Avanti ! redémarre et change (un peu…)

Avanti 14 janvier 2015

Après deux ans d’activité soutenue, notre site Avanti ! a marqué une pause prolongée depuis le début de l’automne. La cause en est une accumulation de changements professionnels et personnels importants qui ont réduit la disponibilité des membres de sa petite équipe rédactionnelle, entièrement constituée de bénévoles.

A plusieurs reprises, nous avons voulu annoncer un arrêt temporaire du site et, chaque fois, nous avons reporté cette annonce dans l’espoir d’un déblocage… qui n’est finalement pas venu en 2014.

Mais nous n’entendons pas baisser les bras, surtout en ce moment où nous venons de vivre en Belgique le plus important mouvement de grève et de mobilisation depuis trente ans (et ce n’est certainement pas fini !) et où la résistance pourrait passer à un nouveau stade en Europe si la percée de Syriza en Grèce se traduit par l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement affirmant sa volonté de rompre avec l’austérité.

Un nouveau départ

Nous avons donc le plaisir de vous annoncer qu’en ce début 2015, Avanti ! redémarre pour de bon – mais avec quelques modifications.

Durant nos deux premières années, nous avons tenté d’apporter un éclairage marxiste ouvert et non dogmatique sur de nombreuses questions d’actualité, mais aussi d’histoire et de théorie. Pour cela, nous avons cherché, analysé, reproduit, retranscrit, traduit, rédigé bien des articles. C’est un travail dont nous sommes fiers.

Nous continuerons dans la mesure de nos moyens ce travail. Mais – à la fois parce que nos moyens sont aujourd’hui plus limités et parce que l’urgence est de développer une alternative face à un système en crise et un pouvoir de plus en plus dur – nous voulons réorienter notre travail selon deux directions.

Mieux comprendre la société… pour mieux la transformer

La première « réorientation » concerne la perspective que nous voulons donner à notre travail - et donc les sujets que nous voulons traiter en priorité.

Dans l’impossibilité de pouvoir continuer à « tout » traiter, nous voulons orienter plus nettement notre travail autour d’une perspective centrale : mieux comprendre le monde pour mieux le changer.

« Mieux comprendre la société dans laquelle nous vivons », c’est avant tout comprendre comment le néolibéralisme a changé en profondeur la société au cours des 30 dernières années, comment la classe travailleuse a été transformée et comment elle se présente aujourd’hui, comment la crise bouleverse tous les équilibres, ce que représentent ces courants nationalistes, conservateurs et populistes qui progressent partout en Europe,…

« Mieux transformer la société », c’est d’abord soutenir la résistance sociale face à l’offensive frontale menée aujourd’hui par les gouvernements (et, en particulier, en Belgique par la droite dure regroupée derrière Michel et de Wever). C’est analyser comment elle se développe et s’organise, mais aussi ce qui la freine et la bloque. C’est mettre en évidence les conditions et les moyens pour qu’elle puisse se transformer en une contre-offensive capable non seulement de « faire reculer » gouvernements et patronats, mais d’arracher de nouvelles conquêtes sociales et d’imposer un changement radical de politique.

Et « mieux transformer la société », c’est aussi piocher la question - centrale pour nous - de l’organisation politique. L’apparition de nouveaux partis de gauche "larges" (de Syriza à Podemos, en passant par les diverses variantes nationales, y compris le cas très particulier du PTB) qui incarnent une rupture avec des partis socialistes et verts domestiqués par le système et convertis au néolibéralisme est une avancée importante dans la lutte contre l’austérité. Nous voulons analyser leurs actions et leurs potentiels mais aussi leurs contradictions et leurs limites. Et poser les questions essentielles pour les révolutionnaires aujourd’hui : quelle idéologie, quelle stratégie, quelle organisation, quel projet pour une société socialiste ?

Informer, analyser, débattre

La deuxième « réorientation » concerne le rôle que nous voudrions jouer à travers ce site.

Notre collectif n’a jamais eu l’intention de constituer une nouvelle organisation politique en Belgique. Par contre, nous avons voulu, dès le départ, faire entendre une voix propre et originale, mettant au coeur de notre réflexion le principe cher à Marx qui affirme que "l’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes". Nous avons cherché à développer des analyses sobres et rationnelles de ce qui se passe en Belgique et dans le monde, dans les luttes sociales et les affrontements politiques, dans "notre" mouvement syndical et "notre" gauche radicale, sans tomber dans la répétition de vieux schémas, ni dans la glorification de tel ou tel courant politique ou de tel "maître à penser". Cette orientation, nous la maintiendrons, et même plus que jamais.

Mais nous ne sommes évidemment pas les seuls à vouloir développer l’analyse marxiste à un monde en plein bouleversement. Un peu partout, au sein des organisations politiques comme des mouvements syndicaux et associatifs, d’autres travaillent dans le même sens. Mais il y est dramatique de voir à quel point le débat, la confrontation d’idées et d’expériences (pour ne même pas parler de la collaboration sur le terrain) sont faibles.

C’est pourquoi nous voudrions qu’Avanti devienne beaucoup plus un lieu de DEBAT entre militants et chercheurs de la gauche radicale d’orientation marxiste.

Nous souhaitons donc continuer à publier des analyses - qu’elles viennent de nous ou d’autres militants ou groupes - mais aussi stimuler les contributions et les réponses aux textes que nous publierons. En ce sens, notre souhait est qu’Avanti puisse devenir un outil collectif au service de la résistance au capitalisme et de la construction d’une alternative socialiste.

Et, pour cela, nous aurons évidemment un grand besoin de vous, de votre soutien et surtout de votre collaboration.

Envie de discuter de tout cela avec nous ? Contactez-nous à : info@avanti.be