Grèce (2) : Démocratie contre bancocratie en Grèce

Alan Maass 22 janvier 2015

Des élections nationales auront lieu en Grèce le 25 janvier et les électeurs pourraient élire un parti de gauche qui affirme vouloir en finir avec l’austérité qui règne en Europe depuis que la crise de la dette a frappé en 2008.

Depuis plus d’un an, la Coalition de la gauche radicale, ou SYRIZA, est en tête dans les sondages d’opinion sur les intentions de vote. Le gouvernement de coalition, dirigé par le parti de droite de la Nouvelle démocratie, a perdu un vote crucial au parlement à la fin décembre, ce qui a provoqué le déclenchement d’une élection générale anticipée qui a été fixée au 25 Janvier.

La Grèce a subi une crise économique catastrophique, en grande partie à cause des mesures d’austérité exigées par la « Troïka » - composée de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international - en échange du renflouement du système financier du pays. Mais la Grèce a également été un centre de la résistance à l’austérité en Europe, avec plus de 30 grèves générales depuis 2010 qui n’ont été qu’une des dimensions d’un mécontentement social explosif.

Depuis 2012, des millions de Grecs ont mis leurs espoirs dans l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de gauche dirigé par SYRIZA, et le parti a presque remporté les précédentes élections au printemps dernier en promettant de répudier les "Memorandums" d’austérité qui ont été négociés avec la Troïka et mis en œuvre à la fois par la Nouvelle Démocratie (droite) et par le PASOK (centre-gauche), les deux principaux partis du capitalisme grec.

Dans quelques jours, SYRIZA devrait battre la Nouvelle Démocratie aux élections, comme il l’a fait lors du vote de mai 2014 pour le Parlement européen. Le parti radical de gauche a de bonnes chances de remporter une majorité absolue de sièges dans le nouveau parlement et de former le prochain gouvernement.

Mais pas si les patrons et la bancocratie d’Europe arrivent à leurs fins.

« Votez, cela ne changera rien »

Déjà avant que soit décidée l’élection générale, l’establishment économique et politique européen, relayé par les capitalistes grecs, a commencé une campagne alarmiste visant à dépeindre un gouvernement de SYRIZA comme une catastrophe à venir. "Les nouvelles élections ne changent absolument rien quant à la dette de la Grèce", a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble. "Tout nouveau gouvernement doit maintenir les obligations contractuelles de son prédécesseur."

Traduction : le fait que le peuple grec élise SYRIZA pour en finir avec l’austérité n’a aucune importance, la Troïka maintiendra toujours son programme néolibéral de coupes dans les budgets publics, de licenciements et de privatisations qui a plongé la population dans la pauvreté et l’économie de la Grèce dans une crise économique semblable à la Grande Dépression des années 1930.

Les maîtres-chanteurs de l’UE haussent le ton parce qu’ils ont quelque chose à craindre. Ils doivent empêcher SYRIZA de gagner ou obtenir des dirigeants de ce parti un renoncement à leur engagement d’en finir avec l’austérité - sinon l’exemple de la Grèce pourrait inspirer d’autres partis de gauche et mouvements sociaux à travers le continent.

"En ce sens," comme l’écrivent deux militants d’ATTAC-Autriche, Lisa Mittendrein et Valentin Schwartz (1), "l’importance de la lutte de SYRIZA va au-delà de la Grèce : si elle parvient à accéder au pouvoir et à mettre en œuvre sa politique, cela va ouvrir des espaces pour des alternatives de gauche dans toute l’Europe. Si elle devait échouer, la gauche en Europe peut perdre crédibilité et espoir pour une longue période ".

Les enjeux sont élevés - c’est pourquoi SYRIZA et la classe travailleuse grecque ont besoin de la solidarité de toute l’Europe et du monde entier dans leur lutte pour résister à la bancocratie et en fin de compte pour arrêter le cauchemar de l’austérité.

