Brésil : Le retour du mouvement social

Guillermo Almeyra, João Machado, Raúl Zibechi 31 juillet 2013

Les mobilisations de juin au Brésil peuvent constituer un tournant de longue durée. Ce sont les premières grandes manifestations en 20 ans, depuis celles de 1992 contre le président de l’époque Fernando Collor de Melo, qui fut forcé de démissionner. Aujourd’hui les choses sont différentes : le mouvement est beaucoup plus large, il touche des centaines de villes, les secteurs les plus organisés se proposent des objectifs de plus grande ampleur, avec une orientation anticapitaliste, et nous ne sommes pas en présence d’une explosion ponctuelle mais bien face à la massification d’un profond mécontentement.

Tout cela permet d’avancer que nous sommes probablement au début d’un nouveau cycle de luttes impulsé par des organisations différentes de celles de la période antérieure. Mais quels étaient ces mouvements ?

Dans les années 1970, en plein régime militaire, s’est produit un véritable tremblement de terre social au Brésil à partir d’en bas. Les commissions d’usines incarnèrent un nouveau syndicalisme rejetant la structure verticale du syndicalisme officiel. Les grèves de São Bernardo do Campo et d’autres villes de la ceinture industrielle de São Paulo ébranlèrent le contrôle du régime et ce mouvement déboucha sur la création de la Centrale Unique des Travailleurs (CUT) en 1983. En 1979, les paysans sans terre reprirent les occupations en tant qu’instrument de lutte avec l’occupation des « haciendas » Macalis et Brilhante, ce que l’on considère être à l’origine du MST (Mouvement des travailleurs ruraux sans terre). Et c’est en 1980 que se créa le Parti des Travailleurs (PT).

Les grandes créations du mouvement populaire brésilien commencèrent par de petits mouvements de résistance et de lutte et avec des acteurs « marginaux » du point de vue de la grande politique. La création du PT était le fruit de la conjonction de trois courants, dans le contexte d’un vaste mouvement populaire pour la liberté : les vaincus de la lutte armée des années 60 et 70, les communautés chrétiennes de base – qui n’ont jamais séparé éthique et politique - et le nouveau syndicalisme. Comme le souligne Chico de Oliveira, le plus grand sociologue du Brésil, ce genre de convergence est très rare dans l’histoire et ne se répète pas.

Deux décennies plus tard, les choses ont radicalement changé. La couche supérieure du syndicalisme s’est transformée, à travers la gestion des fonds de pension, en alliée du capital financier et des multinationales brésiliennes. Le PT est un parti traditionnel comme les autres, qui ne se différencie en rien des partis de la droite avec une partie desquels il gouverne. La « politique du possible » à mené le parti de Lula à se salir dans des cas retentissants de corruption, comme le « mensalão », une mensualité payée aux parlementaires pour voter en faveur du gouvernement. Seul le MST a maintenu ses principes, mais en payant le prix d’un plus grand isolement.

La même année où Lula est arrivé au pouvoir, plus de 40.000 jeunes ont manifesté dans les rues de Salvador (Bahia) contre l’augmentation des prix du transport urbain ; un mouvement qui a duré 10 jours et connu sous le nom de « Revolta do Buzu » (la « révolte des autobus »). L’année suivante, en 2004, une autre mobilisation massive à Florianópolis luttait contre les prix élevés des transports ; la « Revolta das Catracas » (la « révolte des tourniquets »). Les appareils des organisations étudiantes négocièrent avec le pouvoir central en passant au dessus du mouvement et en suscitant ainsi un profond rejet à leur égard.

En 2005 s’est créé, au Forum Social Mondial de Porto Alegre, le Movimento Passe Livre (MPL), avec plusieurs groupes présents dans toutes les grandes villes. Il s’agissait de petits noyaux militants qui fonctionnaient sur base de quatre principes : horizontalité, autonomie, fédéralisme et a-partidisme (mais non anti-partis). De cette manière, ils rejetaient les organisations hiérarchiques et centralisées, dépendantes de l’Etat et du gouvernement, qui hégémonisent le camp populaire.

