de forcer les barrages de la police, alors qu’elles n’étaient pas en mesure de rejoindre les grands groupes qui coupaient la circulation des voitures sur les artères principales et les voies rapides et qui ont marché jusqu’au lever du soleil.

Mais, même près de Taksim, il y avait parfois des foules immenses. Par exemple, celle dans laquelle nous étions, a fini par regrouper des dizaines de milliers de personnes. Mais l’effet d’étouffement provoqué par les jets incessants de gaz lacrymogène et la morsure de l’eau chimiquement "améliorée" ont fini par jouer leur rôle et, au fil des heures, beaucoup de gens ont quitté les lieux.

Mais, malgré cela, c’est un événement de la plus haute importance qui s’est déroulé ici. Le parc Gezi a été au centre de l’attention du monde entier tout au long de ces deux semaines, en jouissant d’une atmosphère de liberté et de vie partagée. A juste titre, car cette expérience a permis à des dizaines de milliers de jeunes de découvrir pour la première fois les beautés du partage d’une vie commune. Mais, dans le processus, le monde, et beaucoup de gens en Turquie aussi, ignoraient que la police turque poursuivait ailleurs la même ligne ignoble en matière de traitement des manifestations de masse.

Un exemple frappant est le quartier de Gazi à Istanbul, un quartier ouvrier comptant une majorité d’alévis (les alévis sont une minorité religieuse qui se compte en dizaines de millions de personnes, le chiffre exact restant un mystère). L’ironie a même été intégrée dans les noms des deux endroits, Gezi et Gazi. L’événement a eu lieu la nuit dernière, au moment où notre foule qui s’amincissait, a reçu le soutien d’une foule de personnes arrivant de Gazi, en chantant "Tiens bon Taksim, Gazi arrive !" Gazi a finalement rencontré Gezi dans le même tourbillon de violence !

Ailleurs en Turquie, les masses se sont déversées dans les rues dès qu’elles ont découvert ce qui s’était passé dans le parc Gezi. Ankara, la capitale, Izmir, la troisième plus grande ville sur la côte de la Mer Egée face à la Grèce, Adana et Bursa, respectivement les centres des industries du textile et métal, et Antalya, le principal centre de villégiature estivale sur la Méditerranée, toutes ont vu des foules se rassembler sur leurs principales places. Néanmoins, l’attitude des forces de l’ordre a été très variable, allant d’une absence totale de violence à Izmir et Antalya jusqu’à une utilisation extrême de la force à Adana.

Introspection dans les cercles dirigeants

Il n’y a aucun doute que les responsables de toutes sortes se réunissent frénétiquement dans les bureaux à Ankara. Le gouvernement, les chefs des services de renseignement et des forces de l’ordre et les hauts gradés sont, selon toute probabilité, ont en train d’évaluer les mérites de la loi martiale ou de l’état d’urgence. Parallèlement à ces consultations officielles, il y n’a guère de doute que les fissures au sein de la classe dirigeante se frayent un chemin vers le sommet du pouvoir. Une coalition anti-Erdogan a émergé dans l’alliance entre Abdullah Gül, le Président de la République issu de l’AKP, Bulent Arinc, le vice-Premier ministre, qui est un autre poids lourd du même parti, et Kemal Kilicdaroglu, le dirigeant du CHP, le principal parti kémaliste (c’est-à-dire laïc et nationaliste) qui se présente aussi comme social-démocrate. Ce parti, qui est chéri de nombreux secteurs de la gauche, tente de laisser la pression s’échapper du mouvement même s’il prétend hypocritement se ranger à ses côtes.

Le Premier ministre Tayyip Erdogan a probablement fait la plus grosse erreur de sa vie. Son orgueil l’a à nouveau poussé vers la prise d’une décision irréfléchie. Le gouvernement a trié sur le volet un groupe de dirigeants des organisations [qu’il a reçu pour un entretien vendredi - NdT] en tant que représentants de la révolte. Ceux-ci étaient prêts à liquider le mouvement. Mais ils ont dû faire preuve de prudence de peur que la base se rebelle contre une capitulation ouverte. Ils n’avaient besoin que d’un jour de plus pour réduire la taille de la Commune de Taksim et au plus d’une semaine pour la dissoudre. Mais Erdogan avait prévu un rassemblement à Istanbul pour le dimanche 16 Juin et il voulait assurer le spectacle en apparaissant en vainqueur. C’est probablement le principal facteur derrière le calendrier de la descente de police dans le parc Gezi.