Une crise d’une ampleur incroyable

L’émergence de SYRIZA, en quelques années, du statut de parti mineur à celui de favori pour les prochaines élections nationales montre l’ampleur de la crise économique et politique que connaît la Grèce.

Les statistiques économiques sont un choc. Le produit intérieur brut du pays a diminué de plus de 25% en à peine cinq ans. Plus d’un quart des Grecs en âge de travailler est au chômage, selon les statistiques officielles. Les salaires réels ont baissé de 30%, et la production industrielle a diminué de plus d’un tiers.

« Le coût humain a été incommensurable", a écrit l’économiste Costas Lapavitsas dans un article pour le quotidien britannique The Guardian. « Le nombre de sans-abris a grimpé en flèche, les soins de santé primaires se sont effondrés, les soupes populaires se sont multipliées et la mortalité infantile a augmenté." (2)

Tout cela est une conséquence directe des mesures néolibérales exigées par la troïka, qui ont réduit le filet de sécurité sociale de la Grèce afin que le gouvernement puisse dégager un excédent budgétaire et continuer à rembourser une dette extérieure paralysante qui représente presque deux fois la taille de la production économique totale du pays d’une année.

Les deux principaux partis politiques qui ont dominé la politique grecque depuis la fin de la dictature militaire il y a quarante ans sont de plus en plus discrédités, après avoir loyalement mis en œuvre le programme de la Troïka. Le soutien au PASOK, par exemple, s’est effondré jusqu’à un minuscule 2,2% selon un sondage rendu public début janvier - ce qui signifierait que le parti politique qui a gouverné la Grèce pendant l’essentiel des 40 dernières années serait en deçà du seuil de 3% nécessaire pour qu’un parti puisse obtenir des sièges au parlement.

Historiquement, une crise de cette ampleur a souvent permis à l’extrême-droite de trouver une écoute pour la haine raciste et la dénonciation de la gauche. En Grèce, le parti nazi Aube dorée a réalisé une percée effrayante. Il détient 16 sièges au parlement et ses partisans attaquent systématiquement les immigrants et les militants de gauche. La nécessité de faire front contre l’Aube Dorée est urgente.

Les raisons de la percée de Syriza

Cependant, pour le moment, la plus grande partie de la radicalisation dans la société grecque s’est tournée vers la gauche et SYRIZA en a été le principal bénéficiaire. Il y a cinq ans, SYRIZA a obtenu à peine assez de voix pour remporter des sièges au parlement. Puis en 2012, il est arrivé deux fois en seconde place aux élections nationales, échouant de peu derrière la Nouvelle Démocratie.

Sotiris Martalis, un membre du groupe socialiste révolutionnaire Gauche Ouvrière Internationaliste (DEA), l’une des organisations co-fondatrices de la coalition SYRIZA, a expliqué ainsi le succès du parti radical de gauche :

« De 2010 à 2012, la classe travailleuse a mené de nombreuses luttes pour renverser la politique de la classe dirigeante - plus de 30 grèves générales, des occupations de bâtiments publics, le "mouvement des places » qui a occupé de nombreuses places publiques, le mouvement "Nous ne paierons pas" qui se mobilisait contre les taxes injustes et l’augmentation des sommes à payer pour avoir accès à des services publics, en particulier le transport public.

Malgré tout cela, le mouvement de résistance n’a pu obtenir aucune victoire dans sa lutte pour en finir avec l’austérité. Donc, il a essayé de obtenir cette victoire par les urnes. Et, pour obtenir un gouvernement contre l’austérité, les travailleurs ont choisi SYRIZA plutôt que le Parti communiste, qui pourtant récoltait auparavant deux fois plus de voix que SYRIZA.