Le MPL n’était pas le seul mouvement de ce type. La Centrale des Médias Indépendant (CMI, ou Indymédia Brésil), le Mouvement des Sans Toit (MTST), les chômeurs (MTD), les groupes étudiants autonomes et libertaires dans les universités et quelques écoles secondaires composent ainsi un vaste éventail de groupes.

Le MPL s’est illustré en mobilisant des dizaines de milliers de personnes dans les rues contre la piètre qualité des transports urbains, en général privés, et pour leurs tarifs abusifs. Vers 2008 ont surgi les Comités Populaires de la Coupe, qui analysèrent les conséquences pour la population des travaux prévus pour le Mondial de 2014 et pour les Jeux Olympiques de 2016. Tout comme les autres, il s’agit de petits groupes de composition hétérogène qui ont commencé à travailler avec les communautés des périphéries urbaines et les habitants des favelas menacés par les méga-chantiers.

Le plus important, c’est que, dans ces groupes, a commencé à naitre une nouvelle culture politique et de protestation. Certains l’appellent « action directe ». En tous les cas, elle est inspirée dans les quatre principes mentionnés plus haut, elle a commencé à croître et s’est répandue en dehors des institutions. Elle n’a pas pour vocation de se convertir en appareil organisationnel séparé des gens qui luttent et se mobilisent, ni de participer aux élections. Au cours d’une longue décennie de consensus consumériste, lubrifiée par les politiques sociales qui ont limité le développement des inégalités, cette nouvelle culture s’est peu à peu enracinée dans les marges de l’action sociale traditionnelle et a commencé à se répandre à partir de là.

Dans les mois précédant les grandes mobilisations de juin, ces modes d’action ont enregistré des victoires dans une dizaine de villes dans la résistance contre les chantiers du Mondial et dans la réduction des prix du transport. Cette culture a d’abord mobilisé des centaines, puis des milliers, puis des dizaines de milliers de personnes. Comme on le sait, la répression policière et l’arrogance de la FIFA ont fait le reste. Quand les gens ont commencé à faire déborder les grandes avenues, tout le Brésil savait que les travaux pour le Mondial font partie d’une réforme urbaine ségrégationniste ourdie par le capital spéculatif. Ils luttent pour le droit à la ville que le capital leur nie.

Nous savons maintenant que c’est aux alentour de 2003, à Bahia, qu’a commencé la lente gestation de la nouvelle vague de mobilisations de masse. Mais nous ne devons pas oublier que tout à commencé avec des petits groupes de jeunes, aux marges du système politique et à contre-courant de l’institutionnel.

Raúl Zibechi

Source : http://www.jornada.unam.mx/2013/07/12/opinion/020a2pol

11 juillet : Journée de lutte des syndicats et des mouvements sociaux au Brésil

Joao Machado

Le jeudi 11 juillet s’est déroulé la « Journée Nationale de Lutte, avec Grèves et Manifestations », initialement appelée par 6 syndicats (dont, le plus à gauche, la CSP-Conlutas, dirigée par le PSTU – la plus grosse organisation trotskiste, NdT – et, sur sa droite, la CUT, dirigée par le Parti des Travailleurs, ainsi que d’autres centrales droitières), mais aussi avec le soutien de dizaines de mouvements sociaux, à la tête desquels se trouvent le MST (Mouvement des travailleurs ruraux sans terre) et les mouvements les plus actifs lors des manifestations de juin dernier, comme le MPL (Mouvement « Passe Livre », pour la gratuité des transports publics) et, enfin, avec tous les partis de gauche.

Le programme commun des revendications était large et très progressiste (incluant, par exemple, la réduction du temps de travail à 40 heures par semaine et la réforme agraire), tout en laissant aussi la place à des revendications spécifiques. L’ampleur des soutiens et l’éventail des revendications pouvaient indiquer une mobilisation ayant au moins la taille des grandes mobilisations de juin. Cependant, tandis que lors des journées de mobilisation les plus massives de juin plusieurs millions de personnes sont sorties dans les rues (le 20 juin, rien que dans la ville de Rio de Janeiro, plus d’un million de personnes ont participé à la manifestation), le 11 juillet, les manifestants n’était pas plus de 100.000 dans plus de 150 villes brésiliennes.