La question de la poursuite ou de la dissolution de la Commune du parc Gezi a soulevé beaucoup de débats au sein du mouvement et de la gauche. Il y a seulement une semaine, les représentants triés sur le volet du mouvement ont mis en avant une liste de revendications. La plupart de celles-ci étaient des formulations extrêmement minimales de griefs par ailleurs légitimes. Un exemple devrait suffire. Face à la brutalité des méthodes des forces de police, y compris l’utilisation de troupes sans uniforme armées de battes en bois cloutées, à peu près de la même veine que les Shabiha de Bachar al-Assad (en Syrie) ou les Baltadjis de Hosni Moubarak (en Egypte), les "représentants" du mouvement ont demandé la destitution de certains gouverneurs provinciaux, comme si ce n’était pas le ministre de l’Intérieur qui était responsable de ces politiques brutales et honteuses.

Pourtant, malgré les lacunes de ces sept revendications de départ, celles-ci se sont avérées extrêmement précieuses par rapport à ce que les représentants ont finalement accepté. Erdogan a simplement proposé un référendum sur l’avenir du parc Gezi et une enquête interne à propos des excès commis par la police. Étant donné les antécédents de la police turque et des forces armées quand elles enquêtent sur leurs propres crimes (plus d’un an et demi après le massacre d’Uludere/Roboski, où 34 paysans kurdes ont été tués lors d’un bombardement par la force aérienne turque, il n’y a pas une seule personne qui a été poursuivie), la promesse d’une enquête interne est une blague ! Et pourtant, les représentants ont accepté cette proposition. C’était vraiment incroyable, étant donné que pas une seule de leurs revendications initiales n’a été satisfaite et qu’en plus, le mouvement n’avait rien perdu de son dynamisme.

La Commune de Taksim

Toutefois, dans les assemblées qui se sont succédées dans le parc Gezi, la jeunesse indépendante qui a formé l’épine dorsale de la Commune de Taksim a caractérisé les concessions du gouvernement comme ridicules et a refusé de bouger. Cela a conduit les dirigeants à opter pour une méthode sournoise afin de liquider le mouvement. Pris comme ils l’étaient entre le marteau et l’enclume, ils ont manœuvré, déclarant qu’ils tenaient bon alors qu’ils essayaient simplement de conduire la Commune vers son lit de mort. Même ce grand morceau de rhétorique s’est pourtant avéré trop rebelle au goût d’Erdogan. Et la guerre s’en est suivie.

La révolte est sans précédent par l’ampleur de son influence, la profondeur de la rage dont elle est née, et la confiance en soi et le courage qu’ont montré des masses de gens ordinaires, dont beaucoup n’avaient que peu d’expérience politique. Si l’affluence et la combativité de la nuit dernière se poursuivent, non seulement Erdogan mais aussi l’avenir de l’ensemble du régime sera mise en péril.

Un facteur d’une importance immense, c’est le fait que la DISK, la confédération syndicale de travailleurs industriels la plus progressiste, et le KESK, la confédération syndicale des employés publics la plus à gauche, ont appelé conjointement leurs bases à une grève générale et à descendre dans la rue pour protester. Il s’agit d’une nouveauté et d’une importance cruciale, mais il faudra attendre et voir dans quelle mesure cette promesse sera tenue quand nous serons lundi, le premier jour où l’appel à la grève prendra tout son sens.

Dans l’ensemble, la révolte turque est entrée dans une nouvelle phase où la lutte peut, sous certaines conditions, porter beaucoup plus distinctement l’empreinte de la lutte des classes. Elle peut déboucher sur une révolution à tout moment. Elle peut, toutefois, refluer aussi en un simple mouvement de protestation et mourir peu à peu dans quelque temps.

Mais, même dans le cas, les répercussions ultérieures sur la politique turque, sur le mouvement de la classe travailleuse et sur les perspectives de la gauche seront considérables.