Pourquoi cela s’est-il passé ainsi ? Pour trois raisons : d’abord, SYRIZA était actif dans le mouvement, contrairement au Parti communiste, qui était profondément sectaire. Deuxièmement, SYRIZA a fourni une alternative politique concrète, avec son appel pour un gouvernement de gauche pour renverser austérité. Troisièmement, SYRIZA a également appelé à l’unité de la gauche, y compris avec le Parti Communiste et ANTARSYA, l’autre coalition électorale de gauche, qui est plus petite que SYRIZA. »

Après la première des deux élections de mai 2012, SYRIZA a été soumis à une pression intense pour rejoindre un gouvernement de « salut national » aux côtés de la Nouvelle Démocratie et du PASOK - mais il est resté ferme en refusant de collaborer avec les partis qui ont accepté les Mémorandums.

Créer une atmosphère de crise

Malgré toute la misère déjà infligée à la Grèce, la Troïka exige encore davantage.

Le dernier Mémorandum signé par le gouvernement en échange du sauvetage des banques expire en février et, au cours des négociations pour l’extension du sauvetage financier, les dirigeants de la Troïka ont exigé encore plus de coupes dans les dépenses du gouvernement et une augmentation des taxes régressives, avec l’objectif d’amener le gouvernement à dégager un excédent budgétaire de 3% cette année.

Le gouvernement de la Nouvelle Démocratie dirigée par le Premier ministre Antonis Samaras s’est rendu compte que le soutien dont il disposait encore était en train de s’écrouler. Plutôt que de négocier de nouvelles mesures d’austérité avec la Troïka et d’essayer ensuite de se faire réélire, Samaras a préféré manoeuvrer pour tenter d’obtenir un vote au parlement en faveur de son candidat à la présidence de la république, un poste qui est essentiellement honorifique. Lorsque ce candidat n’a pu obtenir la super-majorité nécessaire de 180 voix sur 300 députés, Samaras a déclenché automatiquement la procédure de convocation d’une nouvelle élection générale.

Le but de Samaras est de créer une atmosphère de crise qui puisse dissuader suffisamment de gens de voter pour SYRIZA afin qu’il ne devienne pas le parti majoritaire au Parlement. Il a été aidé et encouragé par l’élite politique et financière de l’Europe. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s’est joint aux dirigeants du gouvernement allemand, la puissance dominante de l’UE, pour avertir qu’il y aura aucune concession significative sur la question de l’austérité en Grèce.

Pendant ce temps, entre le 8 décembre, quand Samaras a annoncé l’ouverture du processus de vote au parlement qui a finalement conduit aux nouvelles élections, et la fin de l’année, la Bourse grecque a perdu plus de 20% de sa valeur, une démonstration particulièrement claire du bras de fer auquel peut s’attendre SYRIZA si elle forme le prochain gouvernement.

Différenciations au sein de Syriza

En plus de ce chantage pur et simple, les dirigeants de l’Europe et leurs représentants en Grèce veulent faire monter la pression sur les dirigeants de SYRIZA, y compris le principal porte-parole du parti Alexis Tsipras, afin qu’ils renoncent au programme radical du parti pour en finir avec l’austérité.

Tsipras et d’autres dirigeants de SYRIZA promettent qu’un gouvernement de gauche inversera les politiques menées par la Nouvelle Démocratie et le PASOK, mais ils se présentent comme une alternative modérée et ils insistent sur le fait qu’ils ne prendront pas de mesures unilatérales concernant la dette extérieure de la Grèce.

Depuis que SYRIZA tenu son premier congrès en 2013, on a assisté à une croissançe importante de la gauche au sein du parti. Organisée au sein de la Plate-forme de Gauche, elle s’oppose à des concessions politiques faites au nom du « réalisme » et insiste sur le contrôle démocratique du parti par ses membres au niveau de la base.

Les semaines à venir avant l’élection du 25 janvier seront un test crucial - non seulement pour les différents secteurs de SYRIZA, mais pour la gauche grecque dans son ensemble.