Il faut tenir compte du fait qu’il y a eu également ce jour-là des grèves (localisées et principalement menées à bien dans les secteurs où les organisations à la gauche du gouvernement de Dilma Rousseff ont le plus de poids) et d’autres formes de lutte, comme des blocages de routes pour paralyser le trafic. Autrement dit, il y avait plus de formes de lutte que les simples manifestations. En conclusion, la « Journée Nationale de Lutte » fut bien sûr significative, elle n’a pas été un échec. Mais elle est loin d’avoir eu l’impact des protestations de juin.

Une première raison à cela est constituée par les contradictions et les ambiguïtés des centrales syndicales. Lorsque l’appel a été lancé, elles ont même été jusqu’à parler de « grève générale ». Cependant, une grande grève ne pouvait que heurter les gouvernements, et tout spécialement le gouvernement fédéral du PT. Or rien n’est plus éloigné des intentions de presque toutes les centrales syndicales (à commencer par la plus grande d’entre elles, la CUT, et à l’exception de celles qui sont liées aux secteurs qui s’opposent au gouvernement fédéral mais qui sont très minoritaires). Très vite, donc, la majorité des centrales ont commencé à œuvrer pour limiter les grèves. Il y a eu également des ambiguïtés parmi les secteurs majoritaires des mouvements sociaux, y compris dans la direction du MST, qui soutient le gouvernement de Dilma Rousseff.

L’une des revendications soutenue par la majorité des organisateurs de la Journée fut celle de la « Réforme politique avec Référendum » - ce qui signifie un soutien à la manœuvre initiée par Dilma Rousseff pour désamorcer le mécontentement populaire. Une partie de ces mouvements (et particulièrement le MST) auraient aimé « pousser le gouvernement Dilma à gauche ». Mais cette ligne est totalement contradictoire : comment est-il possible de « pousser à gauche » un gouvernement allié aux partis les plus droitiers du pays, au capital financier et aux « grands producteurs » (c’est-à-dire aux grands propriétaires terriens et à l’agro-industrie) ?

Quant aux mouvements comme le MPL, le MTST (Mouvement des travailleurs sans toit) et d’autres mouvements qui se situent à la gauche du gouvernement de Dilma, ainsi que les partis les plus à gauche, ils sont soutenus la « Journée de Lutte » mais n’ont pas pu en modifier le caractère d’une journée organisée par les centrales syndicales. Ce furent ces dernières qui ont défini le caractère général des manifestations du 11 juillet.

Il est clair que les syndicats, poussés dans le dos par les grandes manifestations de juin auxquelles ils n’avaient pas participés, voulaient avant tout démontrer qu’ils pouvaient eux aussi mobiliser. Mais (à nouveau à l’exception des mêmes secteurs minoritaires qui se situent à la gauche du gouvernement de Dilma), ils n’ont pas pris très au sérieux les revendications avancées en juin. On voit donc aujourd’hui, à l’inverse, que la grande majorité de ceux qui avaient manifesté en juin n’ont pas pris très au sérieux la « Journée de Lutte » des centrales syndicales.

Une autre raison qui explique le caractère limité de la « Journée de Lutte » a été sa propre nature, définie par les syndicats : au-delà des quelques grèves, elle n’était qu’une journée de lutte « traditionnelle », avec des leaders syndicaux qui font des discours pour les masses depuis leurs voitures-sono. Autrement dit, quelque chose de très bureaucratique. D’autre part, dans la manifestation dans l’Avenue Paulista (São Paulo), qui a rassemblée 10.000 personnes, il y avait des gens payés pour porter les pancartes des syndicats de droite. Ce n’est pas précisément le type de manifestations auxquelles s’identifient les jeunes, cela est très clair. Pour le dire autrement, les syndicats sont presque aussi discrédités que les partis politiques. Si, d’une part, la participation des centrales a élargi l’éventail des secteurs sociaux qui se sont mobilisés, elle a aussi d’autre part démotivé la participation de bon nombre des personnes qui étaient sorties dans les rues en juin.