Sungur Savran est basé à Istanbul et est l’un des rédacteurs du journal Gercek (La Vérité) et de la revue théorique Devrimci Marksizm (Marxisme révolutionnaire), tous deux publiés en turc, et du site web RedMed.

Article publié sur le site socialistproject.ca
Traduction française pour avanti4.be : Jean Peltier

Bien plus que pour un parc et de l’alcool

Olga Rodríguez

Soulignons d’abord un paradoxe en rappelant que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a voulu tirer profit des révoltes arabes de 2011 pour s’affirmer en tant que leader régional et présenter le dénommé « modèle turc » comme une alternative idéale pour les pays arabes. Aujourd’hui, cependant, les protestations explosent dans son propre pays et les autorités policières turques n’ hésitent pas à employer la force brutale contre les manifestants.

Certains médias présentent le conflit en Turquie comme un mouvement composé exclusivement de jeunes laïcs de la classe moyenne, fatigués de l’islamisme conservateur du gouvernement d’Erdogan. On mentionne ainsi souvent le décret récemment imposé qui limite l’achat de boissons alcoolisées comme l’un des facteurs déclencheur des protestations. La réalité est cependant un peu plus complexe.

1.- Il y a quelques jours, plus de 10.000 manifestants ont pris les rues de Ümraniye, un quartier ouvrier situé dans la partie asiatique d’Istanbul. On considère pourtant souvent que la classe travailleuse est plus liée à l’islamisme et, par conséquent, au parti d’Erdogan. Mais les protestations dans ce quartier ont été massives. Des milliers de personnes ont dressé des barricades et ont carrément coupé le trafic d’une autoroute.

Un véhicule de luxe a ignoré les barrières et poursuivi sa route, écrasant et tuant l’un des manifestants, un jeune de 19 ans, ouvrier d’usine et membre de l’association des hackers socialistes « Redhacks ». Deux autres manifestants furent en outre blessés, dont l’un est membre de la Plateforme Solidarité Socialiste.

L’identité du jeune ouvrier tué, de même que celle de nombreux autres manifestants, nous aide à comprendre que les protestations ne sont pas seulement menées par une élite laïque social-démocrate et que ses causes ne se réduisent pas seulement à la défense d’un parc ou à la liberté de boire de l’alcool.

2.- La répression exercée par la police turque, connue dans la région pour sa brutalité, a sans doute constitué l’un des facteurs qui ont stimulé les protestations. A Ankara, en une seule nuit, et selon les chiffres du Comité des Médecins Professionnels, 441 personnes ont été gravement blessées et 15 d’entre elles sont toujours dans un état critique.

3.- L’année prochaine vont se dérouler des élections présidentielles en Turquie. Le Premier ministre Erdogan a l’ambition de se présenter comme candidat à la présidence. « Il ne veut pas seulement être président, il veut aussi introduire une sorte de présidentialisme qui concentre le pouvoir entre ses mains », avertit le professeur de sciences politiques Sahin Alpay.

4.- Après 11 ans au pouvoir, le gouvernement d’Erdogan souffre d’une certaine usure à cause de ses politiques répressives et des limites à la liberté de la presse. Depuis 2009, plus de 8.000 militants pro-kurdes, avocats, professeurs, écrivains et journalistes ont été arrêtés sous inculpation de « terrorisme ».

5.- Les politiques néolibérales d’Erdogan ont également indigné certains secteurs. Des entreprises publiques ont été privatisées – dans les télécommunications, le transport aérien, le tabac, le réseau électrique, les banques et l’eau -, ainsi que des terrains publics, des autoroutes et des péages.

La démolition du parc Gezy, origine des protestations, fait partie d’un plan urbanistique qualifié de néolibéral par certains manifestants et analystes et il inclut la construction sur la Place Taksim d’un centre commercial, l’élimination des accès piétonniers à la place et par conséquent l’impossibilité d’y protester ou de se rassembler dans ce qui constitue un lieu traditionnel de manifestation.

D’autre part, la distance entre les riches et les pauvres ne s’est pas réduite en dépit de la stabilité de la situation économique. En 2011, alors que l’économie turque connaît la croissance la plus rapide d’Europe, les 20% les plus riches possèdent approximativement la moitié de la richesse du pays, tandis que les 20% les plus pauvres n’en ont que 6%.