Un « plan de reconstruction »

En septembre dernier, dans un discours à la Foire commerciale internationale de Thessalonique - un événement annuel où le premier ministre et le chef du principal parti d’opposition sont invités pour parler de leurs perspectives pour l’année à venir - Tsipras a présenté un "plan de reconstruction" dont il a dit que la mise en oeuvre serait une des premières tâches dirigé par SYRIZA.

Le premier « pilier » du plan serait de faire face à la crise humanitaire provoquée en Grèce par le naufrage de l’économie. Entre autres mesures, SYRIZA propose de dépenser 2 milliards d’euros pour fournir des subventions pour l’électricité et des produits alimentaires gratuits pour 300.000 ménages pauvres et pour rétablir une garantie de logement au moyen de subventions couvrant 30.000 appartements en location.

D’autres propositions dans ce programme de départ pour un gouvernement de gauche comprennent la rétablissement du salaire minimum à son niveau d’avant les Mémorendums, le remboursement des coupes qui ont été faites dans les allocations de retraite géré par le gouvernement, le rétablissement des droits de négociation pour les syndicats et l’annulation des taxes les plus régressives imposées aux travailleurs et aux pauvres.

La déclaration de Thessalonique est plus vague sur la façon dont SYRIZA traiterait l’énorme dette étrangère de la Grèce, mais Tsipras et d’autres dirigeants du parti ont déclaré publiquement que les négociations avec l’UE devraient conduire à l’annulation d’au moins la moitié de la charge de la dette.

Bien que Tsipras présente les propositions de SYRIZA comme relevant du bon sens économique et étant même avantageuses pour l’économie européenne dans son ensemble, les priorités qu’il a mises en avant à Thessalonique seraient une rupture spectaculaire avec le programme d’austérité implacable qui a plongé la Grèce dans la dépression et menace maintenant de faire glisser l’Europe dans une seconde récession.

Ce que mettent en avant ceux qui se présentent eux-mêmes comme les "modérés" de SYRIZA est loin d’être le compromis insipide dépeint par certains à gauche - comme, par exemple, le Parti Communiste grec, qui prétend que SYRIZA n’est pas différent de la Nouvelle Démocratie et du PASOK et qu’elle cherche à maintenir "le système d’exploitation corrompu et pourri du pouvoir des monopoles."

Ce programme est à appliquer, pas à négocier

L’aile gauche au sein de SYRIZA voit la déclaration de Thessalonique de Tsipras comme un bon point de départ - même s’il est incomplet - pour un gouvernement de gauche. Mais elle veut que SYRIZA entre dans la campagne électorale en déclarant d’emblée que ces propositions ne seront pas un objet de négociations avec la Troïka. Dans un éditorial publié sur son site internet après l’annonce des nouvelles élections, le Réseau Rouge - une alliance de trois organisations révolutionnaires, dont DEA, qui participe à la Plate-forme de Gauche - a déclaré :

« La clé, c’est de répéter, d’une voix forte et continue, notre engagement que les mesures proposées [dans la déclaration de Thessalonique -NdT] ne feront pas l’objet de négociations sur la question de la dette avec les prêteurs étrangers, qu’ils ne seront pas "examinés" ou " révisés "sur la base de la logique de la responsabilité financière, suivant les pratiques des gouvernements qui ont mis en oeuvre les Mémorandums ».

Maintenir cette position face à l’alarmisme des maîtres chanteurs de l’UE nécessitera une attitude différente préconisée par Tsipras et d’autres dirigeants du parti, affirme l’éditorial du Réseau Rouge. Par exemple, dit-il, SYRIZA doit être inébranlable sur sa position que l’essentiel de la dette extérieure de la Grèce doit être annulé, et non soumis à une négociation sur les périodes de remboursement et les taux d’intérêt.

De plus, déclare le Réseau Rouge, Tsipras et les autres doivent cesser de dire qu’un gouvernement de gauche ne prendra pas de mesures unilatérales sur la dette ou d’autres questions. Si la Troïka refuse (et elle le fera) d’accepter les propositions de SYRIZA, en partie ou en totalité, le nouveau gouvernement doit être prêt à prendre des contre-mesures plus fortes, comme la prise de contrôle des banques grecques - et pas seulement "en ajoutant des représentants de l’Etat à leur direction, mais par un contrôle réel en les prenant en charge en tant que propriété d’Etat. "

Une mobilisation indispensable

Même les premières étapes avancées par Tsipras ne pourront être menées à bien uniquement par les membres du parlement. Elles nécessiteront une mobilisation de la classe travailleuse pour la défense d’un gouvernement de gauche en conflit avec les capitalistes grecs et la Troïka. Une indication du potentiel existant pour cette mobilisation a été donnée par la montée des luttes sociales en Grèce à la fin de l’année dernière à mesure que la crise politique se rapprochait - y compris la première grève générale appelée par les principales fédérations syndicales depuis sept mois.

Si SYRIZA et les travailleurs grecs se retrouvent à devoir lutter seuls contre les maîtres chanteurs de l’UE, leur route vers la suppression de l’austérité sera extrêmement difficile. C’est pourquoi les militants de gauche en Europe commencent à organiser la solidarité avec la lutte en Grèce, avec l’objectif de faire pression sur les dirigeants de leurs propres pays qui menacent la Grèce.

Comme l’a déclaré le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) dans un communiqué le 1er janvier :

« C’est d’ailleurs parce que l’enjeu est si important qu’on doit s’attendre à ce que « ceux d’en haut » d’Europe et de Grèce ne respectent pas le verdict des urnes, qui devrait couronner, pour la première fois de l’histoire, la victoire de la gauche grecque. Sans aucun doute, ils vont par la suite essayer d’asphyxier le gouvernement de gauche sorti des urnes, parce que son éventuel succès serait sûrement interprété comme un formidable encouragement à la résistance par les travailleurs et les peuples d’Europe.

Le CADTM, qui s’est toujours trouvé aux cotés de la population grecque luttant contre les politiques d’austérité et les graves atteintes aux droits sociaux et démocratiques, fera de nouveau tout pour alerter la gauche et les mouvements sociaux en Europe et au-delà afin de les mobiliser dans un vaste mouvement de solidarité avec la population grecque qui résiste et lutte pour se libérer du fardeau d’une dette qui non seulement n’est pas la sienne, mais qui est aussi manifestement largement illégitime, illégale ou odieuse. Le CADTM considère que la constitution d’une commission internationale et citoyenne d’audit de la dette grecque, chargée d’identifier la part illégale et/ou illégitime ou odieuse de cette dette qu’il ne faudrait pas rembourser, ferait presque partout des émules et mettrait à l’ordre du jour la répudiation de la dette illégitime et/ou illégale de tous les pays de la périphérie européenne...

Être solidaire de la population grecque ainsi que de la gauche grecque, qui résistent et luttent pour libérer le pays et ses citoyens de l’emprise des créanciers et de la dictature des marchés, est aujourd’hui le devoir internationaliste élémentaire non seulement des militants mais aussi de tout citoyen européen qui refuse cette Europe de l’austérité qui génère misère, racisme et barbarie. »

Notes

1. Dans leur étude très documentée sur Syriza : “With Greece for Europe - Why we need to support the Greek Left now », 14 octobre 2014 ; https://www.dropbox.com/s/zv2t6vaxg3rluop/mittendreinschwarz_withgreeceforeurope_2014_eng.pdf

2. « Syriza can transform the EU from within – if Europe will let it » ; http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/dec/29/syriza-greece-austerity-eu

3. « Bas les pattes devant la Grèce qui lutte et résiste ! », CADTM Europe ; http://cadtm.org/Bas-les-pattes-devant-la-Grece-qui

Article publié le 6 janvier 2015 sur le site étatsunien Socialist Worker
Source : http://socialistworker.org/2015/01/06/democracy-versus-the-bankers
Traduction française et intertitres : Jean Peltier