Le site web du PSTU a publié une analyse du 11J avec le titre : « Une journée historique qui marque l’entrée de la classe ouvrière dans la vague de protestation ». Il fait en réalité référence ici à l’entrée de la « classe ouvrière organisée en tant que classe » dans les protestations, vu que la majorité des jeunes (et des personnes des autres groupes d’âges) qui se sont mobilisés en juin étaient eux aussi des travailleurs salariés. Ce serait très bien si, de fait, cette fois-ci la classe ouvrière s’était mobilisée en tant que classe. Mais cela ne s’est cependant produit que de manière très localisée et ne s’est pas généralisé dans tout le pays le 11 juillet. Il serait ainsi plus approprié, par exemple, d’utiliser comme titre « Les dirigeants syndicaux démontrent leur capacité limitée de mobilisation ».

La conclusion qui s’impose est que le mouvement syndical et la majeure partie des mouvements sociaux brésiliens ont, en général, besoin d’une grande quantité d’oxygène et de rénovation, tant pour surmonter les effets très négatifs de l’adhésion de la grande majorité de leurs dirigeants au gouvernement fédéral que pour surmonter – ce qui exige un plus grand effort encore – leurs bureaucraties et entrer en syntonie avec la nouvelle génération militante du 21e siècle.

Au Brésil, le mois d’août est, traditionnellement, un mois de grandes campagnes salariales. Si elles sont menées par les syndicats d’une manière moins bureaucratique que la Journée du 11 juillet, avec plus de discussions et plus de mobilisations par la base, ce sera une meilleure opportunité pour que la classe travailleuse puisse réellement entrer en jeu.

Joao Machado est professeur d’économie et militant du PSOL et de la IVe Internationale au Brésil.

Source : http://puntodevistainternacional.org/articulos-y-noticias/internacionalismo/161-11-j-dia-de-lucha-de-las-centrales-sindicales-y-movimientos-sociales-en-brasil.html

Les bases fragiles du gouvernement de Rousseff

Guillermo Almeyra

Comme dans presque toute l’Amérique latine, il n’existe pas au Brésil de partis structurés, disciplinés, avec une base idéologique distinctive, mais plutôt des regroupements informes et hétérogènes de caudillos locaux et d’intérêts qui sautent sans problème d’une organisation à l’autre selon leurs convenances.

Le Parti des Travailleurs, qui s’était initialement constitué par l’action commune des mouvements paysans, des communautés chrétiennes de base, des syndicalistes de combat luttant contre la bureaucratie syndicale pro-gouvernementale et des restes des diverses gauches révolutionnaires ou non, fut rapidement absorbé par le système. Il s’est intégré au pouvoir surtout depuis l’arrivé de Luiz Ignacio Lula da Silva à la présidence du pays et la même chose est arrivé à la Centrale Unique des Travailleurs (CUT) que le PT dirige et qui ne constitue plus non plus aujourd’hui un instrument de mobilisation populaire.

Lula représenta au sein du PT l’aile centre-droite, il s’appuya sur les dirigeants syndicaux et mena le parti à la concertation avec les dirigeants bourgeois les plus corrompus et les organismes post-dictature afin d’obtenir une majorité parlementaire. Il appliqua une politique essentiellement néolibérale et extractiviste très favorable aux grande entreprises, à l’agro-business et au capital financier. Une orientation néolibérale recouverte du vernis social d’aides assistancialistes pour les plus pauvres qui, pour importantes qu’elles soient pour ceux qui les reçoivent, a peu d’incidence sur les dépenses de l’Etat (par exemple, les vols illégaux de politiciens en avions officiels absorbent plus de ressources que l’aide alimentaire aux pauvres).

D’autre part, l’histoire brésilienne n’a jamais connue un mouvement de masses indépendant, et tant Lula que Dilma Rousseff n’ont rien fait pour mener à bien une réforme agraire et n’ont jamais appelé à une mobilisation pour imposer des lois favorables aux majorités populaires et pour rompre avec le monopole capitaliste oligarchique des médias et des institutions parlementaires.

Comme on l’a déjà dit dans des articles précédents, l’ampleur prise par la lutte contre l’augmentation des prix des transports initiée par le groupe de jeunes « Movimento Passe Livre », a fini par mettre à nu l’impopularité d’une vie politique officielle basée sur des « partis » totalement éloignés des citoyens et répudiés ou ignorés par la majorité d’entre eux. Le mouvement a mis également à nu la fragilité de la politique gouvernementale d’alliances politiques sans principes et payées par la corruption afin de pouvoir former une majorité parlementaire. Une méthode qui ne permet cependant pas de contrôler les deux chambres. Ainsi, lorsque Dilma a proposé un référendum pour adopter un projet extrêmement limité de réforme politique (mais qui aurait au moins rendus les partis moins dépendants des fonds offerts par les entreprises), l’opposition du Parlement a congelé son projet, empêchant également ainsi de répondre à certaines des revendications des manifestants.

Comme si cela n’était pas suffisant, les parlementaires, qui jouissent d’énormes et odieux privilèges, ont pris leurs vacances d’hiver et se déclarèrent en congé, laissant le gouvernement à la merci de futures mobilisations. Dans l’immédiat, par conséquent, la prochaine visite du pape François pourrait offrir un répit au gouvernement, tout comme elle pourrait être utilisée pour le mettre sous pression avec des manifestations massives, comme semble l’indiquer les événements à Río de Janeiro.

Pendant ce temps, la situation économique est toujours difficile et la popularité de Dilma Rousseff - candidate à la réélection présidentielle - continue à chuter, ce qui fait qu’au sein même du PT l’inquiétude commence à croître et qu’on commence à évoquer une nouvelle candidature de Lula. Ce dernier, tout en repoussant formellement cette possibilité, se place de facto comme pièce de réserve en insinuant sa disponibilité et gagne même en popularité, en contraste avec le gouvernement, en déclarant que les manifestants ont raison et en soutenant la nécessité d’une réforme du Parti des Travailleurs (qu’il a contribué à créé, à déformer et à castrer pendant son leadership et ses gouvernements successifs).

Les bases pour un césarisme particulier vert-jaune (selon les couleurs du Brésil, NdT), verbeux et démagogique se renforcent ainsi pour tenter de garantir une plus grande stabilité aux secteurs capitalistes les plus importants et concentrés et pour empêcher que ce qui reste de la gauche du PT se réorganise, applique des mesures populaires (par exemple, la gratuité des transports urbains) et tente d’offrir un débouché politique à la protestation démocratique populaire.

En même temps, les Berlusconis brésiliens surgissent déjà en disant que tous les partis sont les mêmes et que tous les politiciens sans exception aucune sont corrompus. Profitant du bas niveau culturel, politique et organisationnel des travailleurs brésiliens, ces politiciens qui crient contre tous les autres politiciens et qui sont profondément conservateurs, poursuivent deux objectifs à la fois : déstabiliser le gouvernement du PT, Lula et Dilma et gagner en influence dans les forces armées, dont la direction est irritée par l’intention de la présidente d’investiguer les crimes de la dictature. Ils cherchent également à gagner les faveurs de l’agro-business, du grand capital et de Washington, qui veulent un Brésil très modéré dans le Mercosur et l’Unasur.

La crise mondiale et régionale stimule et accélère la lutte politique et les affrontements de classe. Tant la structure traditionnelle de la politique et de l’Etat au Brésil que la domination capitaliste dans le pays passent par une nouvelle phase qui se répercutera très probablement au sein du PT, le plus « parti » des non-partis brésiliens, et dans les rapports entre le gouvernement et les syndicats « pétistes ». La modernisation sauvage de l’économie et de la société, d’abord avec « l’Etat Nouveau » de Varguas (dictateur du Brésil dans les années 30 et 40, NdT), ensuite avec la brutalité du prétendu développement mené par la dictature militaire dans les années 60 et 70 et, enfin, sous le néolibéralisme « progressiste » de Lula-Dilma, a donné comme résultat un rapport de forces plus complexe et dorénavant plus rien ne sera comme avant. Heureusement.

Source :
http://www.jornada.unam.mx/archivo_opinion/autor/front/13

Traductions françaises pour Avanti4.be : Ataulfo Riera