6.- Une autre lecture qui est faite des événements, surtout à l’intérieur du pays, c’est l’analyse qui présente les militaires comme étant l’alternative indiscutable au gouvernement islamique modéré d’Erdogan.

Le parti conservateur d’Erdogan est parvenu à faire face au grand pouvoir accumulé par l’armée turque, traditionnellement laïque et influente dans la vie politique depuis la Première Guerre mondiale. Sous le gouvernement actuel, les Forces armées ont perdu leur bras de fer contre Erdogan et plusieurs officiers supérieurs ont été arrêtés et jugés, accusés d’avoir voulu déstabiliser le pays.

7.- En 1997 il y a eu de grandes protestations dirigées par la gauche mais dont les militaires ont tiré profit afin de forcer le gouvernement islamiste de l’époque à abandonner le pouvoir. Plusieurs manifestants ont exprimé leur crainte que certains secteurs ne tentent de mettre à profit la conjoncture actuelle pour exiger l’intervention des militaires.

8.- Ozan Tekin, journaliste de gauche et participant aux protestations depuis le début, a déclaré : « Nous ne sommes pas contre ce gouvernement parce qu’il est islamique, mais parce qu’il est conservateur et néolibéral. C’est un gouvernement élu et légitime, et nous ne voulons donc pas qu’il soit renversé par les forces armées qui, elles, ne sont pas élues. Nous voulons que ce gouvernement soit renversé par le mouvement de masse du peuple ».

Son affirmation n’est pas isolée et illustre la préoccupation existante parmi les activistes d’éviter qu’on réduise l’analyse de la situation à une question d’islamistes contre laïcs pro-armée.

9.- Enfin, il est important de tenir compte du cadre régional dans lequel se déroulent ces protestations, avec une Turquie activement impliquée dans un conflit syrien où se trouvent également mêlés, d’une manière ou d’une autre, des pays tels que l’Irak, l’Iran, le Liban, le Qatar ou l’Arabie Saoudite, sans parler de plusieurs puissances occidentales et de la Russie.

La Turquie, membre de l’OTAN est alliée des Etats-Unis, partage une frontière avec la Syrie et a montré son soutien aux rebelles syriens. Tout comme à partir du Liban ou de l’Irak, depuis le territoire turc également des armes sont acheminées pour les rebelles. La frontière turque est une porte clandestine vers la Syrie pour des combattants et de l’armement.

Cette semaine, Erdogan est allé jusqu’à dire qu’il suspecte que des « groupes terroristes » - y compris celui qui s’est attribué la responsabilité d’un attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Ankara en février dernier – manipulent les protestations en Turquie et que les services secrets turcs mènent l’enquête sur les liens entre les manifestations et des « puissances étrangères », insinuant une connexion entre la position turque face à la Syrie et l’éclatement des mobilisations contre son gouvernement.

Le secrétaire d’Etat étatsunien, John Kerry, a déjà déclaré qu’il avait confiance dans le fait que les problèmes domestiques n’empêcheraient pas Ankara de jouer son rôle dans le conflit syrien. « J’espère que le ministre des affaires étrangères et le Premier ministre turc s’impliqueront toujours dans nos efforts pour résoudre ce qui se passe en Syrie » a-t-il indiqué.

Contrairement aux révoltes arabes de 2011, ces manifestations en Turquie ne se déroulent pas dans un cadre dictatorial et ne demandent pas de manière massive « la chute du régime ». Le niveau de confrontation n’est pas le même non plus : il faut rappeler qu’aux seuls premiers jours de l’éclatement des révoltes en Egypte il y a eu des dizaines de victimes mortelles.

Mais il ne fait pas de doute que ce nouveau mouvement social turc hétérogène est en train de ternir l’image d’Erdogan et qu’il peut briser ses plans pour les élections présidentielles de 2014. En fonction de sa capacité à s’organiser et à se fixer des objectifs, ce mouvement social pourrait exercer une influencer déterminante sur l’avenir du pays.

Source :
http://www.eldiario.es/zonacritica/Turquia-parque-litrona_6_140395980.html
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera